Démarrage imminent du recensement du cheptel national
Le ministère de l’Agriculture va enfin procéder au recensement du cheptel national pour dénombrer les effectifs d’ovins, bovins et caprins au Royaume. Cette opération, qui se déroulera parallèlement à plusieurs autres mesures mises en place dans le secteur des viandes rouges, permettra au gouvernement de prendre les décisions adéquates dans un secteur en crise depuis le Covid, notamment pour la prochaine fête du sacrifice.
Si en mai dernier le précédent ministre de l’Agriculture, Mohammed Sadiki, avait estimé que le cheptel national des ovins comptait 20,3 millions de têtes, enregistrant une baisse de 2% par rapport à 2023, il n’existe à ce jour pas de statistiques exactes et actualisées qui renseignent sur l'état du cheptel caprin et bovin, ainsi que sur le cheptel laitier. Mais une chose est sûre : il est en déclin en raison de la succession des années de sécheresse, de la crise du Covid, et de l'inflation qu'a connue le Royaume.
Ce manque de visibilité rend parfois difficile la prise de décision et, de ce fait, certaines mesures n’atteignent pas les objectifs escomptés. Pour pallier cette problématique, le ministère de tutelle procèdera, dans une dizaine jours, au recensement du cheptel au niveau national, apprend Médias24 de sources bien informées.
Démarrage imminent de l'opération de recensement
"C’est la première opération qui se fera au niveau national. Elle concernera toutes les communes, préfectures, provinces et douars du Royaume", indiquent nos sources.
"Il s’agit d’un recensement déclaratif qui commence d'ici une semaine à dix jours, et pour lequel des centaines de personnes ont été recrutées et formées".
Cette opération sera chapeautée, selon nos informations, par l’Association nationale des éleveurs ovins et caprins (ANOC). Elle connaîtra également la participation de toutes les Directions provinciales de l’agriculture relevant du ministère de l’Agriculture, ainsi que de l’Office national du conseil agricole (ONCA) et de plusieurs autres organismes concernés.
Les résultats prévus pour janvier 2025
Cette opération devrait durer un mois et demi, voire deux mois au plus. "D’ici la mi ou fin janvier 2025, le ministère de l'Agriculture devrait avoir le compte du nombre de têtes d’ovins, de caprins et de bovins dans le Royaume".
La convention relative à cette opération a été signée la semaine dernière entre l’ANOC et le ministère de l’Agriculture notamment.
"Cela fait plus d’un mois que cette opération est en préparation. C’est toute une organisation pour garantir notamment l'adhésion des éleveurs".
"Les recenseurs doivent par ailleurs pouvoir être identifiés. Et pour ce faire, ils devront disposer de matériel avec le logo de l’opération : casquettes, cartables, chemises… D’un autre côté, avec les superviseurs, les recenseurs devront également être formés", ajoutent nos interlocuteurs.
"C’est une opération d’envergure, qui connaîtra la participation de plus de 1.000 personnes, le but étant d’avoir les résultats le plus vite possible".
Un recensement pour aider à la prise de décision
Nos sources espèrent par ailleurs que les éleveurs vont adhérer à cette opération, pour éviter d’avoir un résultat aléatoire. "D'après une récente visite, nous avons remarqué que le nombre de têtes est très élevé, notamment à Bouarfa, dans le Moyen Atlas et les régions qui ont été concernées par les précipitations ces dernières semaines".
"Nous disposons donc du cheptel que nous devons identifier et compter. Les éleveurs doivent toutefois adhérer, ce qui ne sera pas évident dans certaines zones, de peur de perdre les aides reçues par l’Etat dans le cadre du programme d’aides sociales directes lancé vers fin 2023".
"L’Intérieur devra intervenir dans ce sens pour aider les recenseurs à avoir des chiffres exacts, ce qui aidera le gouvernement à prendre les décisions adéquates, notamment à l’approche de Aïd al-Adha, pour savoir s’il doit continuer à importer pour permettre au cheptel national de se reconstituer, ou si les opérations d’importation devraient s’arrêter et quand..."
"Ce recensement est donc crucial. Il donnera peut-être lieu à de nouvelles mesures pour équilibrer le secteur des viandes rouges", concluent nos sources.
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