Semis direct de céréales : focus en images sur une innovation technique
Clé de voûte de la technique du semis direct, le semoir est un outil capable d’installer des cultures en un seul passage, durant lequel l’engrais de fond et la semence sont déposés à la profondeur désirée. D'un prix compris entre 180.000 et 300.000 DH, le semoir garantit un meilleur rendement et une préservation du sol. Illustration.
En raison des conditions climatiques défavorables et d'une sécheresse persistante, le ministère de l’Agriculture opte pour des techniques innovantes, dont le semis direct. Concernant les cultures céréalières, l'ambition affichée est d’atteindre 1 million d’hectares de céréales en semis direct d’ici 2030, soit 25% des surfaces réservées à cette culture. Le budget estimé est de 1,1 milliard de DH, pour une valeur ajoutée prévisionnelle de 1,6 MMDH.
"Les méthodes actuelles de labour intensif des sols augmentent leur vulnérabilité à la sécheresse, à l'érosion et à la perte de leur fertilité", déplore le ministère de l’Agriculture. Testé depuis plusieurs années par l’Institut national de recherche agronomique (INRA), le semis direct présente plusieurs particularités. Explications.
L’installation des cultures en un seul passage
Concrètement, le semis direct se distingue par l’élimination de tous les travaux de préparation des sols avant le semis. Un système de production qui prône l’installation des cultures en un seul passage, durant lequel l’engrais de fond et la semence sont déposés à la profondeur désirée, à l’aide d’un semoir de semis direct.
L’utilisation d’un semoir dans le cadre du semis direct offre plusieurs avantages :
- l’amélioration du rendement des céréales à plus de 30% en moyenne, et une stabilisation en année sèche ;
- la réduction des coûts d’installation des cultures jusqu’à 60% ;
- la diminution des quantités de semences par rapport aux techniques conventionnelles de 30%.
Sur le plan économique, en l’absence des travaux du sol, le semis direct garantit d’économiser entre 800 et 1.000 DH/ha. Le gain sur les semences se situe entre 100 et 130 DH/ha, et le rendement atteint 46 quintaux à l’hectare contre 40 quintaux pour le semis conventionnel. En outre, les effets sur le sol se traduisent par la conservation de l'humidité du sol et l’amélioration de la séquestration du carbone des surfaces agricoles.
Le semoir se compose de plusieurs pièces, dont voici les principales :
- La trémie permet le transport et l'alimentation des semences vers les organes semeurs. Dans les faits, deux différents systèmes de distribution et de réglage sont nécessaires, puisqu'on n'apporte pas les mêmes poids d'engrais et de semences. Cela peut varier selon le type d'engrais.
- Le distributeur assure l’acheminement de la semence vers l'élément semeur.
- Les éléments semeurs garantissent la mise en place de la semence au sol. Il s'agit principalement d’un disperseur permettant le semis.
- Les rouleaux existent sous différentes formes. Par exemple, le rouleau à pneumatiques se caractérise par un très bon appui.
- Le disque ouvreur a pour fonction de creuser un sillon dans la terre.
- Le traînard permet le recouvrement du sillon creusé par le disque ouvreur.
Le prix du semoir est compris entre 180.000 et 300.000 DH
En 2022, on dénombrait 265 semoirs destinés au semis direct dans le Royaume. Pour réaliser l’objectif de 160.000 ha en 2024, 130 nouveaux semoirs seront distribués par le département de l’Agriculture, à l’occasion de la campagne agricole 2023-2024.
Le prix d'un semoir de taille moyenne fabriqué au Maroc s'élève à 120.000 DH, alors que les prix des semoirs importés varient entre 180.000 et 300.000 DH. Afin d’encourager l’acquisition de semoirs, le gouvernement a mis en place une série de mesures incitatives et d’accompagnement, sous forme de subventions dans le cadre du Fonds de développement agricole (FDA). Cette aide peut atteindre 50% du coût du matériel. Elle est plafonnée selon la taille du semoir :
- 50.000 DH pour les semoirs de moins de 2 mètres ;
- 90.000 DH pour les semoirs entre 2 et 3 mètres ;
- 100.000 DH pour les semoirs de plus de 3 mètres.
Par ailleurs, le ministère de l'Agriculture assure que d'ici 2030, le Programme national de semis direct devrait bénéficier à 200.000 agriculteurs issus de plusieurs régions, en particulier celles où les céréales sont cultivées.
- Fès-Meknès : 200.000 ha ;
- Marrakech-Safi : 200.000 ha ;
- Rabat-Salé-Kénitra : 200.000 ha ;
- Casablanca-Settat : 156.000 ha ;
- Tanger-Tétouan-Al Hoceïma : 130.000 ha ;
- L’Oriental : 50.000 ha ;
- Béni Mellal-Khénifra : 44.000 ha ;
- Drâa-Tafilalet : 20.000 ha.
Notons que si ce Programme national prévoit d’atteindre 1 million d'hectares en 2030, les objectifs en termes de superficie restent très limités les premières années. À savoir :
- 30.000 ha la 2e année (2021) ;
- 50.000 ha la 3e année (2022) ;
- 100.000 ha la 4e année (2023) ;
- 160.000 ha la 5e année (2024).
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