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Les limites de l’utilisation de l’eau non conventionnelle (CDG)

Rémi Bourgarel, président et fondateur de Services for Environment, évoque les limites de l’utilisation de l’eau non conventionnelle obtenue à travers le dessalement de l’eau de mer et la réutilisation des eaux usées.

Les limites de l’utilisation de l’eau non conventionnelle (CDG)

Le 18 mai 2022 à 18h26

Modifié 19 mai 2022 à 16h56

Rémi Bourgarel, président et fondateur de Services for Environment, évoque les limites de l’utilisation de l’eau non conventionnelle obtenue à travers le dessalement de l’eau de mer et la réutilisation des eaux usées.

Rémi Bourgarel est président et fondateur de la société Services for Environment, spécialisée dans le co-développement de projets en Afrique à forts impacts environnementaux et sociaux. Selon lui, la première limite de l’eau non conventionnelle est le coût de son utilisation. C’est ce qu’il a expliqué lors d’un webinaire organisé par l’Institut de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) ce mercredi 18 mai, sur le thème « La mobilisation des eaux non conventionnelles au cœur du dispositif national de sécurité hydrique ».

« Malgré les progrès considérables réalisés ces dernières années, le coût de l’investissement sur ces installations de traitement de l’eau reste considérable, à hauteur de 1.000 à 1.500 dollars par mètre cube installé. Ce coût peut baisser en-dessous des 1.000 dollars pour les très grandes installations (plus de 500.000 m3 installés), mais il n’est pas pour autant à la portée de toutes les collectivités et de tous les usagers », indique Rémi Bourgarel.

Les coûts opératoires de cette utilisation sont significatifs et varient de 0,5 à 0,7 dollar par m3. Le prix de l’eau non conventionnelle est donc beaucoup plus élevé que celui de l’eau conventionnelle, précise Rémi Bourgarel.

Le deuxième facteur limitant est l’impact environnemental de la mobilisation des eaux non conventionnelles, en raison de la forte consommation d’énergie nécessaire pour produire ces ressources alternatives. « On considère que 60% à 70% des coûts opératoires de ces installations sont liés à ces énergies », ajoute-t-il.

En effet, « le dessalement de l’eau et la réutilisation des eaux usées sont des technologies très gourmandes en énergie ». Elles peuvent être alimentées par des ressources renouvelables, mais uniquement pour des installations de taille modeste, ou par une partie de la consommation d’énergie seulement et non dans sa globalité.

D’autre part, le dessalement de l’eau de mer engendre des rejets d’eau chargée en sel, avec un taux de rendement de 75%. Par exemple, pour 100 mètres cubes prélevés, 20 à 30 m3 d’eau chargée avec l’ensemble du sel initial et des produits chimiques utilisés pour ce processus sont rejetés. Cette eau est rejetée dans la mer malgré toutes les précautions prises (rejet très loin, examen des courant marins), et l’impact de ces rejets n’est donc pas annulé.

Enfin, les freins sociétaux ne sont pas à ignorer. « Les gens n’acceptent pas l’idée de consommer de l’eau recyclée issue des eaux usées. Ils doivent pourtant comprendre que ce processus permet de garantir une qualité de l’eau sans risque tant qu’elle est accompagnée d’une maîtrise opérationnelle », explique encore Rémi Bourgarel. Il faut donc sensibiliser les usagers.

Dans ce sens, il évoque la question de la compétences des technologies de réutilisation des eaux usées ou de dessalement de l’eau de mer. « Ce sont des technologies qui ne sont pas extrêmement répandues dans le monde, et leur maîtrise est fondamentale pour garantir la qualité de l’eau », conclut-il.

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