Addictions au Maroc : constats et recommandations du CESE
Le Conseil économique, social et environnemental a présenté, ce mercredi 20 avril, son avis sur les conduites addictives dans le cadre d’une visioconférence intitulée "Faire face aux conduites addictives : état des lieux et recommandations".
Dans ce cadre, le tabac a été présenté comme étant le produit psychoactif le plus consommé au Maroc avec 6 millions de fumeurs : 5,4 millions d’adultes et un demi-million de mineurs de moins de 18 ans. Au total, 15 milliards de cigarettes sont consommées chaque année dans le Royaume, et 35,6% de la population est exposée au tabagisme.
De plus, 2,8 à 3,3 millions de personnes s’adonnent à des jeux d’argent. 620.000 d’entre elles parient sur les courses hippiques et 40% des joueurs sont considérés comme des joueurs à risque excessifs, selon les estimations des opérateurs de jeu.
Sur le front de la cyberdépendance, une étude épidémiologique réalisée en 2020 sur un échantillon d’adolescents âgés de 13 à 19 ans à Casablanca, démontre que près de 40% d’entre eux ont un usage problématique d’internet et qu’environ 8% des adolescents sont en situation d’addiction.
Les recommandations du CESE
Pour remédier aux addictions, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a présenté une série de recommandations générales et spécifiques. Voici ses quatre recommandations générales :
- Adopter une définition nationale claire des troubles addictifs en conformité avec la classification internationale des maladies de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour ce faire, le CESE recommande de réviser et d’actualiser le cadre légal de la couverture médicale, afin d’y inclure les actes diagnostiques et thérapeutiques des troubles addictifs aux substances et aux activités.
Le Conseil préconise également de définir une stratégie de santé publique basée sur la reconnaissance des conduites addictives en tant que maladies aux effets sanitaires et sociaux délétères, englobant aussi bien les troubles addictifs aux substances licites et illicites, que les troubles addictifs comportementaux ou aux activités.
- Renforcer les ressources et la coordination en matière de prévention et de prise en charge des conduites addictives. Le CESE suggère d’élargir la composition et le rôle de la Commission nationale des stupéfiants pour l’ériger en "Commission nationale des addictions". Celle-ci serait chargée de coordonner et de structurer le dialogue et l’action entre les multiples intervenants. Le Conseil propose également de mettre en place des structures de postcure et des communautés thérapeutiques.
- Préserver l’intégrité psychique, l’autonomie et la sécurité sanitaire des citoyens, et ériger la lutte contre les addictions en objectif à part entière du modèle national de développement. Sur ce front, le CESE recommande de mobiliser les médias pour soutenir la lutte contre les addictions, et de réduire la dépendance de l’économie à l’égard des biens et services à potentiel addictif (tabac, alcool, jeux d’argent dont le volume d’affaire cumulé représente à lui seul près de 3% du PIB), ainsi que la dépendance du budget de l’Etat (9%) à l’égard des ressources fiscales tirées des substances et activités à potentiel addictif.
Le CESE préconise aussi de mettre en place des actions liées à des volets spécifiques. Les voici :
- Dans le milieu sportif, le Conseil recommande d’ériger la lutte contre le dopage en programme de santé publique.
- La définition d’un plan national de prévention et d’action contre les conduites addictives en milieu professionnel, ainsi que l’inclusion de ce sujet à l’agenda des médecins du travail et au périmètre du dialogue social au niveau des entreprises, ainsi qu’aux plans sectoriel, local et régional, et dans le cadre du dialogue social à l’échelle nationale.
- Pour lutter contre les addictions aux jeux, le Conseil recommande de créer une Autorité nationale de surveillance et de régulation technique et déontologique des établissements et sociétés de paris et de jeux.
- Pour faire reculer la dépendance au tabac, il faut actualiser et donner sa pleine effectivité à la loi contre le tabagisme, et aider les personnes qui veulent arrêter de fumer, notamment à travers le développement de programmes de soins et de protocoles de traitement. Sans oublier la sensibilisation et l’interdiction de la publicité et, enfin, la prohibition du parrainage, par les industriels du tabac, de tout évènement public.
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