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Maroc-Espagne : l'essentiel de l'intervention d'Albares devant le Congrès des députés

Devant la commission des Affaires étrangères du Congrès des députés, ce mercredi 23 mars, le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, a encore défendu la position de son pays sur le Sahara marocain. L'occasion aussi d'exposer des données sur les relations liant le Maroc et l'Espagne. Verbatim.

Maroc-Espagne : l'essentiel de l'intervention d'Albares devant le Congrès des députés

Le 24 mars 2022 à 18h13

Modifié le 24 mars 2022 à 18h44

Devant la commission des Affaires étrangères du Congrès des députés, ce mercredi 23 mars, le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, a encore défendu la position de son pays sur le Sahara marocain. L'occasion aussi d'exposer des données sur les relations liant le Maroc et l'Espagne. Verbatim.

Intervenant mercredi 23 mars devant la commission des Affaires étrangères du Congrès des députés, José Manuel Albares a réaffirmé la position de son pays sur la question du Sahara. « Après quarante-six ans de statu quo, le moment est venu de passer à l’action, afin de contribuer à une solution dans le cadre des Nations unies. »

En soutenant l’initiative marocaine d’autonomie, l’Espagne veut « participer activement » au règlement du différend sur le Sahara.

A cette occasion, Albares s’est félicité de la sortie de « l’une des crises les plus graves depuis des décennies avec le Maroc », un « partenaire stratégique indispensable pour l’Espagne ».

« Il ne s’agit pas seulement de la clôture d’une crise, mais du début d’une nouvelle étape sur la base d’une feuille de route claire et ambitieuse, comme l’indique la lettre adressée par le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, au Roi Mohammed VI », a-t-il précisé.

>> Gestion migratoire

Sur le volet sécuritaire, le chef de la diplomatie espagnole a rappelé que le Maroc représentait 80% des arrivées et entrées irrégulières en Espagne par la mer.

« La migration irrégulière exerce également une pression continue sur le Maroc, pour laquelle l’activité dynamique et la collaboration constante des autorités marocaines est nécessaire. C’est un phénomène qui affecte l’Espagne et toute l’Union européenne », a souligné le ministre espagnol.

Malgré la crise diplomatique, l’Espagne et le Maroc ont « continué à travailler ensemble dans la lutte contre le terrorisme, contre le crime organisé et spécialement contre le trafic de drogue et la criminalité transnationale, grâce au dialogue continu mais discret que nous avons maintenu ». Une coopération qui se renforce et se concrétise aujourd’hui, a ajouté Albares.

>> Partenariat économique stratégique

Sur le volet économique, Albares s’est montré catégorique. Le Maroc est un partenaire très important pour l’Espagne, a-t-il rappelé, avant de s’arrêter sur quelques indicateurs clés :

– le Maroc est la troisième destination des exportations espagnoles en dehors de l’Union européenne. Elles ont doublé au cours des dix dernières années ;

– l’Espagne est le premier fournisseur et le premier client du Maroc ;

– le nombre d’entreprises espagnoles qui exportent vers le Maroc s’élève à près de 22.000, dont 6.700 à un rythme régulier ;

– 800 entreprises espagnoles sont présentes au Maroc ;

– l’Espagne est le deuxième plus grand marché de touristes pour le Maroc. Avant la pandémie, les arrivées des Espagnols avait culminé à 880.000. Plus de 750.000 Marocains ont visité l’Espagne, avec une augmentation de 11% en 2021 ;

– l’Espagne est le troisième investisseur du Maroc.

>> Liens humains

Le plus important, ce sont les liens humains, a noté, par ailleurs, le ministre espagnol. Les premiers à subir les conséquences des crises sont toujours les citoyens, notamment à Sebta et Melilia, où nombre d’Espagnols ont des liens familiaux de l’autre côté de la frontière où résident 13.000 Espagnols.

D’autre part, l’Espagne abrite la deuxième plus grande communauté marocaine en Europe après la France, avec plus de 800.000 Marocains. Les Marocains, qui constituent la deuxième plus grande communauté étrangère en Espagne, contribuent par leur travail à la prospérité de notre pays, a-t-il poursuivi.

Albares n’a pas manqué d’évoquer les liens culturels, en citant le réseau éducatif espagnol dépendant de l’ambassade d’Espagne au Maroc, qui est de loin le plus important au monde avec onze centres et un corps étudiant composé de Marocains à plus de 90%.

Le Maroc possède également le deuxième plus grand réseau de centres de l’Institut Cervantès, ce qui démontre l’intérêt qu’il y a au Maroc pour l’apprentissage de la langue espagnole.

« Derrière chacun de ces chiffres, il y a une personne réelle, il y a des familles, des couples, des relations personnelles qui ont été affectées par la crise entre les deux pays. Il y a aussi des liens culturels, artistiques et professionnels qui attendaient ce moment depuis longtemps pour reprendre le cours de leur vie. »

« Pour toutes ces raisons, pour tous ces liens humains, sécuritaires et économiques, il était impératif de mettre fin à cette situation de tension et de manque de communication, qui pouvait être profondément préjudiciable à nos deux pays. »

 

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