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Le Maroc perd une place dans l’indice de perception de la corruption

Le Maroc a perdu une place dans l’indice de perception de la corruption de l’année 2021, présenté ce mardi 25 janvier par Transparency Maroc, en marge de la publication par Transparency International de l’IPC 2021 dans 180 pays. Par rapport à 2019, le Royaume a perdu 7 places.

Le Maroc perd une place dans l’indice de perception de la corruption

Le 25 janvier 2022 à 19h03

Modifié 25 janvier 2022 à 19h03

Le Maroc a perdu une place dans l’indice de perception de la corruption de l’année 2021, présenté ce mardi 25 janvier par Transparency Maroc, en marge de la publication par Transparency International de l’IPC 2021 dans 180 pays. Par rapport à 2019, le Royaume a perdu 7 places.

En parallèle à l’indice de perception de la corruption de l’année 2021 (IPC 2021), trois autres indices ont été présentés ce mardi 25 janvier 2021 par Transparency Maroc. Il s’agit de l’indice d’intégrité de la défense du gouvernement (IDG), l’indice du budget ouvert, qui fait référence à l’accès à l’information budgétaire, ainsi que l’indice de la liberté de la presse.

Corruption : le Maroc perd une place au classement international

L’indice de perception de la corruption s’appuie sur 13 enquêtes et évaluations menées par des agences et des experts pour mesurer la corruption du secteur public dans 180 pays. Ceux-ci sont classés sur une échelle qui va de zéro (fortement corrompu) à 100 (faiblement corrompu).

« L’IPC 2021 ne change pas beaucoup par rapport à ses prédécesseurs, notamment au Maroc », a souligné Azzedine Akesbi, membre du bureau de Transparency Maroc, lors de la présentation du rapport.

« Avec un score de 39/100 points, le Maroc est classé en 87e position. Il a ainsi perdu un point et une place par rapport à 2020, et 7 places dans le classement par rapport à 2019″.

« Ce résultat confirme ainsi le caractère endémique de la corruption au Maroc et surtout sa stagnation dans cette situation depuis très longtemps », regrette M. Akesbi. « En 2012 et 2013, le Maroc avait un score de 37/100, pour passer à 39 en 2014 et retomber à 36 en 2015, puis à 37 en 2016. Une très légère amélioration a été enregistrée en 2017 et 2018 (43) avant que le score du pays ne redescende à 39 en 2021. »

« Sur les 9 dernières années, le score moyen du Maroc est donc de 39,1/100, ce qui signifie que sur 9 ans, il y a une continuité d’une situation générale marquée par un niveau élevé de corruption ».

En termes de classement, « le Maroc est passé de la 81e place en 2017 à la 73e en 2018. En 2019, il était classé 80e, pour reculer encore à la 86e place en 2020, puis à la 87e en 2021. Cela signifie que durant toutes ces années, le Royaume n’a pas pu mettre fin au fléau de la corruption ».

Au niveau international, en tête du classement figurent le Danemark, la Finlande et la Nouvelle-Zélande (1er), suivis de la Norvège, Singapour et la Suède. Le Sud Soudan ferme le classement à la 180e place.

Le classement international montre également que 86% des pays n’ont que peu progressé, voire aucunement, au cours des dix dernières années. D’après Transparency International, « la moyenne mondiale de l’IPC reste inchangée pour la dixième année consécutive, et se situe à 43, les deux tiers des pays obtenant un score inférieur à 50″.

S’agissant du baromètre global de la corruption dans les pays arabes, les Emirats arabes unis sont les mieux classés, avec un score de 69/100, suivis du Qatar (63/100) et de l’Arabie Saoudite (53/100). En dernière position de cette catégorie se trouve la Syrie, avec 13 points, précédée par le Yémen (16 pts) et la Libye (17 pts).

De manière générale, le classement des pays arabes évolue entre la 24e place pour les Émirats arabes unis et la 178e dans le cas de la Syrie.

Accès minimal à l’information budgétaire

L’indice du budget ouvert est le 3e présenté ce mardi par Transparency Maroc. La dernière étude sur cet indice a été réalisée en 2019, pour mesurer la transparence et l’accès à l’information budgétaire pertinente à temps pour les citoyens.

Il évalue ainsi la disponibilité de l’information budgétaire en ligne, et la disponibilité et l’exhaustivité de huit documents clés. Chaque pays est noté sur une échelle de 0 (absence d’information) à 100.

« Le dernier score disponible attribué au Maroc est de 43/100, ce qui correspond à une information minimale. La moyenne au niveau internationale est de 45. Le score du Royaume est donc inférieur à la moyenne internationale », souligne M. Akesbi, notant toutefois que « pour avoir un accès correct à l’information budgétaire, le Maroc doit enregistrer des scores de 60, 65 ou encore 70/100 ».

Par ailleurs, pour que les pays aient un bon niveau dans le cadre de ce budget, il faut qu’ils préparent et publient 8 rapports dans l’année. Il s’agit notamment du rapport préalable au budget, qui présente les prévisions économiques, ainsi que les recettes, les dépenses et la dette prévue du gouvernement ; le projet de budget de l’Exécutif ; le budget approuvé ; le budget des citoyens ; les rapports en cours d’années ; la revue de milieu d’année (une mise à jour complète de l’exécution du budget) ; le rapport de fin d’année, qui décrit la position des comptes du gouvernement à la fin d’année budgétaire et idéalement, une évaluation des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs politiques du budget. Enfin, un rapport d’audit et de contrôle des finances publiques.

« Au Maroc, sur ces 8 documents, le rapport de fin d’année est limité à un usage interne et n’est donc pas publié, le rapport de milieu d’année n’est pas produit, et le rapport préalable au budget est publié avec retard ».

Pour améliorer cet indice, Transparency Maroc a formulé une série de recommandations qui se présentent comme suit :

  • Publier en ligne le rapport préalable du budget et le rapport de fin d’année dans les délais ;
  • Produire et publier la revue de milieu d’année en ligne et en temps utile ;
  • Inclure les informations supplémentaires sur les politiques et le budget dans le projet de budget de l’Exécutif ;
  • Mettre en place des mécanismes pour impliquer le secteur public lors de l’élaboration du budget ;
  • La Cour supérieure des comptes devrait mettre en place des mécanismes formels permettant au public de l’aider à développer son programme d’audit et de contribuer à leur réalisation ;
  • Du côté du parlement, il est demandé de permettre au public et aux organisations de la société civile de témoigner lors des débats sur la proposition de budget avant son approbation ;
  • Les commissions parlementaires sont invités à examiner le projet de budget de l’exécutif ainsi que le budget exécuté et de publier en ligne les rapports contenant leurs analyses et conclusions.

Liberté de presse : le Maroc à la traîne

Cet indice montre qu’en 2021, l’exercice du journalisme est gravement entravé dans 73 des 180 états étudiés. Pour la cinquième année consécutive, la Norvège est classée au premier rang, la Finlande conserve sa place de deuxième et la Suède occupe la 3e place. À l’opposé, la Chine occupe la 177e place.

« Au Maroc, la situation de la liberté de la presse est préoccupante depuis longtemps », estime Azzedine Akesbi. « Elle s’est dégradée par une politique hostile aux libertés individuelles et collectives », accuse-t-il. Le Royaume occupe ainsi la 136e place, perdant trois places par rapport à l’année précédente.

De manière générale, « aucun changement majeur n’a été constaté dans la région du Moyen-Orient/Afrique du Nord », conclut M. Akesbi..

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