Les réalisateurs et producteurs répondent aux accusations du directeur du CCM
Après avoir publié une interview avec le directeur du Centre cinématographique marocain, Médias24 a reçu une demande de droit de réponse des trois réalisateurs et d'une productrice qui s'estiment diffamés par les propos de Sarim Fassi-Fihri. Comme le veut la loi, nous la publions en intégralité.
"Monsieur le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, vous avez réussi là où beaucoup ont échoué, vous avez en effet réussi à faire l’unanimité… contre vous. Vous avez réussi à mettre à terre l’industrie cinématographique marocaine et à vous mettre à dos l’ensemble de la profession, tous horizons, toutes générations confondus.
"Monsieur le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, nous autres, cinéastes de tous bords, sommes en colère, nous condamnons avec force le langage que vous avez tenu envers certains de nos cinéastes qui ont eu l’outrecuidance d’exprimer un mécontentement pourtant général, et nous estimons que ces propos sont indignes de la fonction que vous incarnez.
"Monsieur le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, si les propos diffamatoires que vous avez tenus n’ont aucun fondement, ils sont toutefois révélateurs du non-respect que vous avez pour la profession.
"Monsieur le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, le bon sens, la raison et la morale voudraient que la personne qui préside aux destinées du cinéma marocain soit aux chevet de cette industrie, qualifiée de famille par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, dans la lettre royale exprimant la volonté d’un renouveau cinématographique marocain, à plus forte raison dans le contexte actuel.
"Pensez-vous, M. le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, qu’en sanctionnant indûment des cinéastes, en les privant de manière arbitraire des moyens qui leur permettent de travailler, vous avez œuvré pour le bien du cinéma marocain ?
"Dans une tentative vaine de détourner le problème, vous semblez insinuer, M. le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, que les avances sur recette vont dans la poche des producteurs et réalisateurs.
"En tant que producteur, vous étiez censé -du moins, nous l’espérions- ne pas ignorer que cet argent est principalement distribué aux acteurs, techniciens, scriptes, maquilleuses, régisseurs, location des lieux de tournages, costumes, accessoires, matériel de tournage (camera, machinerie, éclairages) sans parler de l’hôtellerie, transport, post production, distribution et promotion… toutes ces «petites mains» qui permettent de faire de grandes choses et de faire rayonner le cinéma marocain à travers le monde.
"Sachant pertinemment que le budget de fabrication d’un film est bien supérieur au fonds d’aide octroyé par le CCM ; les producteurs complètent avec d’autres financements nationaux et d’autres pays où on encourage la création et l’art.
"Pensez-vous avoir respecté l’esprit “familial” de la lettre royale, M. le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, en privant des familles entières de leur revenu sachant qu’ils ne vivent que de ces tournages que vous essayez de limiter ?
"Monsieur le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, au crépuscule de votre carrière, vous auriez pu bien terminer ce que vous avez si mal commencé, et vous préoccuper avec engagement et sincérité de l’état du cinéma marocain, qui traverse une période difficile.
"Monsieur le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, nous ignorons encore, à l’heure où nous écrivons ces lignes, si vous avez fait preuve de malhonnêteté intellectuelle ou d’incompétence.
"Ce dont nous sommes sûrs, M. le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, c’est que vous avez failli
"Monsieur le Directeur du Centre Cinématographique Marocain, si vous étiez en mesure de prendre conscience de vos erreurs, voici ce que nous vous recommanderions comme mentionné dans la lettre ouverte signée par 60 cinéastes :
- Abroger l’avance sur recette au profit d’un fonds d’aide qui redynamiserait l’industrie cinématographique locale.
- Reverser systématiquement la quatrième tranche, qui fait partie intégrante du plan de financement d´un film. Et ne jamais s’en servir comme moyen de pression sur le producteur.
- Tenir compte des cas de force majeure et l’octroi d’une dérogation de délais de tournage automatique.
- Tenir compte des restrictions de la pandémie et de leurs conséquences directes ; et ne pas imposer des délais de tournage surréalistes.
- Ne pas Imposer de remboursement de l’avance sur recette avant paiement des recettes des salles de cinéma au producteur surtout que ces derniers n’ont jamais la main directe sur les recettes.
- Respecter la neutralité du CCM quant aux choix de la commission d’avances sur recettes. Ne pas intervenir auprès de certains membres de la commission d’avances sur recettes pour imposer des choix de films et l’exclusion de certains cinéastes. Ladite commission doit rester libre de ses choix et sans ingérence extérieure dans ses prises de décision.
- Promouvoir le cinéma national au Maroc et dans le monde.
- Ne plus compliquer l’octroi des autorisations de tournage pour des motifs invraisemblables.
- Ne pas écourter la validité des cartes professionnelles.
- S’occuper exclusivement du cinéma et laisser le contrôle de l’espace audiovisuel déjà régi par les chaines de télévision afin de se concentrer sur le rayonnement du CINEMA MAROCAIN.
"En conclusion, nous demandons une gestion saine et ambitieuse de notre industrie cinématographique, particulièrement fragilisée par le contexte mondial, ainsi qu’une neutralité absolue vis-à-vis de l’ensemble de ses acteurs. Le CCM doit rester notre meilleur allié et non pas l’ennemi qu’il est devenu.
Signataires: Lamia Chraïbi – Noureddine Lakhmari – Hicham Hajji – Latif Lahlou
Ci-après, le fac-similé du droit de réponse et le lien hypertexte de l'interview :

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