Comment les pharmaciens hospitaliers et d’officine se sont adaptés au Covid-19
Les pharmaciens hospitaliers et d’officine ont vu leur rôle se transformer en raison de la pandémie de Covid-19. Ils ont été contraints de s’adapter pour gérer la pénurie de certains médicaments et renouveler des ordonnances pas toujours valides.
La faculté de pharmacie de l’université Mohammed VI des sciences de la santé a organisé, le 19 mai dernier, un webinaire sur le retour d’expérience des pharmaciens hospitaliers et d’officine concernant leur gestion de la pandémie Covid-19 depuis son apparition au Maroc.
Il a été question notamment des difficultés de la pharmacie hospitalière en lien avec ses fonctions logistiques en matière d’approvisionnements d’urgence en médicaments et dispositifs médicaux, ainsi que ses fonctions de pharmacie clinique en veillant au respect du bon usage des médicaments à travers le soutiens pharmaco-thérapeutiques, indique la faculté dans un communiqué.
Parmi les défis relevés dans le cadre de cette pandémie, ''la mise à jour de l’état des commandes et d’approvisionnement en moyens médicaux, en produits pharmaceutiques, en produits biologiques et en dispositifs médicaux avec priorisation des ressources d’intérêts sanitaire et stratégique''; le fait ''d’évaluer leur suffisance, les besoins complémentaires et d’assurer leur disponibilité''; ''la capacité de mobilisation des équipes de la pharmacie hospitalière et le fait de veiller à la continuité de la prestation de soins pour les patients non-Covid-19''.
Une réponse en trois temps
La réponse de la pharmacie hospitalière face au Covid-19 s’est articulée en trois phases: la première a été celle de la préparation. Elle a consisté en ''un inventaire ciblé des médicaments stratégiques avec actualisation de la nomenclature hospitalière, l’application de nouvelles procédures d’achats, de gestion logistique, de distribution, l’approvisionnement, la dispensation (DJIN) et l’assistance pharmaceutique spécifique aux protocoles en vigueur'', souligne notamment la faculté de pharmacie.
La deuxième réponse a correspondu à la phase de déclenchement, basée sur la capacité de mobilisation des ressources humaines, la valorisation de leurs compétences (formation et communication) et la gestion de la charge mentale tout au long de la crise.
Enfin, la troisième réponse a consisté à mettre en pratique ''tous les moyens et outils depuis le système d’information hospitalier comme outils de documentation et de traçabilité, tant sur le flux informationnel de stock que sur le dossier médical électronique du patient, le conseils des soignants sur les effets indésirables, la probabilité de survenue d’interaction médicamenteuse, ainsi que sur les précautions d’emplois des thérapeutiques conventionnelles et la mise à dispositions des alternatives thérapeutiques par substitution, afin de palier la non-disponibilité de certaines spécialités, jusqu’à la fabrication locale de la solution hydroalcoolique''.
La pandémie a transformé le rôle des pharmaciens d’officine
De son coté, Dr Aicha Zahi, pharmacienne d’officine et présidente de la Société marocaine de valorisation de l’acte officinal (SMVAO), a rappelé que le pharmacien d’officine en tant que professionnel de la santé ''continue à jouer son rôle au quotidien lors de l’épidémie: la délivrance des produits médicamenteux et autres produits de santé, le conseil et le suivi thérapeutique des patients atteints de maladies chroniques et la préparation magistrale et officinale''.
Mais la pandémie a aussi transformé le rôle des pharmaciens d’officine, relève également la faculté de pharmacie. ''Cette situation exceptionnelle a poussé le pharmacien d’officine à s’adapter en vue de faire face à la pandémie en utilisant tous les moyens de bord à leur disposition; malheureusement en l’absence d’une conduite à tenir et d’un protocole face à cette pandémie.''
Les pharmaciens d’officine ont ainsi assuré la logistique du travail, notamment la mise en place des équipements nécessaire à la sécurité de l’équipe officinale, à savoir l’utilisation de masques de protection et de solutions hydroalcooliques et les désinfectants du sol, ainsi que l’installation de barrières au niveau des comptoirs.
Les pharmaciens d’officine ont aussi été contraints de s’adapter pour gérer la pénurie de certains médicaments et renouveler les ordonnances des malades atteints de pathologies chroniques, notamment en psychiatrie, en vue d’éviter la dégradation de leur état de santé, et ce malgré l’absence des ordonnances valides.
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