Tourisme : Marrakech, Agadir et Saidia, les trois chantiers de Nadia Fettah
Au lendemain de la découverte d’un cas de coronavirus au Maroc, tous les opérateurs du secteur commencent à s’inquiéter des effets de cette crise conjoncturelle. Tout en assurant que sa priorité est la santé des Marocains, la ministre du Tourisme a lancé 3 chantiers structurels dont Médias24 a pris connaissance auprès d’une source privée qui a collaboré à la mise en œuvre de la politique ministérielle.
Comme annoncé dans un article précédent, notre rédaction publie les détails du plan de travail sur lequel se concentrera Nadia Fettah pendant son court mandat ministériel qui s’achèvera en 2021. Ce plan de travail sera mené parallèlement avec des actions prioritaires transversales.
En effet, avant de sortir une feuille de route pour se donner de la visibilité à moyen et long terme, la ministre, consciente du peu de temps dont elle dispose, préfère engranger des succès avec le secteur privé à travers un plan de travail commun pour repartir sur une dynamique et des chiffres positifs.
Cette stratégie à court terme se concentrera sur 3 thématiques qui se déclineront régionalement.
Renforcer le champion national qu’est Marrakech
La première passera par le renforcement et la mise en avant d’un champion national comme la ville de Marrakech pour en générer d’autres, à terme.
Si ce choix de consolider cette locomotive touristique pourra faire débat auprès d’autres destinations bien moins loties, Fettah a quand même décidé de miser plus sur la ville ocre pour les deux raisons suivantes :
- La possibilité de faire passer un nouveau palier à Marrakech pour en faire un laboratoire d’idées pour les autres villes touristiques. En effet, l’innovation ne pourra se faire que dans une destination déjà connue "sans fins de mois difficiles".
- L’objectif est que ce pari profite à toute la région, soit à 300 kilomètres à la ronde. Pour y arriver, le secteur privé devra accompagner le ministère dans sa démarche de partage des richesses.
Ressusciter l’offre vieillissante d'Agadir
Se concentrer sur la ville d’Agadir dont les produits vieillissants ont plus que besoin d’être rénovés.
Le ministère va donc se mobiliser avec les parties prenantes locales et l’aide des professionnels afin de ressusciter le cœur de cette ville, à la marque forte et aux nombreux atouts, devenue dépassée.
La région, le ministère de l’Intérieur et la direction de l’urbanisme devront revoir leur copie concernant la ville, en lançant des chantiers d’équipements, urbanistiques et de transports modernes, adaptés à l’époque.
Sachant qu’elle manque d’animation le soir et que ses hôtels en 2ème ligne souffrent, il y a nécessité de renouveler la logistique pour relancer la fréquentation limitée aux établissements en 1ère ligne.
Le ministère ne veut pas rater le lancement de la station balnéaire de Taghazout pour en faire un succès international et pour que le Maroc puisse avoir une place de choix dans le tourisme balnéaire.
Faire de la station de Saïdia un modèle duplicable
Après 15 ans d’investissements colossaux menés par l’Etat (CDG, ministères de l’Equipement, de l’Urbanisme …), il est temps de redynamiser cette station qui démarre à peine son activité touristique.
Selon notre interlocuteur, "c’est le sprint final et il reste juste une petite distance à parcourir avant que la station de Saïdia ne devienne complètement opérationnelle et lucrative".
Ainsi, la stratégie de Fettah consistera à sauver un champion national, redonner une nouvelle vie à une destination vieillissante et essayer de créer un modèle conçu au début du 21ème siècle pour l’adapter au monde actuel.
Au final, dans les 3 cas de figure retenus par la ministre, aucune des copies n’est uniquement basée sur du tourisme culturel, balnéaire ou rural. Au contraire, les 3 business-plans permettront de travailler sur l’ensemble des composantes du tourisme pour que chaque destination puisse offrir le choix.
Cette politique d’amélioration des infrastructures d’accueil et des produits touristiques permettra de booster les chiffres d’arrivées et de recettes en devises afin de pouvoir, sans complexes, être en mesure de demander plus de moyens du ministère des Finances, conclut notre interlocuteur.
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