Gestion des déchets agricoles: la filière structurée dans le Souss-Massa
Initiée et financée par la Fondation Crédit Agricole pour le développement durable, l’expérience peut être dupliquée dans d’autres régions. Les agriculteurs du Souss-Massa sont appelés à s'impliquer avec l'appui de la banque verte.
La Fondation Crédit Agricole pour le Développement durable a organisé, mardi 15 octobre à Agadir, une rencontre sur la collecte et la valorisation des déchets agricoles pour sensibiliser les agriculteurs de la région de Souss-Massa à cette question. Ces derniers n'adhèrent pas, en effet, avec enthousiasme aux efforts de structuration menés par cette fondation avec l'appui de son conseiller technique, l'association Agrotech et d'autres parties prenantes du secteur public.
Qu’il s’agisse des déchets organiques ou inorganiques, essentiellement plastiques et métalliques, la filière de collecte et de recyclage est désormais organisée mais ignorée par les premiers concernés, en l’occurrence les agriculteurs de la région, affirme d’emblée Leila Akhmis, directrice de la Fondation. L’idée à battre en brèche, selon elle, est de ne plus considérer ces milliers de tonnes de résidus comme des déchets, mais comme une source de revenus supplémentaires pour les agriculteurs et de création d’emplois dans toute la filière.
Près de 2 millions de tonnes de déchets agricoles par an
Pour encourager les agriculteurs à adhérer à la filière, le Crédit Agricole du Maroc met à leur disposition plusieurs moyens : un guide de bonnes pratiques, des solutions de financement, de l'accompagnement mais aussi des partenaires du secteur privé, spécialistes de la réutilisation des déchets agricoles.
Ahmed Chrimata, chef du service environnement à la Wilaya du Souss Massa Draa, a rappelé que l’agriculture est un secteur stratégique dans cette région qui représente 12% du PIB régional et emploie 15.000 personnes.
La région à elle seule produit 1,87 million de tonnes par an de déchets organiques agricoles qui sont recyclés plus pou moins bien et 23.000 tonnes de déchets inorganiques, autrement plus dangereux pour l’environnement et pour la santé des populations. Ce chiffre étant assez ancien, il serait selon certaines estimations de 35.000 tonnes sinon plus, au regard de l’évolution de la production des agriculteurs. Il s’agit précisément de plastique pour les serres, de gaines pour les tubes d’irrigation, et d’emballages phytosanitaires, etc.
Il faut ajouter à ces quantités 10.487 tonnes par an de déchets issus des machines agricoles et d’autres matériaux.
De 90% d'informel à 90% de formel
Le projet de collecte et de valorisation des plastiques usagers issus de l’agriculture, développé depuis trois ans dans la région par la fondation avec ses partenaires dont l'association Agrotech et l’IAV d’Agadir, s’est attelé à organiser une filière d’amont en aval dominée au départ à 90% par des opérateurs du secteur informel.
Il existait certes 14 sociétés de recyclage, mais la plus grande partie de leur collecte était dirigée pour son traitement vers Casablanca, ce qui pénalisait la région pour la création d’emplois nouveaux et de revenus. L’activité comptait aussi 52 recycleurs regroupés en 17 unités employant en moyenne 8 personnes par unité.
Aujourd’hui, résume Thami Benhalima d’Agrotec Agadir, la filière est organisée en 11 coopératives et une unité coopérative, des sociétés et un GIE (Groupement d’intérêt Economique). Qui plus est, le secteur formel prend en charge 90% des déchets produits. Un vrai tournant !
Prochaine étape: la création d’une plateforme de valorisation.
S'inscrire dans l'économie circulaire
Le but ultime est d’accompagner les agriculteurs de la région de Sous Massa dans le recyclage de leurs déchets.
« En effet, dans un contexte de changement climatique et de raréfaction des ressources naturelles, l’inscription du secteur agricole dans l’économie circulaire devient un impératif tant environnemental qu’économique ».
Parmi les solutions de recyclage envisagées : la production de compost, l’installation de chaudières fonctionnant à l’énergie biomasse issue de résidus agricoles, la production d’électricité à partir du biogaz ou encore la fabrication de charbon vert à partir des résidus de cultures maraîchères.
L’expérience devraient être dupliquée dans d’autres régions.
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