img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

2019, une mauvaise année pour le Maroc sur le plan économique

A l’issue de son troisième conseil de politique monétaire de l’année, Bank Al-Maghrib a livré des prévisions économiques globalement négatives pour l’année 2019. Il s’attend à une amélioration en 2020 mais les facteurs de risque sont importants.

2019, une mauvaise année pour le Maroc sur le plan économique
Jalil Choukri
Le 25 septembre 2019 à 15h00 | Modifié 11 avril 2021 à 2h43

Sur le plan international d’abord, il y a une dégradation des perspectives de la croissance mondiale qui induit une baisse de la demande étrangère adressée au Maroc.

« Les conflits commerciaux, les tensions géopolitiques et les incertitudes entourant les modalités du Brexit induisent une volatilité accrue des marchés et continuent de peser sur les échanges commerciaux et sur l’investissement des entreprises. Dans ces conditions, les perspectives de l’économie mondiale se sont dégradées, avec un ralentissement diffus prévu cette année », indique la Banque centrale.

Seul point positif pour le Maroc dans cette conjoncture internationale, les cours du pétrole devraient rester bas : ils termineraient l’année sur une moyenne de 63,7 dollars le baril, avant de baisser de nouveau à 60,9 dollars en 2020.

Tassement des exportations

Dans ces conditions, les comptes extérieurs du Maroc (compte courant de la balance des paiements) devraient continuer à afficher un déficit élevé : 5,1% du PIB en 2019 après 5,5% en 2018. BAM prévoit une amélioration en 2020 à 3,6%.

Plusieurs conditions doivent être réunies pour atteindre ces niveaux : baisse de la facture énergétique, montée en puissance des exportations automobiles de l’usine PSA de Kénitra, et réception du reliquat des dons du Conseil de coopération du Golfe (3,8 milliards de DH).

Dans le détail, le rythme des exportations pour l’année 2019 a été revu à la baisse à 3,9%, en relation essentiellement avec des réalisations au premier semestre en deçà des attentes aussi bien pour les ventes de la construction automobile que pour celles des phosphates et dérivés.

En 2020, ce rythme devrait s’accélérer à 8,4%, résultat principalement de la montée en puissance de l’usine PSA.

Quant aux importations, leur progression devrait décélérer à 3,4% en 2019 puis à 2,6% en 2020, sous l’effet principalement de la baisse de la facture énergétique ainsi que du ralentissement de la progression des acquisitions de biens d’équipement.

Pour leur part, les recettes de voyage progresseraient de 4,5% en 2019 et de 3,2% en 2020 et les transferts des MRE afficheraient des augmentations de 1,5% et 3,6% respectivement.

Quant aux IDE, après des recettes exceptionnelles en 2018 liées à la cession de Saham Finance à Sanlam, leur niveau devrait se stabiliser à un montant équivalent à près de 3,5% du PIB.

Dans ces conditions, et en tenant compte à la dois du reliquat des dons du CCG et des deux emprunts internationaux du Maroc, les réserves de change devraient atteindre 239 milliards à fin 2019 et 234,3 milliards en 2020, soit l’équivalent d’un peu plus de 5 mois d’importations de biens et services.

2019, une mauvaise année pour le Maroc sur le plan économique

Un déficit budgétaire relativement élevé

Les finances publiques ne devraient pas faire mieux. BAM s’attend à un ralentissement du processus de consolidation budgétaire.

Le déficit budgétaire hors privatisation devrait se situer autour de 4% du PIB en 2019 avant de s’atténuer à 3,8% du PIB en 2020.

L’impact du dialogue social (hausse de la masse salariale) et la baisse des recettes de l’IS seraient légèrement atténués par la baisse de la charge de compensation.

Une croissance de 2,7%

En termes de croissance économique, on devrait également enregistrer une dégradation. La croissance devrait de nouveau décélérer à 2,7% en 2019, en raison d’une récolte céréalière (52 MQ) moins importante que prévu et de la poursuite du redressement des activités non agricoles (3,6% contre 2,6% en 2018).

En 2020, la croissance devrait s’accélérer à 3,8%, un rythme moins rapide que prévu par BAM en juin dernier, compte tenu essentiellement des perspectives moins prometteuses de la demande étrangère.

Cette évolution reflèterait une amélioration de 6,3% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’une récolte céréalière moyenne (80 MQ). Pour sa part, la valeur ajoutée non agricole devrait croitre de 3,6% (contre 3,9% communiqué en juin).

Et c’est la demande intérieure qui continuerait à porter la croissance, grâce notamment à une inflation contenue, la revalorisation salariale et l’augmentation des allocations familiales décidées dans le cadre du dialogue social.

Les échanges extérieurs maintiendraient, eux, une contribution négative à la croissance.

Pour rappel, l’inflation devrait nettement ralentir, passant de 1,9% en 2018 à 0,4% en 2019, avant de s’accélérer modérément à 1,2% en 2020.

2019, une mauvaise année pour le Maroc sur le plan économique

2019, une mauvaise année pour le Maroc sur le plan économique

Redressement du crédit bancaire mais aggravation du déficit de liquidités

Seule prévision positive au tableau, le crédit bancaire au secteur non financier devrait connaître une amélioration pour s’accroître à un rythme avoisinant 3,7% en 2019 et 4,7% en 2020. Mais compte tenu du ralentissement des dépôts, de la hausse de la circulation du cash et des sorties de devises, le déficit de liquidités des banques deviendrait important.

C’est d’ailleurs ce qui a poussé BAM à baisser le taux de la réserve monétaire obligatoire pour injecter des liquidités dans le système.

2019, une mauvaise année pour le Maroc sur le plan économique

>>Lire aussi:

Jouahri: Il y a un problème de visibilité et de confiance, pas de taux directeur

Croissance économique: voici les prévisions du HCP pour 2019

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Jalil Choukri
Le 25 septembre 2019 à 15h00

à lire aussi

Rabat accueille le Sommet des Forces maritimes africaines jusqu’au 24 juillet
Quoi de neuf

Article : Rabat accueille le Sommet des Forces maritimes africaines jusqu’au 24 juillet

Rabat accueille, du 20 au 24 juillet, le Sommet des forces maritimes africaines. Organisé par la Marine royale avec les commandements navals et des Marines américains en Europe et en Afrique, l’événement réunit des responsables civils et militaires de plusieurs pays autour des enjeux de la sécurité

Le Maroc prévoit 60.000 lits hôteliers supplémentaires d’ici 2030
Quoi de neuf

Article : Le Maroc prévoit 60.000 lits hôteliers supplémentaires d’ici 2030

Le Royaume prévoit d’ajouter 60.000 lits hôteliers d’ici à la Coupe du monde 2030, portant sa capacité d’accueil à plus de 360.000 lits. Le gouvernement accélère les investissements dans les infrastructures et vise 26 millions de touristes à l’horizon 2030.

Prévisions météorologiques pour le mercredi 22 juillet 2026
Quoi de neuf

Article : Prévisions météorologiques pour le mercredi 22 juillet 2026

Voici les prévisions météorologiques établies par la Direction générale de la météorologie : - Temps chaud à localement très chaud sur le nord de l’Oriental, […]

ONU : le Sénégal soutient officiellement la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général
Quoi de neuf

Article : ONU : le Sénégal soutient officiellement la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général

Le Sénégal a décidé de soutenir officiellement la candidature de l'ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, une décision accompagnée d'une mobilisation du gouvernement et du réseau diplomatique sénégalais auprès des États membres de l'ONU.

Novembre 1980, le soir où 70.000 Casablancais exigèrent de voir Keegan
Football

Article : Novembre 1980, le soir où 70.000 Casablancais exigèrent de voir Keegan

Mort le 20 juillet 2026 à 75 ans, Kevin Keegan avait marqué les esprits jusqu’au Maroc. En novembre 1980, blessée et d’abord absente, la star anglaise fut rappelée de son hôtel pour affronter le Raja devant un Stade d’Honneur en ébullition.

À Farnborough 2026, le Maroc présente ses atouts aéronautiques
Quoi de neuf

Article : À Farnborough 2026, le Maroc présente ses atouts aéronautiques

Avec un pavillon réunissant l’AMDIE, le GIMAS, l’IMA, des industriels et des start-up, le Royaume cherche à attirer de nouveaux investissements, notamment dans les moteurs et les trains d’atterrissage.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité