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L’espace Schengen va durcir le contrôle des frontières et des voyageurs

L’espace Schengen va durcir le contrôle des frontières et des voyageurs

Le 19 septembre 2019 à 13h05

Modifié le 10 avril 2021 à 21h47

Sept systèmes et bases de données seront introduits et/ou mis à jour d’ici 2020 par l'Union européenne pour renforcer le contrôle des frontières et des voyageurs de l'espace Schengen. Une véritable forteresse technologique ! 

L’un des plus grands défis actuels de l’Union européenne est de contrôler le flux d’individus franchissant ses frontières, légalement ou illégalement. Ses multiples organes ont développé de nouveaux programmes, systèmes et bases de données, et mis à jour les anciens, afin de renforcer la sécurité intérieure et les frontières extérieures de l’UE.

7 façons pour construire une forteresse technologique

« D’ici 2022, sept systèmes et bases de données de l’UE seront introduits et/ou mis à jour, ce qui permettra à l’UE de savoir qui vient et qui part, de savoir à l’avance qui prévoit de se rendre dans la région et de ne permettre l’entrée qu’à ceux qui ne constituent pas une menace pour sa sécurité », indique une publication de l’espace Schengen datée du 17 septembre 2019.

Ces systèmes et bases de données renforceront la sécurité et les contrôles aux frontières extérieures et permettront un échange efficace d’informations entre les Etats membres sur les condamnations pénales au sein de l’UE et les tendances en matière d’activités criminelles transfrontalières, liées à la migration irrégulière et bien plus encore.

 Système d’information sur les visas (VIS)

Le Système européen d’information sur les visas, bientôt appelé VIS, est un système permettant aux pays membres de partager les informations relatives aux visas concernant les ressortissants de pays tiers ayant besoin d’un visa Schengen. Il facilite également le traitement de demandes d’asile spécifiques.

Le système génère, analyse et traite des données sur l’identité et le but du voyage de chaque demandeur de visa grâce à une correspondance biométrique (empreintes digitales). Il aide également la police et les gardes-frontières à vérifier rapidement la légalité d’un titulaire de visa et à retrouver les personnes en situation irrégulière séjournant dans la zone Schengen avec de faux documents ou aucun document, en utilisant uniquement les données biométriques.

Ce système permet de lutter contre les achats de visas, qui consistent à introduire de nouvelles demandes de visa dans les autres Etats de l’UE dès le rejet d’une première demande. Il vise également à détecter les voyageurs qui utilisent une fausse identité, enquêter sur les infractions terroristes et les autres infractions pénales graves.

Système d’information Schengen (SIS)

En l’absence de contrôles aux frontières intérieures, le SIS assiste les autorités européennes compétentes pour renforcer la sécurité intérieure. Les gardes-frontières, la police et les autres autorités compétentes peuvent utiliser le SIS pour accéder aux alertes sur les personnes disparues, les entités criminelles liées à des crimes, les personnes interdites d’accès à l’espace Schengen, etc.

Une fois que les modifications proposées en 2016 par la Commission européenne entreront en vigueur, le SIS contiendra des informations supplémentaires telles que des empreintes de paume, des empreintes digitales, des images du visage et des empreintes génétiques.

Eurodac

Cette une base de données contenant les empreintes digitales de toutes les personnes qui ont déjà demandé l’asile dans un Etat membre de l’UE ou les pays associés.

Dès qu’une personne demande l’asile, ses empreintes digitales sont immédiatement communiquées à Eurodac. Cette dernière inspecte et compare ensuite les jeux de données d’empreintes digitales déterminant l’Etat membre responsable de l’examen d’une demande d’asile présentée dans l’UE.

Il permet également aux autorités répressives des Etats membres et à Europol de comparer les empreintes digitales liées aux enquêtes pénales avec celles contenues dans Eurodac, ajoute la même source.

Etias

L’Europe stocke actuellement dans le VIS uniquement des informations sur les voyageurs détenteurs d’un visa et sur les demandeurs d’asile enregistrés dans Eurodac. Avec Etias, le bloc disposera d’informations sur tous les voyageurs qui n’ont pas besoin de visas pour se rendre dans la l’espace Schengen.

Le système européen d’information et d’autorisation de voyage (Etias), qui devrait être lancé en janvier 2021, sera le premier système en Europe à obliger le voyageur à demander une autorisation avant de partir en voyage.

La procédure de candidature, qui peut prendre environ 15 minutes, demande aux candidats des informations telles que leurs nom et prénom, lieu et date de naissance, adresse, numéro de téléphone, email et citoyenneté. Il demande également des informations générales sur les expériences d’éducation et de travail,…

Chaque application sera soumise à un contrôle de sécurité détaillé de chaque demandeur afin de déterminer s’il peut être autorisé à entrer dans n’importe quel pays de la zone Schengen. « L’Etias permettra à l’Europe de savoir qui entre à ses frontières avant même qu’un voyageur non soumis au visa ait commencé son voyage. »

ECRIS-TCN

Le Système européen d’information sur les casiers judiciaires (ECRIS) est un autre système de sécurité de l’UE. Son objectif principal est de permettre un échange efficace d’informations entre les Etats membres concernant les condamnations pénales au sein de l’UE.

Au cours du premier semestre de cette année, l’UE a décidé d’introduire de nouvelles règles sur la manière dont les informations sont échangées via l’ECRIS. Le système centralisé inclura bientôt les données nécessaires à l’identification d’une personne et couvrira les informations relatives aux ressortissants de pays tiers.

Système d’entrée/sortie (EES)

C’est l’un des nouveaux systèmes de l’UE pouvant être opérationnel d’ici janvier 2022. Le système enregistre des données sur l’entrée et la sortie des ressortissants de pays tiers dans les Etats membres de l’UE, enregistrées aux frontières extérieures.

Une fois opérationnel, le système enregistrera les données suivantes sur les voyageurs: image du visage, nom et prénom, date de naissance, nationalité, informations de passeport, date d’arrivée dans l’UE et point d’entrée, date de sortie de l’UE et point de départ. En conséquence, le système remplacera également les tampons de passeport, car ils ne seront plus nécessaires une fois que l’EES commencera à enregistrer et à stocker toutes les données d’entrée/de sortie.

Frontex

L’Agence européenne de garde-frontières et de gardes-côtes (Fontex) aide les membres de l’UE et les pays associés à gérer les frontières extérieures, à harmoniser le contrôle des frontières et à faciliter la coopération entre les autorités frontalières de chaque pays de l’UE, en apportant un soutien technique et une expertise.

« En l’absence de contrôles permanents aux frontières entre les pays Schengen, l’Union européenne porte toute son attention sur les contrôles aux frontières extérieures, ce qui a incité Frontex à assumer cette responsabilité. »

Les principales façons dont Frontex traite de la protection des frontières consistent, notamment, à partager des images avec les membres de l’UE des schémas et des tendances de la migration irrégulière aux fins d’infractions criminelles transfrontalières aux frontières extérieures et à développer des pratiques sur le retour des migrants, l’exploitation de systèmes d’information permettant l’échange d’informations entre autorités frontalières.

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