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ECONOMIE

Le projet d'agriculture solidaire et intégrée à l'heure du bilan

Le projet ASIMA (Agriculture solidaire et intégrée au Maroc) lancé en 2013 arrive à son terme en cette fin d'année 2018 après 6 ans de déploiement. L'occasion pour l'Agence de Développement Agricole (ADA) de présenter les résultats de cette expérience et d'en tirer les leçons lors d'un atelier de clôture organisé en partenariat avec la Banque mondiale, le 26 décembre 2018.

Le projet d'agriculture solidaire et intégrée à l'heure du bilan
H.G
Le 26 décembre 2018 à 14h52 | Modifié 11 avril 2021 à 2h50

Pour rappel, ASIMA encourage les petits agriculteurs à mettre en œuvre des mesures additionnelles de préservation des sols et de la biodiversité dans le cadre des projets du pilier II du Plan Maroc Vert. 

Le projet, qui a nécessité un investissement de 411 MDH financé par l'Etat marocain et la Banque mondiale, a été déployé dans des zones ciblées des régions de Souss-Massa-Darâa et Marrakech-Tensift Al Haouz. Environ 8.500 petits agriculteurs en ont bénéficié, dont 20% au moins de femmes.

"Les activités du projet ASIMA ont permis aux petits agriculteurs d’améliorer leurs revenus, tout en tirant le meilleur profit des ressources naturelles parfois limitées", assure l'ADA. 

Le projet se composait de deux axes : 

- Développement des capacités des institutions publiques et privées relatives à la conservation des sols et de la biodiversité. Cet axe comporte deux sous-composantes. La première porte sur l'organisation de sessions de formation, voyages d’études et visites de terrain ; la production d'études et de supports d’information ; le lancement de campagnes de sensibilisation ; le suivi et l'évaluation ; et enfin la production de rapports et constats d'audit. La seconde sous-composante concerne l'organisation de sessions de formation du personnel sélectionné des entités d’exécution. 

- Transfert des mesures de conservation des sols et de la biodiversité aux petits agriculteurs. Dans ce sens, sept sous-projets ont été identifiés, détaillés dans le tableau ci-dessous.

Le projet d'agriculture solidaire et intégrée à l'heure du bilan

 

Près de 10.000 bénéficiaires de formation 

Selon l'ADA, pour les deux composantes du projet, le total des sessions de renforcement des capacités organisées est de 392 sessions au profit de 9.979 bénéficiaires (employés du ministère de l'Agriculture, privés et agriculteurs) dont 34% femmes.

"Pour les formations des cadres et techniciens, l’effectif est de 520 dont 40% de femmes (avec un dépassement de 20% de l’objectif fixé par le projet). L’effectif des agriculteurs ayant bénéficié du renforcement des capacités est de 9 416 (dont 3 202 femmes)", est-il précisé. 

En plus des formations qui ont permis de renforcer et d'améliorer les connaissances et les compétences des populations cibles, le projet ASIMA a permis l'installation, l'équipement et la mise en marche des unités de valorisation de sous-produits agricoles au profit d'environ 8.500 bénéficiaires.

Plusieurs unités de valorisation (UV) ont été construites, équipées et mises en marche.

- Un complexe apicole de deux unités de valorisation (multiplication de l’abeille jaune et une menuiserie) 

- Une unité de valorisation des plantes aromatiques et médicinales

- Un complexe apicole de trois UV apicoles (menuiserie, multiplication des reines de l’abeille saharienne et gaufrage de la cire). 

- Le branchement des deux UV des sous-produits cactus

- L’équipement et le branchement des deux UV des sous-produits de l’arganier au niveau d’Essaouira sont en cours et doivent être achevés, d’ici le mois de janvier 2019.

En plus de cela, "trois bassins d’accumulation et deux compostières ont été construits et équipés, pour l’accumulation des margines, qui constitue un défi environnemental primordial dans les zones à vocation oléicole, en plus de la valorisation des sous-produits oléicoles. Aussi, cent quatre-vingts (180) ha de terrassettes ont été réhabilités dans des zones marginalisées et difficilement accessibles dans la zone d’intervention du projet", est-il mentionné dans le rapport final sur le projet ASIMA dont médias24 détient une copie.

 Le projet d'agriculture solidaire et intégrée à l'heure du bilan

Les leçons à retenir

ASIMA a été une sorte de projet pilote que l'ADA espère généraliser. "L’extension du projet à d’autres zones permet de faire bénéficier les autres régions des acquis du projet et favoriser l’extension des mesures de préservation du sol et de la biodiversité pour une agriculture durable et résiliente aux changements climatiques", pense l'ADA.

Mais avant d'entamer une telle démarche, l'ADA et ses partenaires dans le projet ont tiré quelques enseignements de cette expérience :

- Les zones marginalisées ciblées par ASIMA sont confrontées aux défis des changements climatiques et à la dégradation du sol et de la biodiversité. Les mesures et actions promues par ASIMA contribuent à faire face à cette situation en améliorant la conservation des sols et de la biodiversité.

- Le projet ASIMA a permis la valorisation des filières en créant des synergies et des complémentarités entre elles à travers la valorisation des sous-produits pour améliorer la matière organique du sol et mettre à la disposition des éleveurs de nouvelles sources d’aliments de bétail ce qui va contribuer à diminuer la pression sur les zones de parcours.

- L’approche participative adoptée a permis une forte adhésion et implication active des bénéficiaires.

- Le renforcement des capacités pour les institutions publiques et privées constitue un des leviers dans la consolidation des résultats du projet et la capitalisation des compétences acquises dans la duplication du projet ou dans des projets similaires.

- La dimension genre est intégrée dans les différentes phases du projet. L’objectif de 20% de femmes bénéficiaires a été réalisé et même dépassé. Les mesures et actions promues par ASIMA vont renforcer l’ancrage de la dimension genre et l'intégration de la dimension sociale, environnementale et économique dans les projets du pilier II du PMV.

- Les connaissances en matière de gestion du sol et de la biodiversité peuvent être capitalisées et intégrées au système national du conseil agricole pour une diffusion à grande échelle.

- L’installation et le fonctionnement des unités de valorisation constituent une opportunité pour participer au développement local, à travers la création d'opportunités d’emploi notamment pour les jeunes, en plus de l’adoption des bonnes pratiques de la préservation de l’environnement

- Ces unités installées constituent aussi des lieux de démonstration qui peuvent inspirer d’autres agriculteurs pour monter des projets tout en intégrant la dimension environnementale et sociale.

- La phase accompagnement post-création est cruciale pour la pérennisation des acquis du projet qui nécessite un appui et une assistance jusqu’à l’autonomisation des unités de valorisation installées (Renforcement des capacités sur le plan technique, gouvernance et gestion administrative et financière des coopératives/union/GIE, gestion et maintenance des unités de valorisation, Marketing, hygiène et sécurité au travail,...).

"Plusieurs enseignements sont à tirer des difficultés rencontrées lors de la mise œuvre afin de les éviter dans des projets similaires", avance l'ADA.

L'agence fait référence au "retard dans le lancement des activités du projet qui s’expliquent, entre autres, par :

- Le temps qu’ont nécessité les études préalables,

- Les procédures de passation de marchés à la fois soumises aux exigences de la Banque mondiale et la réglementation marocaine,

- Le temps qu’a nécessité le choix de certains sites,

- Le temps nécessaire entre la construction des unités et leur électrification et équipement avant le lancement des activités,

- La disponibilité de la matière première (cas du cactus attaqué par la cochenille),

- La stabilité des équipes opérationnelles du projet...

 

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H.G
Le 26 décembre 2018 à 14h52

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