Le déficit commercial du Maroc avec la Turquie s’aggrave à 12,4 milliards de DH
L’accord de libre-échange, signé en avril 2004 et entré en vigueur en juin 2006, n’a pas permis au Maroc d’équilibrer sa balance commerciale avec la Turquie qui affiche un déficit de 12,4 milliards de DH en 2017 contre 4,4 milliards de DH en 2006.
A l’instar des autres accords de libre-échange signés par le Maroc (UE, USA…), celui conclu avec la Turquie en avril 2004 (entré en vigueur en juin 2006) n’a pas permis au Royaume d’équilibrer sa balance commerciale avec ce pays.
Certes, les exportations marocaines vers la Turquie ont beaucoup progressé entre 2006 et 2017, selon le dernier rapport économique et financier accompagnant le PLF 2019. Elles sont passées de 1,1 à 6,9 milliards de DH, soit 2,8% de l’ensemble des exportations du Maroc.
Mais en même temps, les exportations turques vers le Maroc ont atteint 19,3 milliards de DH contre 5,5 milliards en 2006, soit 4,4% du total des achats marocains.
D’où un déficit commercial à la défaveur du Maroc qui a dépassé 12,4 milliards de DH en 2017 contre 4,4 milliards de DH en 2006, et un faible taux de couverture des importations par les exportations de 35,7%.
Des mesures de défense commerciale pour contrer la déferlante turque
Il faut dire que les exportateurs turcs sont plus agressifs et leur offre est plus diversifiée et à plus forte valeur ajoutée. Certains opérateurs marocains, pénalisés par la déferlante turque, accusent même ce pays de subventionner certains secteurs pour leur permettre de percer à l’international.
Face à cette situation, les entreprises marocaines n’hésitent pas à user des instruments de protection commerciale prévus par la réglementation et l’accord de libre-échange avec la Turquie. C’est le cas des textiliens et de Maghreb Steel qui ont demandé et obtenu l’instauration de mesures de sauvegarde contre les produits turcs.
Notons que sur les 19,3 milliards de DH de marchandises achetées par le Maroc à la Turquie en 2017, 13,5 milliards rentrent dans le cadre de l’accord de libre-échange, soit une part de 70%.
Les principaux produits importés sont les voitures de tourisme et utilitaires, les produits textiles, l’acier et le fer, les produits électroménagers…

(Source: Office des changes)
De son côté, le Maroc exporte principalement des véhicules routiers, des engrais, des aliments pour animaux, du sucre et des produits à base de sucre, de l’or, des matériaux non ferreux et du poisson.
Forte augmentation des IDE turcs au Maroc
En dehors du commerce, les turcs se montrent également plus agressifs en termes d’investissements directs étrangers. « Depuis une dizaine d’années, l’intérêt pour le marché marocain a pris une grande ampleur auprès des investisseurs turcs et le nombre des entreprises turques installées au Maroc a considérablement augmenté. Il dépasse aujourd’hui les 80 sociétés opérant le textile, l’alimentation, le mobilier, l’immobilier, la construction et les infrastructures (autoroutes et chemins de fer) », précise le rapport économique et financier.
Ainsi, les IDE turcs à destination du Maroc ont atteint 448 MDH en moyenne annuelle sur la période 2013-2017 (1,2% des IDE totaux reçus par le Maroc) contre 96 MDH en 2008-2012 (0,3%).
Certes, les IDE représentent des rentrées de devises étrangères dont le Maroc a besoin. Mais en même temps ils génèrent des sorties de dividendes en devises également, concurrencent les opérateurs marocains et les privent d’un certain nombre de marchés publics (des emplois et de la valeur ajoutée en moins).
En face, la Turquie ne figure même pas dans la liste des IDE marocains à l’étranger.
À découvrir
à lire aussi
Article : La CGEM échange avec le Parti de l’Istiqlal sur les priorités économiques
La CGEM a accueilli une délégation du Parti de l’Istiqlal, conduite par son secrétaire général Nizar Baraka. Les deux parties ont échangé sur leurs priorités économiques et partagé leurs points de vue sur plusieurs sujets liés aux entreprises, à l’investissement et à l’emploi.
Article : DGI : les principales échéances fiscales à respecter avant le 31 juillet
La Direction générale des impôts rappelle que plusieurs déclarations et paiements doivent être effectués au plus tard le 31 juillet 2026. Ils concernent notamment la TVA, les délais de paiement, les retenues à la source et les auto-entrepreneurs.
Article : Les voyageurs à l’épreuve de l’EES, le nouveau système de contrôle aux frontières européennes
Présenté par l’Union européenne comme un outil de modernisation et de sécurisation des contrôles, le système européen d’entrée/sortie (EES) suscite également des interrogations sur son impact à court terme, notamment en raison des délais supplémentaires qu’il pourrait entraîner pour certains voyageurs.
Article : Casablanca renforce la gestion technique de trois trémies stratégiques
Après avoir engagé des travaux de sécurisation sur les tunnels des Almohades et de Dakar, Casa aménagement prévoit désormais d'assurer, pendant un an, l'exploitation technique et la gestion opérationnelle de trois trémies majeures de la métropole, afin de garantir leur fonctionnement continu.
Article : Le Complexe Mohammed VI de formation professionnelle remis aux autorités maliennes sur instructions royales
Édifié sur une superficie de 5.200 m² à Bamako, le Complexe Mohammed VI de formation professionnelle, remis aux autorités maliennes sur instructions royales, accueillera près de 1.000 stagiaires par an dans 21 filières, dont 12 dédiées aux métiers du BTP et 9 aux secteurs du tourisme, de l'hôtellerie et de la restauration.
Article : Bourse de Casablanca. Le MASI termine en hausse de 0,43%
La Bourse de Casablanca a terminé la dernière séance de la semaine sur une note positive. Le MASI s'est apprécié de 0,43%, réduisant légèrement ses pertes depuis le début de l'année, dans un marché ayant généré près de 165 MDH de transactions, exclusivement sur le marché central.