Après ADM, la Caisse de financement routier veut optimiser son endettement
La caisse de financement routier cherche à optimiser sa dette au moment où le ministère de l'Equipement et du Transport envisage de lui confier la gestion de programmes estimés à plus de 50 MMDH.
Le financement routier est un sujet d'actualité. D'ailleurs, il a été une des thématiques principales de la 10e édition du Congrès national de la route tenu le lundi 24 septembre dernier à Al Hoceima. D'un côté, le budget de l'Etat est sous pression, et de l'autre les besoins du pays en routes sont grandissants au regard de son développement et des besoins des populations.
Ce qui fait de la question du financement du réseau routier une des problématiques majeures à gérer pour le gouvernement. Dans son intervention, le directeur du budget Fouzi Lekjaa a déclaré que "ce qui rend l'exercice un peu plus délicat, c'est que même le recours à des moyens innovants de financement, tels que la création de la Caisse du financement routier ou le fait de permettre à Autoroutes du Maroc (ADM) de s'endetter... a atteint ses limites. Ces leviers ont hypothéqué leur potentiel d'investir et d'aller vers le développement. Ils sont dans une logique d'assurer la maintenance et de rembourser les échéances de leurs dettes".
Le directeur du budget ne croit pas si bien dire. Alors qu'ADM est engagée depuis 2017 dans une stratégie de reprofilage de sa dette qui s'élève à 40 milliards de dirhams, la Caisse de financement routier vient à peine d'adopter la même stratégie. Il faut dire que sa dette n'est pas aussi importante que celle d'ADM.
La Caisse pour le Financement Routier (CFR) n'est pas connue du grand public, car elle agit comme une banque destinée à contracter des emprunts pour le financement des programmes routiers. Elle a été créée en 2004 en tant qu'établissement public doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, avec pour mission de rechercher et de mobiliser les ressources en vue de participer au financement et à la réalisation des programmes de construction, d’aménagement, d’entretien, de maintenance et d’exploitation du réseau routier.
Elle a pour sources de financement, les dons, les prêts, les versements des collectivités locales ainsi que le budget général de l'Etat.
Son intervention a été réservée au départ au financement et à la réalisation du Deuxième Programme National de Routes Rurales (PNRR2) puis elle a été élargie pour contribuer au financement et à la réalisation d’autres projets et programmes routiers.

La volonté de l'Etat de mettre de l'ordre dans l'endettement de tous ses établissements publics a fini par rattraper la Caisse dont la dette est aujourd'hui estimée à plus de 11 MMDH. De 2005 à 2014, la CFR a contracté 20 prêts auprès de plusieurs bailleurs de fonds internationaux : AFD, BAD, BIRD, BEI... Sa dette est à 77% en euro, 11% en Yen japonais, 9% en dinar koweitien et 3% en dollar.


Les premiers remboursements de la CFR ont commencé en 2010. Sur 20 prêts, les remboursements n'ont pas encore commencé pour quatre seulement:
- 1,13 MMDH, prêt de la BEI contracté en 2012 (variable par tranche). Le 1er remboursement se fera en juin 2020.
- 669 MDH, prêt de la BIRD contracté en 2010 (variable). Le 1er remboursement se fera en juin 2021.
- 753 MDH, prêt de la BIRD contracté en 2014 (variable). Le 1er remboursement se fera en décembre 2025.
- 1,6 MMDH, prêt de BEI contracté en 2014 (fixe ou variable par tranche). Le 1er remboursement se fera en juin 2021.

Compte tenu de la stratégie ambitieuse du Maroc dans le domaine des infrastructures routières, le ministère de l'Equipement et du Transport envisageait en 2017 de confier à la CFR le programme de mise à niveau et d’entretien du réseau routier structurant (dont le coût est estimé à 50 MMDH) ainsi que le programme de sauvegarde des routes rurales classées de proximité, à réaliser pour environ 8 MMDH.
Des programmes avec des budgets conséquents qui nécessitent de la CFR de bien gérer ses finances et son endettement afin d'éviter d'arriver à des situations graves comme ce fut le cas pour ADM.
C'est justement une des priorités de la CFR qui cherche actuellement à optimiser sa dette existante et à se faire accompagner par un cabinet spécialisé dans l'ingénierie financière afin de l'aider dans l’analyse des offres bancaires et des bailleurs de fonds pour les nouveaux financements, les renégociations, les instruments de couverture et l’optimisation de la trésorerie.
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