Cedeao. De Souza: la monnaie unique tout de suite “serait préjudiciable”
Marcel De Souza, président de la Commission de la Cedeao, a plaidé jeudi 14 septembre pour la création de la monnaie commune ouest-africaine “sans précipitation“, annonce un communiqué de l’organisation régionale. De Souza intervenait à Bamako, à l’ouverture du Conseil de la convergence.
La question est directement soulevée par cette réunion consacrée à la convergence des politiques macro-économiques. De Souza a de nouveau affiché sa prudence.
S’adressant aux ministres des Finances, aux gouverneurs des Banques centrales et aux experts du Comité technique chargé des politiques macroéconomiques des Etats membres de la Cedeao, M. de Souza a laissé entendre que “vouloir aller tout de suite à la monnaie unique serait préjudiciable à l’Afrique de l’Ouest“.
Il a demandé aux ministres des Finances d’être les avocats de l’organisation régionale auprès de leurs pays respectifs, afin de créer les conditions favorables à la mise en œuvre du programme de coopération monétaire de la Cedeao.
Il a toutefois noté avec satisfaction les avancées significatives réalisées dans le cadre de la coordination des activités de suivi, et la production de rapports sur la convergence macroéconomique régionale.
Le 29 aout dernier, à l’occasion de ses entretiens au Maroc, M. De Souza avait révélé l’existence d’une lettre du Roi Mohammed VI comportant l’engagement d’une adhésion du Maroc à la monnaie unique de la Cedeao si celle-ci venait à être créée.
Cette information avait suscité beaucoup d’interrogations au Maroc, l’opinion se demandant si la monnaie unique était pour demain et si elle serait dans l’intérêt du Royaume.
En réalité, la monnaie unique était annoncée pour 2020 mais le 20 aout, différents responsables de la Commission, dont De Souza, ont annoncé qu’il faudra attendre au moins une dizaine d’années. “L'analyse des critères de convergence et de stabilité montre que le pari de créer une monnaie unique en 2020 ne pourra pas être tenu, surtout dans la précipitation“, avait-il déclaré.
Cette nouvelle déclaration, donnée jeudi à Bamako, confirme donc cette donnée. Elle est d’autant plus importante qu’elle a été exprimée devant le conseil de convergence.
La conjoncture économique est actuellement défavorable dans les deux poids lourds de la Cedeao, le Nigéria et le Ghana, avec notamment une crise, une forte baisse de la croissance et une envolée de l’inflation qui atteint 18% au Nigéria.
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