Brouhaha et insultes en direction des journaux: La conférence de presse de Trump
Après quatre semaines au pouvoir, Donald Trump a laissé éclater sa frustration. Les murs de la prestigieuse "East Room" de la Maison Blanche ont tremblé jeudi 16 février sous le torrent de paroles du président septuagénaire qui s'en est pris tour à tour à la presse, à la justice ou encore aux démocrates accusés de saper ses efforts.
Combatif mais visiblement blessé aussi, semblant parfois sur le point de perdre le contrôle, le magnat de l'immobilier a défendu ses débuts au pouvoir.
Pendant près d'une heure et demie d'une conférence de presse décousue et à la tonalité totalement inédite en ces lieux, il a, entre autres, évoqué le spectre d'un "holocauste nucléaire".
La nouvelle administration Trump fonctionne "comme une machine bien réglée", lance d'entrée le président républicain, contre toute évidence.
A tous égards, les premiers pas au sommet de l'Etat de ce novice en politique furent agités: des millions de personnes dans les rues au lendemain de son inauguration, un cinglant revers judiciaire sur son décret anti-immigration emblématique, la démission forcée de son principal conseiller diplomatique...
Assurant avoir hérité d'une situation "chaotique", il affirme, en énumérant les décrets signés dans le Bureau ovale, que jamais une présidence n'avait fait autant en si peu de temps.
"Les gens le savent, la plupart des médias, non. Ou plutôt, ils le savent, mais ils ne l'écrivent pas", ajoute-t-il, désignant le bouc émissaire du jour: la presse.
La charge, assénée sur tous les tons, est violente, colérique par moments.
L'objectif est clair. Parler à ceux qui l'ont porté au pouvoir, les prendre à témoin: "Je suis ici pour faire passer mon message directement au peuple, car nombre de journalistes de notre pays ne vous diront pas la vérité et ne traiteront pas les gens formidables de ce pays avec le respect qu'ils méritent".
'Vous êtes malhonnêtes'
Evoquant "un niveau de malhonnêteté hors de contrôle", il reprend des expressions de campagne qui faisaient mouche devant ses partisans, stigmatise les élites des côtes Est et Ouest qui vivent dans une bulle et ne comprennent rien à la vraie Amérique.
"La plupart des médias, à Washington DC, mais aussi à New York et Los Angeles, ne parlent pas pour le peuple, mais pour des intérêts particuliers et pour les profiteurs d'un système qui est cassé", dit-il, index dressé.
"Je vous dis simplement que vous êtes des gens malhonnêtes", tempête-t-il un peu plus tard. "Le public ne vous croit plus!".
"Asseyez-vous!", lance-t-il à l'attention d'un journaliste qui tente une relance après sa question. "Taisez-vous!", lâche-t-il à un autre.
Bombardé de questions sur les liens de son équipe avec la Russie de Vladimir Poutine et d'éventuels contacts durant la campagne avec les services secrets russes, Donald Trump s'emporte: "Je n'ai rien à voir avec la Russie!"
"Les fuites sont réelles, les informations sont fausses", ajoute-t-il à propos de l'avalanche de révélations qui dressent chaque jour un tableau un peu plus troublant de ses relations avec le maître du Kremlin.
Un journaliste s'étonne, dans un indescriptible brouhaha, de cette étrange formule. Si les fuites sont bien réelles et portent sur des faits avérés, comment les informations peuvent-elles être fausses?
C'est le "ton", répond, agressif, le président américain, qui dénonce "la haine" dont il fait objet, tout en épargnant, comme à chaque fois, un seul média: Fox News, la chaîne de télévision favorite des conservateurs américains.
(Avec AFP)