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Les robots nous mettront-ils au chômage? Un débat récurrent qui agite la France

Les robots vont-ils voler nos boulots? Le débat, récurrent, sur une raréfaction du travail liée à l'accélération des mutations technologiques revient en force dans la campagne présidentielle française, sur fond de chômage de masse.

Les robots nous mettront-ils au chômage? Un débat récurrent qui agite la France
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Le 9 février 2017 à 15h00 | Modifié 9 février 2017 à 15h00

Propositions phares du candidat socialiste Benoît Hamon, le revenu universel et l'idée de taxer les robots découlent en partie du postulat que la révolution numérique va détruire de nombreux emplois.

Ce diagnostic est-il juste? Difficile de trancher au regard de la vitesse d'innovations dont nul ne peut prédire les conséquences. Mais entre "techno-optimistes" et "techno-pessimistes", la polémique fait rage.

"La question remonte à l'Antiquité, Aristote pensait déjà que les animaux prendraient le travail des esclaves. Elle ressurgit à chaque vague de mutation technologique, comme la révolte des canuts de Lyon au XIXe siècle liée à la peur des machines", rappelle l'économiste Nicolas Bouzou du cabinet Asterès.

Aujourd'hui, les experts tentent régulièrement de mesurer l'impact des transformations. Un rapport du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) a estimé en janvier que moins de 10% des emplois risquaient de disparaître en France comme dans d'autres pays de l'OCDE, du fait de l'automatisation et de la numérisation. Des projections bien plus positives que l'étude très commentée parue en 2013 (dite "Frey et Osborne"), et qui tablait sur une suppression de 47% des emplois dans les 20 prochaines années.

Plus que la quantité d'emplois impactés, c'est la capacité à en créer de nouveaux qui interroge. "On sait ce qu'on perd, pas ce qu'on gagne. Il y a une vraie incertitude. Mais on sait qu'au cours des vingt dernières années, où l'on a déjà assisté à une numérisation, le volume global de l'emploi a plutôt augmenté", souligne Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du COE.

Pour Emmanuel Macron, "du temps où les chandelles éclairaient les rues, les gens disaient que les lampadaires allaient tout tuer. Mais non, ils ont permis de créer d'autres emplois, ceux qui font les lampadaires et les entretiennent". Le candidat d'"En marche"! défend la théorie de la "destruction créatrice" de l'économiste Joseph Schumpeter (1883-1950): les machines non seulement créent des emplois directs mais génèrent aussi de la richesse et des besoins nouveaux.

Des machines "meilleures que les hommes"

"La technologie ne génère pas une raréfaction du travail mais une mutation", appuie Nicolas Bouzou. La preuve: des pays comme la Corée ou la Suisse, bien plus robotisés que la France, affichent un chômage très bas.

L'enjeu principal réside à ses yeux dans la formation: "Les chauffeurs de poids lourd vont perdre leur job avec les véhicules sans chauffeur, il faut donc les former à d'autres compétences dans la logistique. Sinon on aura énormément de chômage", prévient ce "techno-optimiste" pour qui "le champ des emplois à créer est infini".

Mais pour les "techno-pessimistes", ce phénomène de destruction créatrice s'enraye. D'une part parce que, contrairement à la précédente révolution industrielle, celle que nous vivons aujourd'hui n'a qu'un faible effet sur la croissance, qui ne décolle pas.

Ensuite, parce que les progrès de l'intelligence artificielle sont tels que peu à peu, les outils ne sont "plus seulement au service de l'homme, ils prennent une partie des décisions, s'adaptent à notre subjectivité et pourront faire parfois mieux que les hommes lorsque le travail sera trop complexe", analyse le philosophe Raphaël Liogier, auteur de "Sans emploi: condition de l'homme post-industriel".

Pilotes automatiques, aspirateurs intelligents, et big data..: étant donné que "la machine remplacera l'homme non plus seulement sur des tâches d'exécution", il existe "une forte probabilité pour que le solde net d'emplois crées par rapport aux emplois détruits soit négatif", prédit aussi la fondation Jean-Jaurès.

Plus qu'en professions supprimées, M. Liogier pense en termes de tâches au sein des métiers: presque toutes seraient selon lui impactées, et plus seulement celles considérées comme "ingrates".

Conséquence: le travail va se "fragmenter". "Ce qui n'empêche pas de nouvelles activités de se libérer, mais elles ne seront plus structurées comme des emplois" classiques, "correspondant à un espace-temps donné et à un contrat de travail exclusif", selon ce défenseur du revenu universel.

(Avec AFP)

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Le 9 février 2017 à 15h00

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