930.000 documents représentant un total de 12 millions de pages ont été mis en ligne par la CIA le 17 janvier dernier. Près de 6.600 documents sont dédiés au Maroc. Zoom.
Jamal Amiar
Le 24 janvier 2017 à 10h25
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Modifié 11 avril 2021 à
2h39
La vie des documents de la
CIA suit en substance quatre phases: la rédaction, le classement, un déclassement partiel pour la recherche et enfin, l’étape atteinte par ces
12 millions de pages le 17 janvier dernier, la mise en ligne. Celle-ci rend naturellement les documents à tous les publics: politiques, journalistes et milieux académiques.
Les 6.597 documents qui concernent le Maroc, datent principalement de 1972 à 1987. Et naturellement, il y est beaucoup de questions sur la situation politique et sociale, sur le règne de Hassan II, sur les relations rarement apaisées entre le Maroc et l’Algérie et sur le dossier du Sahara.
Durant cette période, il y a eu une
tentative de coup d’Etat en août 1972, la Marche verte en novembre 1975 et la montée des tensions avec l’Algérie, sans oublier la récupération d'Oued Dahab, les émeutes du pain de Casablanca en juin 1981 et la signature du traité d’union entre le Maroc et la Libye notamment.
Plus largement, ces années-là sont aussi celles du rapprochement égypto-israélien, du quadruplement du prix du pétrole ainsi que de la révolution iranienne avec toutes les conséquences que ces développements diplomatiques et économiques d’ampleur ont eu sur la politique internationale. Jusqu’en 1989-1991, nous sommes encore en pleine guerre froide et donc au coeur des rivalités américano-soviétiques.
Dans ces documents, on trouvera des analyses détaillées sur la
situation politique marocaine ou les relations entre Alger et Rabat, tout comme la place du Royaume sur le marché des phosphates ou les relations entre Rabat et
Tripoli qui ont constitué un important sujet de préoccupations et de malentendus entre Rabat et Washington pendant plusieurs années.
En 1984, Rabat et Tripoli avaient surpris diplomates arabes et occidentaux en signant un traité d’union arabo-africaine. A l’époque, Rabat devait non seulement faire face aux harcèlements des éléments armés du Polisario et de l’armée algérienne aux frontières, mais ceux-ci comptaient avec l’appui d’un leadership libyen turbulent, néanmoins, doté de ressources financières importantes, et tout à la fois, isolé sur la scène internationale.
Là où Hassan II pensait avoir mis la Libye du côté du Maroc et donc l'avoir éloignée du Polisario tout en la neutralisant et l’éloignant du "front du refus" arabe, Washington avait très mal interprété le rapprochement du Maroc avec le turbulent et anti-américain Mouamar Khaddafi. Dès la signature du traité arabo-africain, le leader libyen voulait que la Syrie, l’Algérie et le Yémen du Sud y adhèrent pour, notamment, "confronter les traités égypto-israéliens de 1979" …
Comme on peut s’en douter, si la CIA s’y intéresse, c'est d’abord par souci des relations bilatérales. Ses dossiers contiennent des
coupures de presse américaine sur le Maroc et une analyse suivie des relations bilatérales.
Entre Marocains et Américains, les choses vont rapidement rentrer dans l’ordre puisque le traité arabo-africain prendra fin après quelques mois. En juillet 1986,
Hassan II sera accueilli à Washington et reçu à la Maison Blanche par Ronald Reagan.
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Jamal Amiar
Le 24 janvier 2017 à 10h25