Fès, nouveau pôle industriel et touristique?
FES.- Le Roi Mohammed VI est attendu dans la capitale spirituelle du Royaume. La visite royale qui coïncide avec l’avènement du Ramadan, s’effectuera sous le signe des programmes économiques, de la religion et de la spiritualité.
Infrastructure, zones industrielles, tourisme, monuments, médina, offshoring: la ville est un chantier. Ici, un seul sujet est sur toutes les lèvres, la visite du Roi Mohammed VI. Aucun responsable n’accepte toutefois de partager la moindre petite information concernant le programme du Souverain ou ses centres d’intérêt. La discrétion, voire le secret, sont de rigueur.
Par contre, les responsables qui gèrent la ville depuis les élections du 4 septembre sont volubiles lorsqu’il s’agit de parler des projets lancés ou en cours d’étude, ainsi que de l’héritage “très lourd“ qu’ils ont reçu de la part du précédent conseil de la ville.
A titre d’exemple, on nous cite deux chiffres: 1,5 MMDH d’arriérés de paiement destinés aux entreprises; 520 MDH de taxes sur terrains non bâtis qui n’ont pas été encaissées par la ville.
Jusqu’à l’année dernière, Fès a été aussi synonyme de dérive sécuritaire, situation qui a connu son apogée avec l’agression sanglante de touristes allemands dans la médina. La nouvelle DGSN de Abdellatif Hammouchi a fait de Fès l’une des cibles prioritaires de ses programmes pilotes. Une nouvelle brigade spéciale d’intervention y a été implantée.
Statistiquement et psychologiquement, le sentiment d’insécurité a beaucoup baissé. Mais il ne baissera pas d’une manière durable sans développement économique. Fès est la seconde ville du Maroc en population et la 12e seulement en poids économique. En 1980, rappelle l’un de nos interlocuteurs dans la ville, Fès était le second pôle économique du Royaume.
Une tournée dans les quatre quartiers industriels révèle la faiblesse de l’infrastructure et des équipements.
Yahya Benabdellah, conseiller communal PJD et personnalité très active dans la région, déplore cette évolution négative de la part d’une ville qui est une marque très forte et qui recèle d’innombrables atouts. Il considère que les événements de décembre 1990, lorsqu’une grève générale a dégénéré, ont marqué les esprits et freiné les investisseurs. Il relate aussi l’éclosion d’un état d’esprit de racket et de chantage en direction des opérateurs économiques.
Benabdellah rêve à haute voix: une autoroute directe Fès-Tanger, un “port sec“ où les importations seront dédouanées sur place, un renforcement des dessertes aériennes…
“Améliorer le climat des affaires“, c’est l’objectif prioritaire du conseil de la ville de Fès, nous explique Mohamed Harthi, 3e vice-président. “Mais nous savons que cela ne peut se faire que d’une manière progressive, car il est impossible de gommer un héritage de 12 ans en quelques mois ou quelques années“, ajoute-t-il.
Parmi les mesures volontaristes prises récemment par le conseil de la ville, celle qui consiste à verser aux entreprises qui s’installent à Fès Shore, une subvention de 6.000 DH par emploi créé. Fès Shore est aujourd’hui classé en troisième position nationale, après Casa et Rabat. HP s’apprête à y ouvrir un centre.
Parmi les projets structurants appelés à changer le visage de la ville, signalons l’avenue du complexe royal à l’entrée de Fès par la route de Meknès. Destiné à la formation universitaire d’excellence, il accueillera notamment l’université euro-méditerranéenne, une école d’ingénieurs maroco-italienne et un Institut d’études politiques en partenariat avec une célèbre université française.
L’arrivée du Roi à Fès devrait donner le coup d’envoi d’un démarrage du tourisme religieux dans la capitale spirituelle. Une vingtaine de monuments historiques réhabilités seront inaugurés par le Souverain. La bibliothèque de la Qaraouyine, rénovée, devrait être réouverte.
Un nouveau terminal pourrait être inauguré à l’aéroport de Fès, faisant passer la capacité d’accueil de 800.000 voyageurs à 5 millions de voyageurs par an. Une ligne directe Fès-Dakar est programmée.
Les habitants attendent également la finalisation du projet Golf de Oued Fès: sur 171 hectares, et pour une enveloppe de 3,3 MMDH, ce projet mixte, résidentiel, commercial et touristique, va créer 5.500 emplois. Il comprendra également trois hôtels d’une capacité de 2.250 lits.
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