Boussaid: il faut distinguer le conjoncturel du structurel
"Le Maroc a des fondamentaux solides". C’est ainsi qu’a démarré Mohamed Boussaid son intervention sur la croissance économique, lors d’une rencontre organisée vendredi 5 février par la Banque populaire private banking.
"La campagne agricole démarre certes mal, mais il ne faut pas perdre de vue que 2015 fut une excellente année avec une récolte céréalière record-115 millions de quintaux-, un taux de remplissage de barrages de 60 % et un secteur non agricole en croissance de 3,2%", a lancé tout de go Mohamed Boussaid, ministre de l’Economie et des finances.
"Les prévisionnistes sont mes amis, mais je ne partage pas toujours leurs modes de calcul", a-t-il lancé avec une note d’humour. Et d’ajouter: "Il ne faut pas mélanger structurel et conjoncturel, ni procéder à une analyse en se basant sur une seule année".
L’intervention du ministre de l’Economie et des finances a eu lieu quelques jours après la conférence de presse organisée par Ahmed Lahlimi, lors de laquelle les prévisions de croissance du HCP pour 2016 ont été divisées par deux pour s’établir à 1,3%.
Un chiffre que ne partage pas Boussaid, préférant mettre en avant les "atouts" du Maroc et tablant sur une croissance prévisionnelle moyenne de 4,3% pour les 5 prochaines années:
-la branche céréalière, dépendante de la pluviométrie, ne représente plus que 19% dans la valeur ajoutée agricole. Ce chiffre était de 30% avant 2008, date de lancement du plan Maroc vert.
-la diversification des secteurs économiques (les nouveaux métiers du Maroc) et des partenaires étrangers du Maroc (en intégrant davantage l’Afrique et le Moyen-Orient) est en marche.
-le modèle de croissance du Maroc est en cours d’ajustement. Ce modèle repose actuellement sur la consommation intérieure et l’immobilier. Il faudrait qu’il soit basé sur l’emploi, grâce à une politique d’industrialisation.
- l’attractivité du Maroc en matière d’investissements directs étrangers est établie, selon M. Boussaid. Les recettes des IDE ont atteint en moyenne 38 milliards de DH par an sur la période 2013-2015, faisant du Maroc le deuxième pays africain le plus attractif aux IDE.Ce chiffre a été de 30 milliards de DH courant la période 2009-2012.
-les réserves de changes ont été de 7 mois en janvier 2016 (229Mds DH). Cet indicateur est le plus haut des six dernières années.
Par ailleurs, Mohamed Boussaid n’a pas manqué de rappeler que 2016 est une année électorale et que des déclarations, de prime abord économiques, pourraient avoir des motivations politiques.
Ci-dessous, feuilletez la présentation de Mohamed Boussaid.
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