img_pub
Rubriques

Attentats de Paris: la traque continue, assaut à Saint-Denis

Cinq jours après les attentats meurtriers de Paris, la traque se poursuit mercredi avec un assaut policier avant l'aube à Saint-Denis, en proche banlieue parisienne, les enquêteurs recherchant toujours au moins un suspect-clé et d'éventuels complices.

Attentats de Paris: la traque continue, assaut à Saint-Denis
Par
Le 18 novembre 2015 à 5h47 | Modifié 18 novembre 2015 à 5h47

Mercredi matin vers 04H30, la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire et les forces policières d'intervention du Raid ont lancé une opération dans cette ville de Seine-Saint-Denis dans le cadre de l'enquête sur les attentats, a-t-on appris de sources proches de l'enquête et du parquet de Paris. Le quartier était bouclé et plusieurs coups de feu ont été entendus par intermittence pendant près d'une heure.

Des policiers ont été blessés lors de l'assaut, sans que l'on sache qui recherchent exactement les enquêteurs à Saint-Denis.

Salah Abdeslam, 26 ans, soupçonné d'avoir été l'un des tireurs qui ont mitraillé vendredi soir les terrasses de cafés et restaurants parisiens, avec son frère Brahim Abdeslam, qui s'est fait exploser, est toujours en fuite et activement recherché, notamment en Belgique, où les attaques ont été organisées selon les autorités.

Les enquêteurs disposent d'une vidéo accréditant l'existence d'un autre assaillant dans leur commando qui circulait à bord d'une Seat noire.

Le kamikaze au passeport syrien

Il pourrait être lui aussi en fuite à moins qu'il s'agisse d'un des deux complices présumés arrêtés samedi dans le quartier bruxellois de Molenbeek, plaque tournante du jihadisme, et inculpés par la justice belge pour "attentat terroriste".

Ces deux hommes, Mohammed Amri, 27 ans, et Hamza Attou, 20 ans, sont aussi soupçonnés d'avoir exfiltré Salah Abdeslam en Belgique après les tueries.

Les trois équipes coordonnées de jihadistes, qui ont fait 129 morts (dont 117 ont été identifiés) et 352 blessés (221 encore hospitalisés dont 57 en réanimation), auraient ainsi été composé de neuf hommes et non de huit, comme on le croyait jusqu'à présent: trois kamikazes aux abords du Stade de France, trois autres dans la salle de spectacles du Bataclan et trois assaillants pour les terrasses de bars et restaurants.

Plusieurs kamikazes ont déjà été identifiés, tous français: Samy Amimour (28 ans), Omar Ismaïl Mostefaï (29 ans), Bilal Hadfi (20 ans) et Brahim Abdeslam (31 ans).

Mostefaï, Amimour et Hadfi se sont rendus en Syrie. C'est probablement le cas aussi des deux frères Abdeslam.

Les policiers sont aussi à la recherche d'informations sur un des kamikazes du Stade de France, dont ils ont diffusé mardi soir la photo dans le cadre d'un appel à témoins. Cet homme est passé par la Grèce cet automne et on a retrouvé près de son cadavre un passeport syrien dont l'identité correspond à celle d'un soldat de Bachar al-Assad tué il y a plusieurs mois.

En Belgique, où le niveau d'alerte a été relevé, un autre frère Abdeslam, Mohamed, a conseillé à Salah "de se rendre".

Le fuyard a côtoyé un jihadiste belge qui vivrait en Syrie, Abdelhamid Abaaoud, possible "inspirateur" du carnage. Ce membre de l'organisation jihadiste Etat islamique (EI), 28 ans, déjà soupçonné d'avoir commandité des attentats projetés en Belgique, est recherché depuis janvier.

Coalition avec Washington et Moscou

Autre jihadiste, français cette fois, qui intéresse les enquêteurs: Fabien Clain, 35 ans, vieux routier toulousain des filières radicales, qui a revendiqué au nom de l'EI dans un enregistrement les attaques parisiennes.

Sur le plan politique, alors que l'ambiance est de moins en moins à l'union nationale malgré un relatif consensus autour de la réponse sécuritaire portée par François Hollande, le gouvernement présente ses premières mesures d'exception contre le terrorisme décidées après le carnage sans précédent.

Le Conseil des ministres doit ainsi examiner mercredi le projet de loi sur la prolongation de l'état d'urgence pour trois mois, qui doit être voté jeudi par l'Assemblée nationale et vendredi par le Sénat. Un état d'urgence jusqu'alors confiné à la métropole, qui sera étendu à l'outre-mer.

Les trois quarts des Français (73%) jugent que François Hollande a été "à la hauteur" des événements après les attentats, selon un sondage Odoxa pour Le Parisien/Aujourd'hui en France.

Pour organiser la riposte militaire, François Hollande rencontrera Barack Obama à Washington le 24 novembre et Vladimir Poutine à Moscou le 26, dans l'espoir d'une coalition unique visant à "détruire" l'EI.

Le président russe, qui s'est déjà entretenu au téléphone mardi avec son homologue français, a ordonné à sa marine de "coopérer" avec la France.

Le président américain Barack Obama a salué mercredi en marge d'un forum économique aux Philippines le rôle de la Russie dans les pourparlers visant à mettre fin à la crise en Syrie. La Russie a été "un partenaire constructif à Vienne en essayant de créer une transition politique" en Syrie, a déclaré M. Obama en référence aux récents pourparlers internationaux en Autriche.

Paris a réclamé mardi l'assistance militaire des pays de l'Union européenne (UE), après une nouvelle nuit de bombardements français à Raqa, fief de l'EI, qui ont repris dans la soirée pour le troisième jour consécutif. L'UE a fait part de son soutien "unanime".

Après leur match de vendredi contre l'Allemagne au Stade de France, en marge duquel trois kamikazes se sont fait sauter en tuant une personne, les Bleus ont retrouvé mardi soir la pelouse, à Wembley, pour rencontrer l'Angleterre. A Londres, les spectateurs anglais ont entonné une émouvante "Marseillaise", chantée à tue-tête dans un stade paré de bleu-blanc-rouge.

En revanche, à une heure du coup d'envoi, un autre match de football amical, entre l'Allemagne et les Pays-Bas, a été annulé à Hanovre en raison d'une menace d'attentat, mais aucun explosif n'a été trouvé.

Des dizaines de personnes continuent de se recueillir chaque jour devant les lieux des attentats, dans une ambiance pesante. Refusant la morosité, Charlie Hebdo, le journal satirique dont la rédaction a été décimée par les attaques jihadistes de janvier, répond à sa manière en une de son numéro de mercredi: "Ils ont les armes, on les emmerde, on a le champagne".

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 18 novembre 2015 à 5h47

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité