Les associations marocaines attirent les jeunes
Mais les femmes sont très peu représentées dans les 116.000 associations du pays, selon une étude sur le paysage associatif.
L'inclusion des jeunes dans le monde associatif apporte un "regard neuf" sur les questions d'aujourd'hui et sur les problèmes de la société dans son ensemble, selon une étude du ministère de l'Intérieur intitulée « le tissu associatif au Maroc".
"Leur (les jeunes) intégration apporte de la dynamique, de nouveaux savoir-faire, mais surtout un regard neuf sur les questions d'aujourd'hui et partant sur les problèmes de la société dans son ensemble", souligne l'étude.
L'intérêt de l'inclusion des jeunes en tant que professionnels, élus ou plus modestement en tant qu'adhérents dans le monde associatif n'est plus à démontrer, estime la même source.
Les 27% de présence des jeunes dans les instances dirigeantes des associations témoignent d'un certain engouement de cette frange pour le champ associatif, comme "endroit idéal pour s'exprimer et s'imposer", précise l'étude.
En ce qui concerne la présence féminine, le document déplore que le champ associatif apparaisse comme un milieu "très peu féminisé" avec 12% seulement des femmes au sein des instances dirigeantes des associations.
Cela pourrait s'expliquer en premier lieu par l'histoire même de ce champ, vu que la majorité des associations actuelles sont les "réminiscences d'anciennes entités dont l'objet même fut réservé aux hommes (chasse, sport, etc), poursuit l'étude.
Cette présence féminine réduite pourrait aussi être due aux poches de résistance au sein mêmes des associations, souligne l'étude, estimant que "les femmes sont le plus souvent confrontées à des plafonds de verre, les excluant de facto des niveaux de direction ou de présidence".
On retrouve le même constat au niveau du champ politique, où la présence des femmes au sein des instances dirigeantes des partis politiques avoisine les 16%, ajoute-t-on.
Le tissu associatif a connu une croissance rapide et une diversification de ses composantes depuis la fin des années 1990 et surtout à partir de l'année 2005, date du lancement de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH).
Le nombre d'associations est passé d'environ 4.000 associations au début des années 1990 à environ 116.836 aujourd'hui, relève l'étude.
Les associations sont inégalement réparties sur le territoire national, note l'étude, précisant qu'en termes d'effectif, les régions de Souss-Massa-Drâa (19.417), Marrakech-Tensift-Al Haouz (12.209) et le Grand Casablanca (12.148) constituent les trois pôles les plus importants en ce qui concerne la concentration des associations.
Conformément aux dispositions de l'article 9 du dahir du 15 novembre 1958, toute association peut être reconnue d'utilité publique par décret, sur demande présentée à cet effet. L'octroi de ce statut est fonction des moyens d'action de l'association candidate. Seules 202 associtions ont ce statut, soit 0,15% du total.
L'intérêt du statut d'utilité publique réside dans l'acquisition par l'association d'une capacité d'action, plus étendue, lui permettant de s'affranchir de certaines contraintes administratives, ajoutée à la latitude de recevoir des libéralités.
(avec MAP).
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