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Inondations. La cartographie des zones à risque au Maroc

Au lendemain des inondations qui ont sinistré la ville de Guelmim, il faut rappeler les différentes crues qu’a connues le Maroc dans son histoire contemporaine. Un rapport officiel du ministère de l’Environnement avait pourtant déjà tiré la sonnette d’alarme en 2008.  

Inondations. La cartographie des zones à risque au Maroc

Le 1 décembre 2014 à 18h11

Modifié 30 août 2022 à 16h22

Au lendemain des inondations qui ont sinistré la ville de Guelmim, il faut rappeler les différentes crues qu’a connues le Maroc dans son histoire contemporaine. Un rapport officiel du ministère de l’Environnement avait pourtant déjà tiré la sonnette d’alarme en 2008.  

En 2008, le ministère de l’Eau et de l’Environnement avait déjà publié une cartographie des risques d’inondations encourus dans certaines régions du Maroc. La ville de Guelmim déclarée zone sinistrée samedi 29 novembre y était répertoriée comme étant une région à risque très élevé d’inondation.

Malgré la dérivation des eaux en crue de l’oued Oum Laachar et la surélévation de ses berges par des digues, la ville a connu les pires inondations depuis 1960 et qui ont fait jusqu’à présent 36 victimes.

Au cours des vingt dernières années, plusieurs inondations sous forme de crues éclairs ou de crues massives provoquées par des phénomènes météorologiques extrêmes ont frappé le Maroc qui a déploré de nombreuse pertes humaines et des dégâts économiques importants.

Parmi les plus importantes inondations répertoriées que le Maroc ait connues, on peut citer la plus meurtrière qui s’était produite en 1995 dans la vallée de l’Ourika près de Marrakech.

On apprend dans le rapport que le bilan des victimes estimé à l’époque à 230 morts était en réalité de 730 morts et que 35.000 personnes ont été affectées de près ou de loin par les intempéries.

Ce phénomène meurtrier cyclique n’est pas le premier qu’ait connu la région car la vallée de l’Ourika avait déjà essuyé des crues en 1964, 1968, 1988.

D’autres inondations en 1997 avaient entraîné des dégâts importants dans les villes d’El Jadida, Mohammedia, Casablanca, Kénitra, Tanger, Tétouan, Beni Mellal et Agadir. Les niveaux de l’eau avaient atteint plus de 60 cm dans plusieurs maisons et quartiers industriels à Kénitra et Casablanca.

Ces régions disparates avaient connu l’effondrement de nombreuses maisons, l’arrêt des activités scolaires, des perturbations de la circulation et des dégâts qui avaient touché 20.000 km de routes restées impraticables durant 45 jours.

 

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Les dégâts les plus spectaculaires ont été enregistrés avec les inondations de 2002 survenues dans les villes de Mohammedia, Berrechid, Settat et Casablanca.

Ces inondations avaient engendré 63 morts, 26 disparus et occasionné de nombreux dégâts matériels comme l’inondation de 6 unités pétrolières et la destruction de centaines d’hectares agricoles.

Les voies d’accès avaient été coupées comme l’autoroute Casablanca -Settat, de ponts avaient été détruits et les aires de stationnement des avions à l’Aéroport Mohammed V étaient devenues impraticables.

Soulignons que les 105 barrages hydrauliques du Maroc d’une capacité de stockage de 10 milliards de m3 ont joué un rôle primordial dans la protection des villes et des plaines contre les inondations.

Le barrage Al Wahda a pu emmagasiner, quelques semaines seulement après sa mise en eau, plus de 2 milliards de m3 suite aux crues de décembre 1996 et sans lui, la plaine du Gharb et la province de Kénitra auraient certainement subi des pertes humaines et des dégâts considérables.

Après les inondations de 2002, 400 sites vulnérables aux inondations en milieu urbain et en milieu rural on été répertoriés à l’échelle nationale dans le cadre de la préparation du Plan National de Lutte contre les catastrophes naturelles.

Des plans d’aménagement adéquats ont été élaborés mais malgré la mobilisation des autorités en charge des risques, l’occurrence des risques d’inondation n’est toujours pas réglée.

En matière d’inondation, il est difficile voire impossible d’empêcher les événements de se produire car les ouvrages de protection collectifs (digues) ne peuvent pas garantir une protection absolue.

Le meilleur moyen de prévention contre les risques d’inondation est d’éviter d’urbaniser les zones exposées. Le rapport attribue d’ailleurs la paternité des dommages à l’urbanisation incontrôlée aussi bien en milieu urbain que dans les petites agglomérations, villages, ou constructions isolées.

La difficulté réside dans le fait que de nombreuses habitations et zones d’activités existent déjà dans ces zones.

La sensibilisation du public, l’éducation et l’information doivent aussi constituer un élément important des stratégies préventives quand on sait que 40% des effets des inondations sur la santé sont directement liés à des erreurs de comportement. Les vidéos de Guelmim publiées par notre rédaction sont en effet édifiantes.

 

L’historique des inondations récentes

 

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