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Les USA réunissent les pays nord-africains sur la situation en Libye

Il a fallu attendre la tenue du sommet afro-américain à Washington pour que les pays d’Afrique du Nord se rencontrent au sujet de la crise libyenne. Jusqu’alors, des rencontres bilatérales, des conciliabules plus ou moins secrets, avaient prévalu.  

Les USA réunissent les pays nord-africains sur la situation en Libye

Le 7 août 2014 à 13h40

Modifié le 7 août 2014 à 13h40

Il a fallu attendre la tenue du sommet afro-américain à Washington pour que les pays d’Afrique du Nord se rencontrent au sujet de la crise libyenne. Jusqu’alors, des rencontres bilatérales, des conciliabules plus ou moins secrets, avaient prévalu.  

Il a donc fallu que les USA prennent l’initiative. Cette réunion ministérielle a eu lieu mercredi 6 août et a réuni le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye et l’Egypte autour de la secrétaire d'Etat adjointe américaine au Proche-Orient, Anne Patterson.

Le communiqué qui a sanctionné la réunion a réaffirmé les évidences que sont l’unité de la Libye, la paix, l’arrêt des combats et la reprise du processus de transition politique. Le plus important est le soutien au processus de transition démocratique et l’expression de "leur profonde inquiétude sur les défis politiques et de sécurité face à la Libye et l'impact de ces défis à travers l'Afrique du Nord et la région du Sahel". Toute intervention extérieure est d’avance condamnée.

Au-delà de cet exercice, la réunion a eu le mérite de placer autour de la même table tous les pays concernés par le problème libyen. Les USA bien sûr parce que ce pays se dit à la pointe en matière de lutte anti-terroriste. Mais dans la région, le Maroc était indispensable, pour plusieurs raisons, dont son expertise dans ce domaine ainsi que sa contribution à la lutte anti terroriste dans le Sahel.

Jusqu’à présent, les têtes-à-têtes étaient privilégiés, l’Algérie ayant essayé d’exclure le Maroc de ce dossier.  Au cours des dernières années, le terrorisme s’est implanté d’une manière structurelle dans les régions sahélienne et nord-africaine. L’Algérie ne peut donc pas prétendre au leadership dans ce domaine, car sa stratégie locale et régionale a échoué.

Un Etat en décomposition qui menace toute la région

La Libye est un pays grand par sa superficie. La guerre civile actuelle est la plus importante menace dans la région depuis des décennies.

Ses frontières sud sont difficilement maîtrisables et les pays concernés, Tchad, Niger et Soudan, ne sont pas les mieux outillés pour apporter leur aide.  

Les trois autres pays qui ont une frontière commune avec la Libye sont l’Egypte, l’Algérie et la Tunisie. Aucun d’entre eux n’accepterait d’avoir une frontière commune avec un futur Etat jihadiste, une sorte de somaliland.

Les informations au sujet d’une possible intervention militaire égyptienne sont contradictoires.  Dans une déclaration récente, Amr Moussa, ancien ministre des AE et ancien secrétaire général de la Ligue arabe l’a estimée souhaitable et probable. Mais des sources égyptiennes l’ont démentie. Une guerre asymétrique n’est jamais une promenade de santé et une intervention militaire directe serait trop coûteuse pour un pays en butte à d’immenses difficultés économiques.

Il en est de même pour ce qui concerne l’Algérie. La doctrine défendue officiellement par ce pays a toujours été la suivante :

-pas d’intervention en dehors des frontières nationales [et les soldats algériens faits prisonniers par les FAR à Amgala?]

-pas de modification de l’équilibre régional.

L’Algérie s’était opposée à des interventions militaires au Mali et avant, en Libye à l’occasion de la campagne lancée par Sarkozy.

De multiples sources de presse, en Algérie et en Tunisie, annoncent la présence de militaires algériens en Tunisie, où ils prennent part à la lutte anti terroriste. Un accord de coopération sécuritaire avait été signé le 27 mai entre les deux pays. Mais ces articles de presse ne citent aucune source, de sorte qu’ils doivent être pris avec prudence. Les mêmes articles annoncent la livraison par l’Algérie de matériel militaire à la Tunisie, ainsi qu’une surveillance commune des frontières. Des maquis terroristes ont été en effet signalés en Tunisie, sur les monts à la lisière de la frontière. Des sources sécuritaires tunisiennes officielles ont à plusieurs reprises annoncé que parmi les terroristes, figurent des algériens.

Peu après son investiture, le maréchal Sissi avait effectué son premier déplacement officiel en Algérie. Rien n’a filtré des échanges qu’il a eus avec son homologue algérien, mais le sujet était, c’est évident, la situation en Libye.

Une intervention de l’Egypte et de l’Algérie en vue d’aider les forces libyennes anti-jihadistes est certaine. Mais elle ne prendra probablement pas la forme d’une action militaire directe. Il s’agira plutôt d’aider les forces loyalistes. Des raids de l’aviation égyptienne ne sont pas à exclure.

La réunion de Washington crée de facto un groupe qui suivra sur le dossier libyen et échangera des informations, coordonnera les actions. Les actions resteront pour le moment discrètes. Le Maroc sera clairement associé à cette coordination internationale, comme il l’a été à toute lutte anti-terroriste dans la région.

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