EXCLUSIF. Tanger-Métropole: Les détails des financements
Sur les 7,6 milliards de DH nécessaires au projet, la communauté urbaine et la gestion déléguée de l’eau, de l’électricité et de l’assainissement apportera 3,3 milliards de DH. Au total, pas moins de 20 partenaires sont mobilisés pour le projet. Détails.
Selon des documents officiels consultés par Médias 24, le projet de Tanger-Métropole d’un coût global supérieur à 7,6 milliards de DH sera à hauteur de plus de 40% (3,3 milliards de DH) financé par la commune urbaine de Tanger et la gestion déléguée d’eau, d’électricité et d’assainissement qui dépend de la mairie de la ville et qui est présidée par son maire, Fouad Omari (PAM).
Très exactement, la commune de Tanger versera 1,3 milliard de DH pour le compte des divers projets retenus dont le déménagement de la gare routière, du marché de gros et de la fourrière municipale, et la gestion déléguée 2 milliards de DH.
Le projet Tanger-Métropole, officiellement présenté au début du mois d’octobre par le wali de Tanger Mohamed Yaacoubi devant le Souverain et les élus, prévoit un très grand nombre de chantiers durant la période 2013-2017.
Pas moins de 20 partenaires financiers sont sollicités dont des ministères, des collectivités locales et des institutions publiques.
La somme globale de 3,3 milliards de DH, sur les 7,6 milliards de DH que doit débourser la mairie de manière directe et indirecte, servira notamment à d’importants travaux d’assainissement des eaux usées, au réaménagement de la corniche de Tanger et au déménagement de 4 services communaux importants.
Ainsi la gare routière qui se trouve aujourd’hui au rond-point de Tétouan (en face de la mosquée syrienne et des concessionnaires Mitsubishi et Hyundai) sera déplacée à 3 km de là entre la zone industrielle Al Majd et la route de Aouama. C’est d’ailleurs dans ce périmètre que la CTM construit actuellement sa nouvelle gare.
Le marché de gros (fruits et légumes) actuellement limitrophe aux quartiers Drissia et Béni Makada sera également déplacé plus au nord. La fourrière municipale subira le même sort.
Les 2ème, 3ème et 4ème contributeurs au programme Tanger-Métropole sont respectivement les ministères de l’Intérieur, de l’Habitat et de l’Economie et des Finances avec 1,2 milliards de DH, 860 millions de DH et 600 millions de DH respectivement.
Les 5ème, 6ème et 7ème contributeurs sont les ministères de l’Equipement et des transports (325 millions de DH) avec le financement partiel de la nouvelle gare routière et le doublement de certaines voies.
La Jeunesse et les Sports (300 millions de DH) doit contribuer à la construction de crèches et surtout de la nouvelle cité des sports. Sur 60 ha, cette cité comprendra une piscine olympique, des terrains de football, des courts de tennis et des terrains de basket, de volley et de handball.
L’Education nationale (250 millions de DH) est sollicitée pour la construction de nouvelles écoles et la rénovation d’anciens établissements.
Les 8ème, 9ème et 10ème contributeurs sont les départements de l’Energie et de l’Eau (156 millions de DH), la Santé (132 millions de DH) qui doit financer la construction de dispensaires et la rénovation du grand hôpital Mohammed V et les Habous (130 millions de DH) appelé également à construire et à rénover 11 mosquées et à en construire 7 nouvelles.
Les 11ème, 12ème et 13ème contributeurs sont la SAPT (70 millions de DH), l’ONCF (60 millions de DH) et les Autoroutes du Maroc (60 millions de DH). La SAPT, l’organisme chargé de construire les nouveaux ports de croisières et de pêche ainsi que la nouvelle marina, doit notamment réaliser de nombreux aménagements en amont et en aval de la zone portuaire. L’ONCF doit préparer la gare TGV et les aménagements extérieurs, agrandir la deuxième gare tangéroise, celle de Moghogha.
ADM pour sa part doit préparer la construction d’une rocade entre la côte atlantique tangéroise et la côte méditerranéenne de la ville et réaliser au moins une nouvelle sortie d’autoroute directement vers les quartiers de Béni Makada et Al Boughaz.
Les ministères de la Culture, du Commerce et de l’Industrie, des es Eaux et Forêts, et ceux qui sont qualifiés par le document de la wilaya de « bénéficiaires », contribueront au total pour plus de 250 millions de DH.
Plusieurs bénéficiaires directs et indirects de ces projets ne sont pas mentionnés parmi les partenaires du projet Tanger-Métropole, tels que le ministère du Tourisme ou TMSA.
Médias 24 a pu apprendre au cours de ces derniers jours que, d’ores et déjà, plusieurs études ont été lancées, notamment celles concernant l’identification des terrains devant accueillir les services communaux à déménager (fourrière, marché de gros, gare routière) et les projets d’aménagement locaux, notamment la corniche maritime.
Du côté d’ADM, les études pour la nouvelle rocade et les nouvelles bretelles d’autoroute sont en cours.
Comme Médias 24 l’a annoncé précédemment, le projet Tanger-Métropole fait l’impasse sur plusieurs points noirs importants de la vie urbaine tangéroise : la problématique du transport public, la décharge publique actuelle qui empeste les quartiers de Moghogha, d’Al Majd et la zone industrielle. La décharge se trouve aujourd’hui entourée de nombreux lotissements en cours d’achèvement.
Enfin, le projet de Centre hospitalier universitaire (CHU) semble être tombé dans l’oubli, tandis que l’historique théâtre Cervantès sort du radar municipal et préfectoral. Or, dans le même temps, on projette de construire un nouveau théâtre et une nouvelle cité des arts et de la culture.
Ce genre de choix démontre qu’il existe une importante marge pour améliorer les allocations de ressources, le but de Tanger-Métropole restant sûrement celui de faire le bonheur des Tangérois, citoyens et opérateurs économiques, et pas seulement celui des « marchands de béton. »
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