Syrie: les divisions Russie-Occident atteignent de nouveaux sommets
Les divisions russo-occidentales sur la Syrie ont atteint lundi de nouveaux sommets autour du dossier des armes chimiques, Moscou ayant mis en garde les Etats-Unis contre des "conséquences extrêmement graves" en cas d'intervention militaire contre le régime de Damas.
L'attaque chimique présumée le 21 août près de la capitale syrienne qui a fait plusieurs centaines de morts a fait monter les tensions d'un cran, les deux camps ayant des interprétations diamétralement opposées du drame.
Si les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont pointé du doigt le régime syrien et n'excluent pas une opération militaire, Moscou estime que ce sont des rebelles qui ont utilisé des armes chimiques pour discréditer le gouvernement.
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s'est entretenu dimanche soir au téléphone avec son homologue américain John Kerry pour "attirer son attention sur les conséquences extrêmement graves d'une possible intervention militaire pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord où des pays comme l'Irak ou la Libye sont toujours déstabilisés".
La Russie s'est fermement opposée en 2003 à l'intervention en Irak où les Etats-Unis et la Grande-Bretagne avaient mené l'invasion militaire qui a permis de renverser le dictateur Saddam Hussein. Les accusations sur les armes irakiennes de destruction massive, brandies pour justifier l'intervention, ont été depuis battues en brèche.
En 2011, la Russie avait autorisé les puissances occidentales à instaurer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, en s'abstenant d'opposer son veto à une résolution en ce sens présentée à l'ONU. Mais Moscou avait exprimé sa colère quand la même résolution avait été utilisée pour justifier le bombardement de positions militaires du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, un allié de la Russie depuis l'époque soviétique.
L'histoire se répète
"L'histoire se répète, les pays occidentaux se comportent de manière très similaires", a indiqué à l'AFP l'analyste Alexandre Filonik, de l'Institut des pays orientaux.
Le chef de la diplomatie britannique William Hague a estimé lundi qu'il était "possible" de répondre à l'usage d'armes chimiques en Syrie "sans unité complète au Conseil de sécurité de l'ONU" où la Russie n'a soutenu aucune des résolutions occidentales sur la Syrie.
"S'ils ont recours à la force sans autorisation du Conseil de sécurité de l'ONU, cela entraînerait des conséquences très graves dans les relations russo-américaines", a poursuivi M. Filonik.
"Cela saperait les bases du fonctionnement de la communauté internationale (...) et pourrait compliquer tous les aspects des relations russo-occidentales y compris les accords de non-prolifération", a-t-il précisé.
Fait rarissime, M. Lavrov a convoqué en urgence une conférence de presse à Moscou lundi à 12H00 GMT face à l'évolution de la situation autour de la Syrie.
L'ONU a envoyé ses experts qui ont commencé à enquêter lundi sur les lieux de l'attaque meurtrière, mais ils ont été visés par des tireurs embusqués, selon l'ONU. L'opposition syrienne affirme, malgré les nombreux démentis de Damas, que le régime a utilisé des armes chimiques pour tuer des centaines de civils.
"La Russie appelle à s'abstenir de faire pression sur Damas, ne pas céder aux provocations et tenter de créer des conditions normales pour que la mission de l'ONU puisse mener une enquête minutieuse et impartiale sur place", avait indiqué la diplomatie russe.
Sur fond de polémique, le quotidien pro-Kremlin a publié une interview fleuve du président syrien Bachar al-Assad qui ridiculise la version occidentale des faits et prévient les Etats-Unis que leurs projets militaires sont voués à l'"échec".
"Les déclarations faites par des hommes politiques aux Etats-Unis et en Occident sont une insulte au bon sens", a déclaré le président syrien en accusant les Occidentaux de lancer des accusations "avant de recueillir des preuves".
Alexeï Pouchkov, chef de la commission des Affaires étrangères de la Douma (chambre basse du Parlement) a pour sa part affirmé lundi que l'attaque chimique présumée avait été perpétrée par les rebelles, mais que l'Occident rejettera quoi qu'il arrive cette version.
"Londres et Washington (...) ont besoin d'un verdict de culpabilité (d'Assad). Tout autre verdict sera rejeté", a-t-il écrit sur som compte Twitter.
(Par AFP)
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