Le Maroc encourage les importations de blé à partir des pays de la mer Noire
La subvention mensuelle à l’importation est désormais accordée si les cargaisons sont chargées avant la fin du mois de mars. Cet amendement, apporté par l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses sur la prime forfaitaire au blé tendre panifiable importé, est censé favoriser les exportations en provenance de la mer Noire.
Dominé par l’Union européenne et la France en particulier, le marché de l’importation de blé au Maroc est concerné par une modification majeure, favorisant les importations en provenance des pays de la mer Noire, dont la Russie et l’Ukraine.
En effet, d’après la circulaire n° 154, publiée le mercredi 8 mars par l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL), la prime forfaitaire calculée pour un mois donné est appliquée aux importations dont le chargement, à partir du port de provenance, a eu lieu entre le 1er et le dernier jour du même mois.
Auparavant, les navires devaient arriver au Maroc avant la fin du mois. "Toutefois, les arrivages effectués à partir du mois de mars 2023, et dont le chargement a eu lieu avant cette date, bénéficient de la prime forfaitaire du mois de mars 2023", précise l’ONICL.
Favoriser les importations en provenance de la mer Noire
"Cet amendement a été apporté aux conditions de la subvention afin d’encourager les importations en provenance de la région de la mer Noire, qui comprend la Russie et l'Ukraine", a déclaré à l’agence Reuters une source au sein de l’ONICL. "L’amendement aura l’avantage d’accroître la concurrence sur un marché marocain des importations dominé par le blé de France et d’autres fournisseurs de l’Union européenne."
Pour leur part, les négociants français ont assuré à Reuters que "ce changement ne devrait pas avoir un impact immédiat et important, car l’ONICL a maintenu séparément un taux de subvention inférieur pour le blé russe et ukrainien par rapport aux importations d’autres origines, comme les approvisionnements de l’UE".
"Les nouvelles concernant la date de chargement suscitent un sentiment mitigé", a déclaré un négociant français à Reuters. "Mais l’UE reste en pole position sur le marché marocain. Les négociants ont signalé d’importantes ventes de blé français et nord-européen au cours de la semaine dernière, en vue d’une expédition au Maroc ce mois-ci.
Cependant, des pays comme la Roumanie, membre de l’UE depuis janvier 2007 et qui représente le 3e plus gros producteur de céréales, bénéficieront à court terme de l’amendement, en attendant que les expéditions en provenance de Russie et d’Ukraine deviennent plus fréquentes à l’avenir, si les perturbations dues à la guerre entre les deux pays s’atténuent.
L'attention se tourne désormais vers la récolte relative à la campagne agricole 2022-2023. Environ 4 millions d’hectares de céréales ont été annoncés par le ministère de l’Agriculture. Les premiers chiffres et prévisions, qui sont attendus vers les mois de mai-juin, définiront les besoins d’importations.
Pour l’heure, l’Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses prend de l’avance. Il a lancé, le mercredi 1er mars, un appel à manifestation d’intérêt pour arrêter la liste des participants aux appels d’offres pour l’approvisionnement du pays en céréales, légumineuses et produits dérivés, organisés durant la campagne 2023-2024 (du 1er juin 2023 au 31 mars 2024).
La production locale sous pression
Par ailleurs, la faible production nationale de blé tendre et de blé dur, au titre de la récolte 2021-2022, a pour conséquence un problème d’approvisionnement normal des marchés de proximité (souks et rahba) en blé tendre et blé dur de production locale.
Pour garantir cet approvisionnement, "il a été convenu avec l’Association des fabricants d’aliments composés de l’abstention des unités de fabrication d’aliments composés d’acheter le blé tendre et le blé dur de production locale durant la période allant du mois de mars au mois de mai 2023", indique l’ONICL dans un communiqué.
Et d’ajouter : "Il a également été convenu d’arrêter les conditions d’achat par les unités de fabrication des aliments composés des blés dans le cadre d’une circulaire en cours de publication par l’ONICL."
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