Voici comment OCP a pu maintenir ses performances en pleine crise

Malgré le confinement généralisé des principaux pays-clients du groupe, les perturbations des chaînes logistiques et la baisse des prix, le groupe a pu maintenir au premier semestre les mêmes niveaux de revenus et de rentabilité que ceux de l’année dernière. Par quel miracle ? Voici les explications du management du groupe.

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Voici comment OCP a pu maintenir ses performances en pleine crise

Le 29 septembre 2020 à 19:22

Modifié le 30 septembre 2020 à 09:42

La crise du Covid qui a mis à terre plusieurs grandes entreprises exportatrices dans le monde n’a pas affecté le groupe OCP. C’est le constat qui se dégage de la lecture des comptes financiers arrêtés au 30 juin.

Le chiffre d’affaires du groupe est resté stable à 27,4 milliards de dirhams. Et son principal indicateur de rentabilité, l’Ebitda, s’est fixé à 8,5 milliards, soit le même niveau à fin juin 2019, avec une marge restée également stable à 31%.

Ces résultats ont été réalisés pourtant dans un contexte très particulier : une pandémie qui a fortement perturbé les chaînes logistiques et affecté les prix de toutes les matières premières à la baisse.

Comment OCP a pu s’en sortir sachant que le Maroc était également confiné durant trois mois et que les activités industrielles tournaient au ralenti ?

Pour le management du groupe, cette résilience s’explique par plusieurs aspects.

A commencer par la flexibilité industrielle, qui a permis au groupe d’augmenter sensiblement sa production dans le segment où la demande a été la plus forte : les engrais.

L’Inde : un cas d’école de la flexibilité industrielle d’OCP

« Tout le monde s’attendait à ce que la demande allait être affectée à cause des perturbations des chaînes logistiques et des difficultés d’acheminer le produit vers le fermier. L’avantage qu’on a dans ce secteur, c’est que les gouvernements se sont mobilisés un peu partout dans le monde pour maintenir cette chaîne ».

Le cas de l’Inde illustre bien cette donne et comment OCP a switché son outil industriel pour répondre à la demande de ce pays, gros consommateur d’engrais.

« Le marché indien est essentiellement un marché d’acide pour nous. Nous leur vendons habituellement le produit semi-fini qu’ils transforment chez eux en engrais. Mais avec l’arrêt de la production dans les usines indiennes, nous avons pu switcher automatiquement vers les engrais pour répondre à leur demande en produits finis. Notre flexibilité était donc là. On a eu une baisse sur les exportations d’acide sur ce marché, mais ça été largement compensé par les ventes d’engrais », explique le management d’OCP.

« C’est ce qui explique notre production record d’engrais, qui augmenté de pratiquement 1,5 million de tonnes par rapport à l’année dernière. On se dit avec du recul qu’heureusement qu’on a misé sur cette stratégie de flexibilité qui nous permet aujourd’hui de maintenir notre chiffre d’affaires intact dans une année de pandémie et dans un contexte de baisse des prix ».

Forte croissance des ventes au Brésil et en Afrique

La baisse de 22% des prix des engrais a été donc compensée par un effet volume. Sur le marché indien, mais aussi au Brésil et en Afrique.

Autre gros consommateur d’engrais, le Brésil a connu cette année une saison agricole assez exceptionnelle avec des exportations record de Soja. La demande en engrais était donc là. Et OCP a pu profiter de cette hausse de la demande, en augmentant sa production et en profitant au passage du retrait des Chinois.

Frappée de plein fouet par la pandémie, la Chine, un des gros concurrents d’OCP sur le marché indien et d’Amérique latine, a réduit sa production et ses exportations à cause de l’arrêt des principales unités de production dans le pays.

« La Chine a été obligée de réduire sa production, puisque les principales usines d’acide et d’engrais sont situées dans la région qui a vu naître le Covid. Nous avons donc profité de leur retrait du marché. Mais cet effet reste relatif, puisque la hausse de la demande en Inde et en Amérique latine a été le principal moteur de la croissance des ventes d’OCP».

L’Afrique n’est pas en reste : grâce à sa stratégie continentale enclenchée il y a quelques années, le groupe n’a pas seulement pu maintenir ses ventes, mais il les a fait croître à deux chiffres durant ce premier semestre.

Au Nigéria par exemple, les exportations d’OCP ont pratiquement doublé, nous confie le management du groupe. Autre gros marché africain : l’Ethiopie, où les ventes d’OCP ont crû de 15 à 20%. « Des croissances très élevées par rapport à ce qu’on voit sur d’autres marchés », commente le management du groupe.

En gros, malgré la baisse des prix et le contexte de crise, « nous avons pu consolider notre positionnement sur des marchés matures comme l’Europe, et croitre significativement sur l’Amérique latine, l’Inde et l’Afrique », résume le management d’OCP.

Malgré le confinement, OCP a continué de tourner

Mais cette agilité industrielle déployée pour s’adapter au marché et à la demande, n’aurait pu être possible sans une adaptation de l’organisation en interne. Car le Maroc a été aussi confiné durant le deuxième trimestre, avec des restrictions pour les déplacements et le travail, qui ont empêché plusieurs filières industrielles de fonctionner de manière naturelle.

Le management du groupe OCP nous raconte que la structure du groupe a pu parfaitement s’adapter à ce nouveau contexte d’urgence sanitaire, avec la mise en place dès le début de la pandémie d’un « Business Resilience comitee » (BRC). Une instance qui pilotait le groupe à distance et qui assurait la continuité de l’activité aussi bien sur les sites de production que dans les activités commerciales et support.

« On a travaillé tous à partir de chez nous. A part dans les sites miniers et industriels où on n’a laissé que les forces nécessaires à la production. On a tourné dans les sites avec des effectifs réduits. Et une organisation exceptionnelle. Les équipes de vente ont bien travaillé à partir de chez elles. Et les équipes de production ont fait des miracles. Et tout cela dans le respect absolu des mesures sanitaires et des mesures d’urgence et sans le moindre risque pour nos collaborateurs », raconte le management du groupe, qui fait le parallèle avec la Chine où les usines ont été pratiquement toutes mises à l’arrêt.

« La réduction des volumes chinois a été causée par le confinement. Or, le Maroc a été aussi confiné, ce qui met en relief notre capacité, en dépit de toutes les mesures de confinement, à nous organiser pour maintenir notre production, sans aucun risque pour nos salariés ».

Cette vie sous confinement a poussé d’ailleurs le groupe, comme nous le confie son management, à lancer un grand chantier de transformation organisationnelle. « Un chantier pour l’avenir qui est en cours de préparation », nous confie le management, sans nous en dire plus.

Signature d’un gros marché qui sécurisera le 4e trimestre

S’agissant des perspectives pour le deuxième semestre, le management se dit optimiste. « On a déjà fait un bon troisième trimestre, avec des ventes record et une amélioration continue sur les prix », assure le management d’OCP.

Le groupe a pu même sécuriser son 4e trimestre, qui d’habitude « est le plus faible de l’année » en termes de ventes.

« Nous avons gagné un très gros marché qui va sécuriser nos revenus sur le 4ème trimestre. On attend que les termes du contrat soient définitifs pour communiquer dessus. Le contrat sera bouclé dans quelques jours… », confie le management du groupe.

« Et grâce au travail de nos commerciaux, on a conclu un bon accord avec l’Inde sur l’acide puisque leurs usines de transformation vont reprendre », ajoute-t-on.

Avec un premier semestre où le groupe a pu stabiliser ses revenus et sa rentabilité, un « bon troisième trimestre », et un « quatrième trimestre qui s’annonce également bon », le groupe s’attend selon son management à des résultats annuels « bien meilleurs que ceux de 2019 ».

« A moins d’une catastrophe, la situation sera très confortable sur le reste de l’année », assure ainsi le management du groupe.

Voici comment OCP a pu maintenir ses performances en pleine crise

Le 29 septembre 2020 à19:22

Modifié le 30 septembre 2020 à 09:42

Malgré le confinement généralisé des principaux pays-clients du groupe, les perturbations des chaînes logistiques et la baisse des prix, le groupe a pu maintenir au premier semestre les mêmes niveaux de revenus et de rentabilité que ceux de l’année dernière. Par quel miracle ? Voici les explications du management du groupe.

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La crise du Covid qui a mis à terre plusieurs grandes entreprises exportatrices dans le monde n’a pas affecté le groupe OCP. C’est le constat qui se dégage de la lecture des comptes financiers arrêtés au 30 juin.

Le chiffre d’affaires du groupe est resté stable à 27,4 milliards de dirhams. Et son principal indicateur de rentabilité, l’Ebitda, s’est fixé à 8,5 milliards, soit le même niveau à fin juin 2019, avec une marge restée également stable à 31%.

Ces résultats ont été réalisés pourtant dans un contexte très particulier : une pandémie qui a fortement perturbé les chaînes logistiques et affecté les prix de toutes les matières premières à la baisse.

Comment OCP a pu s’en sortir sachant que le Maroc était également confiné durant trois mois et que les activités industrielles tournaient au ralenti ?

Pour le management du groupe, cette résilience s’explique par plusieurs aspects.

A commencer par la flexibilité industrielle, qui a permis au groupe d’augmenter sensiblement sa production dans le segment où la demande a été la plus forte : les engrais.

L’Inde : un cas d’école de la flexibilité industrielle d’OCP

« Tout le monde s’attendait à ce que la demande allait être affectée à cause des perturbations des chaînes logistiques et des difficultés d’acheminer le produit vers le fermier. L’avantage qu’on a dans ce secteur, c’est que les gouvernements se sont mobilisés un peu partout dans le monde pour maintenir cette chaîne ».

Le cas de l’Inde illustre bien cette donne et comment OCP a switché son outil industriel pour répondre à la demande de ce pays, gros consommateur d’engrais.

« Le marché indien est essentiellement un marché d’acide pour nous. Nous leur vendons habituellement le produit semi-fini qu’ils transforment chez eux en engrais. Mais avec l’arrêt de la production dans les usines indiennes, nous avons pu switcher automatiquement vers les engrais pour répondre à leur demande en produits finis. Notre flexibilité était donc là. On a eu une baisse sur les exportations d’acide sur ce marché, mais ça été largement compensé par les ventes d’engrais », explique le management d’OCP.

« C’est ce qui explique notre production record d’engrais, qui augmenté de pratiquement 1,5 million de tonnes par rapport à l’année dernière. On se dit avec du recul qu’heureusement qu’on a misé sur cette stratégie de flexibilité qui nous permet aujourd’hui de maintenir notre chiffre d’affaires intact dans une année de pandémie et dans un contexte de baisse des prix ».

Forte croissance des ventes au Brésil et en Afrique

La baisse de 22% des prix des engrais a été donc compensée par un effet volume. Sur le marché indien, mais aussi au Brésil et en Afrique.

Autre gros consommateur d’engrais, le Brésil a connu cette année une saison agricole assez exceptionnelle avec des exportations record de Soja. La demande en engrais était donc là. Et OCP a pu profiter de cette hausse de la demande, en augmentant sa production et en profitant au passage du retrait des Chinois.

Frappée de plein fouet par la pandémie, la Chine, un des gros concurrents d’OCP sur le marché indien et d’Amérique latine, a réduit sa production et ses exportations à cause de l’arrêt des principales unités de production dans le pays.

« La Chine a été obligée de réduire sa production, puisque les principales usines d’acide et d’engrais sont situées dans la région qui a vu naître le Covid. Nous avons donc profité de leur retrait du marché. Mais cet effet reste relatif, puisque la hausse de la demande en Inde et en Amérique latine a été le principal moteur de la croissance des ventes d’OCP».

L’Afrique n’est pas en reste : grâce à sa stratégie continentale enclenchée il y a quelques années, le groupe n’a pas seulement pu maintenir ses ventes, mais il les a fait croître à deux chiffres durant ce premier semestre.

Au Nigéria par exemple, les exportations d’OCP ont pratiquement doublé, nous confie le management du groupe. Autre gros marché africain : l’Ethiopie, où les ventes d’OCP ont crû de 15 à 20%. « Des croissances très élevées par rapport à ce qu’on voit sur d’autres marchés », commente le management du groupe.

En gros, malgré la baisse des prix et le contexte de crise, « nous avons pu consolider notre positionnement sur des marchés matures comme l’Europe, et croitre significativement sur l’Amérique latine, l’Inde et l’Afrique », résume le management d’OCP.

Malgré le confinement, OCP a continué de tourner

Mais cette agilité industrielle déployée pour s’adapter au marché et à la demande, n’aurait pu être possible sans une adaptation de l’organisation en interne. Car le Maroc a été aussi confiné durant le deuxième trimestre, avec des restrictions pour les déplacements et le travail, qui ont empêché plusieurs filières industrielles de fonctionner de manière naturelle.

Le management du groupe OCP nous raconte que la structure du groupe a pu parfaitement s’adapter à ce nouveau contexte d’urgence sanitaire, avec la mise en place dès le début de la pandémie d’un « Business Resilience comitee » (BRC). Une instance qui pilotait le groupe à distance et qui assurait la continuité de l’activité aussi bien sur les sites de production que dans les activités commerciales et support.

« On a travaillé tous à partir de chez nous. A part dans les sites miniers et industriels où on n’a laissé que les forces nécessaires à la production. On a tourné dans les sites avec des effectifs réduits. Et une organisation exceptionnelle. Les équipes de vente ont bien travaillé à partir de chez elles. Et les équipes de production ont fait des miracles. Et tout cela dans le respect absolu des mesures sanitaires et des mesures d’urgence et sans le moindre risque pour nos collaborateurs », raconte le management du groupe, qui fait le parallèle avec la Chine où les usines ont été pratiquement toutes mises à l’arrêt.

« La réduction des volumes chinois a été causée par le confinement. Or, le Maroc a été aussi confiné, ce qui met en relief notre capacité, en dépit de toutes les mesures de confinement, à nous organiser pour maintenir notre production, sans aucun risque pour nos salariés ».

Cette vie sous confinement a poussé d’ailleurs le groupe, comme nous le confie son management, à lancer un grand chantier de transformation organisationnelle. « Un chantier pour l’avenir qui est en cours de préparation », nous confie le management, sans nous en dire plus.

Signature d’un gros marché qui sécurisera le 4e trimestre

S’agissant des perspectives pour le deuxième semestre, le management se dit optimiste. « On a déjà fait un bon troisième trimestre, avec des ventes record et une amélioration continue sur les prix », assure le management d’OCP.

Le groupe a pu même sécuriser son 4e trimestre, qui d’habitude « est le plus faible de l’année » en termes de ventes.

« Nous avons gagné un très gros marché qui va sécuriser nos revenus sur le 4ème trimestre. On attend que les termes du contrat soient définitifs pour communiquer dessus. Le contrat sera bouclé dans quelques jours… », confie le management du groupe.

« Et grâce au travail de nos commerciaux, on a conclu un bon accord avec l’Inde sur l’acide puisque leurs usines de transformation vont reprendre », ajoute-t-on.

Avec un premier semestre où le groupe a pu stabiliser ses revenus et sa rentabilité, un « bon troisième trimestre », et un « quatrième trimestre qui s’annonce également bon », le groupe s’attend selon son management à des résultats annuels « bien meilleurs que ceux de 2019 ».

« A moins d’une catastrophe, la situation sera très confortable sur le reste de l’année », assure ainsi le management du groupe.

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