Témoignages: Les étudiants marocains à l'étranger anxieux de ne pouvoir rentrer

Loin de leurs proches, face à la solitude et aux contraintes financières parfois difficiles, les étudiants marocains à l’étranger vivent entre anxiété et résignation, parfois abattement et colère, à l'idée de ne pas pouvoir rentrer au Maroc cet été.

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Témoignages: Les étudiants marocains à l'étranger anxieux de ne pouvoir rentrer

Le 22 avril 2020 à 18:33

Modifié le 24 avril 2020 à 18:20

Médias24 a collecté quelques témoignages, à travers lesquels on ressent de la solitude et de l’angoisse mais aussi et surtout de la ténacité et de la sagesse.

"Dans le fond, tout le monde veut rentrer, tout le monde veut être auprès des siens, c’est indéniable. Cependant je pense que pour gérer au mieux cette crise, il faut que nous soyons tous responsables et que nous agissions de manière intelligente", déclare Ghita. B, étudiante en France qui, malgré la difficulté de la situation, essaye de garder le moral.

"Je suis quelqu’un d’anxieux, de stressé et je prends même des médicaments pour me calmer hors épidémie, donc ce qui se passe maintenant m’affecte beaucoup, c’est certain. Mais je suis convaincue que c’est pour le bien de tous", ajoute notre interlocutrice.

En effet, les étudiants sont conscients que, malgré la difficulté de leur situation, d’autres Marocains sont prioritaires, car sans aucune ressource financière, sans toit ni proches, certains sont bloqués dans des pays étrangers et attendent d’être rapatriés.

Cependant, Yasmine. L, déçue des fausses promesses des autorités, relayées par certains médias, qui ont promis le rapatriement des étudiants parmi les personnes prioritaires, a désormais perdu espoir de revenir au Maroc dans les prochains mois.

Elle attend pourtant depuis le 15 mars, lorsque son vol vers le Maroc a été annulé. Or, depuis le prolongement du confinement en France elle s’est résignée à passer son été dans sa ville d’accueil.  

Par ailleurs, la suspension et/ou la fin des études a engendré un réel vide pour les étudiants. Malgré le confinement, les journées étaient remplies grâce aux cours en ligne, aux révisions et préparations aux examens.

Désormais, il faut remplir son temps autrement. C’est la méthode adoptée par Ghita. B pour mieux gérer son temps : "Si j’ai un conseil à donner à mes amis ou à toute personne qui est dans la même situation, c’est d’instaurer une routine avec des objectifs, ça permet de se fatiguer et d’occuper son esprit de manière à ne plus avoir le temps de penser à son sort ".  

C’est ce que Maroua O. et son frère El Mehdi essayent de faire à Lyon. Suite au décès de leur grand-mère à cause du coronavirus, en plus de leur tante actuellement contaminée, ils s'occupent comme ils peuvent en attendant leur retour auprès des leurs. Ils espèrent d’ailleurs que cela aura lieu "le plus tôt possible", ou au moins "avant la prochaine rentrée universitaire".

Pour Maroua « psychologiquement rien ne va. J'enchaîne des insomnies, des crises de boulimie et même des crises de panique. Tout est noir dans mes yeux. J'essaie de faire des activités pour changer mon humeur (apprendre une nouvelle langue, appels vidéos à mes proches et amis, sport à la maison, etc.) mais plus le confinement est prolongé, plus je sombre dans ma dépression".

Heureusement, El Mehdi et sa sœur arrivent à gérer la situation sur le plan financier, notamment grâce au salaire d’alternance de Maroua qui a été maintenu. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

Une situation difficile pour les parents aussi

En effet, F.N. habite à Montpellier depuis 4 ans. A cause de la pandémie, elle a non seulement été obligée d’arrêter les études mais a également perdu son travail. Ce qui la plonge dans une situation financière difficile, qui la contraint à ne plus songer à un éventuel retour au Maroc :

"Même si j’arrive à trouver un nouveau travail, il va falloir que j’utilise mon salaire pour payer les 3 mois de loyers accumulés entre mars et mai. Donc, dépenser 500 à 600 euros pour un billet serait inconcevable. D’autant plus que, les billets sont déjà chers en temps normal durant le mois de juillet, je n’ose pas imaginer les prix que fixeront les compagnies aériennes, après cette pandémie".

Le volet financier est tant bien que mal géré par les jeunes étudiants qui économisent du mieux qu’ils peuvent les sommes envoyées par leurs parents. Cependant, certains pères de famille sont eux aussi affectés par la pandémie, et cela se répercute sur les comptes bancaires de leurs enfants. C’est le cas de Yasmine. L, dont le père ne reçoit plus que le tiers de son salaire.

"Mon père est au chômage partiel à cause du coronavirus. C’est très tendu, je ne reçois pas de virement et aujourd’hui, j’ai moins de 7 euros sur mon compte avec lesquels je dois tenir jusqu’à la fin du mois. La situation est vraiment critique".

En plus de soutenir leurs enfants sur le plan financier, les parents se chargent également de leur remonter le moral, même s’ils sont eux-mêmes angoissés.

C’est ce que nous confie le père d’une jeune fille de 18 ans: "C’est sa première année à l’étranger, donc c’est un peu délicat. Elle était habituée au cocon familial, avec de l’espace et un certain nombre de facilités de la vie. Le fait de se retrouver, durant sa première année dans une angoisse pareille, avec une incertitude du comment et du quand il serait possible de revenir auprès de sa famille, est assez pesant. Heureusement qu’il y a les moyens de visio-communication pour apaiser la situation. D’ailleurs, le nombre d’appels peut atteindre 6 à 10 par jour et on essaye de cacher nos angoisses et de banaliser la situation afin de lui donner du courage".

Témoignages: Les étudiants marocains à l'étranger anxieux de ne pouvoir rentrer

Le 22 avril 2020 à18:34

Modifié le 24 avril 2020 à 18:20

Loin de leurs proches, face à la solitude et aux contraintes financières parfois difficiles, les étudiants marocains à l’étranger vivent entre anxiété et résignation, parfois abattement et colère, à l'idée de ne pas pouvoir rentrer au Maroc cet été.

Médias24 a collecté quelques témoignages, à travers lesquels on ressent de la solitude et de l’angoisse mais aussi et surtout de la ténacité et de la sagesse.

"Dans le fond, tout le monde veut rentrer, tout le monde veut être auprès des siens, c’est indéniable. Cependant je pense que pour gérer au mieux cette crise, il faut que nous soyons tous responsables et que nous agissions de manière intelligente", déclare Ghita. B, étudiante en France qui, malgré la difficulté de la situation, essaye de garder le moral.

"Je suis quelqu’un d’anxieux, de stressé et je prends même des médicaments pour me calmer hors épidémie, donc ce qui se passe maintenant m’affecte beaucoup, c’est certain. Mais je suis convaincue que c’est pour le bien de tous", ajoute notre interlocutrice.

En effet, les étudiants sont conscients que, malgré la difficulté de leur situation, d’autres Marocains sont prioritaires, car sans aucune ressource financière, sans toit ni proches, certains sont bloqués dans des pays étrangers et attendent d’être rapatriés.

Cependant, Yasmine. L, déçue des fausses promesses des autorités, relayées par certains médias, qui ont promis le rapatriement des étudiants parmi les personnes prioritaires, a désormais perdu espoir de revenir au Maroc dans les prochains mois.

Elle attend pourtant depuis le 15 mars, lorsque son vol vers le Maroc a été annulé. Or, depuis le prolongement du confinement en France elle s’est résignée à passer son été dans sa ville d’accueil.  

Par ailleurs, la suspension et/ou la fin des études a engendré un réel vide pour les étudiants. Malgré le confinement, les journées étaient remplies grâce aux cours en ligne, aux révisions et préparations aux examens.

Désormais, il faut remplir son temps autrement. C’est la méthode adoptée par Ghita. B pour mieux gérer son temps : "Si j’ai un conseil à donner à mes amis ou à toute personne qui est dans la même situation, c’est d’instaurer une routine avec des objectifs, ça permet de se fatiguer et d’occuper son esprit de manière à ne plus avoir le temps de penser à son sort ".  

C’est ce que Maroua O. et son frère El Mehdi essayent de faire à Lyon. Suite au décès de leur grand-mère à cause du coronavirus, en plus de leur tante actuellement contaminée, ils s'occupent comme ils peuvent en attendant leur retour auprès des leurs. Ils espèrent d’ailleurs que cela aura lieu "le plus tôt possible", ou au moins "avant la prochaine rentrée universitaire".

Pour Maroua « psychologiquement rien ne va. J'enchaîne des insomnies, des crises de boulimie et même des crises de panique. Tout est noir dans mes yeux. J'essaie de faire des activités pour changer mon humeur (apprendre une nouvelle langue, appels vidéos à mes proches et amis, sport à la maison, etc.) mais plus le confinement est prolongé, plus je sombre dans ma dépression".

Heureusement, El Mehdi et sa sœur arrivent à gérer la situation sur le plan financier, notamment grâce au salaire d’alternance de Maroua qui a été maintenu. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

Une situation difficile pour les parents aussi

En effet, F.N. habite à Montpellier depuis 4 ans. A cause de la pandémie, elle a non seulement été obligée d’arrêter les études mais a également perdu son travail. Ce qui la plonge dans une situation financière difficile, qui la contraint à ne plus songer à un éventuel retour au Maroc :

"Même si j’arrive à trouver un nouveau travail, il va falloir que j’utilise mon salaire pour payer les 3 mois de loyers accumulés entre mars et mai. Donc, dépenser 500 à 600 euros pour un billet serait inconcevable. D’autant plus que, les billets sont déjà chers en temps normal durant le mois de juillet, je n’ose pas imaginer les prix que fixeront les compagnies aériennes, après cette pandémie".

Le volet financier est tant bien que mal géré par les jeunes étudiants qui économisent du mieux qu’ils peuvent les sommes envoyées par leurs parents. Cependant, certains pères de famille sont eux aussi affectés par la pandémie, et cela se répercute sur les comptes bancaires de leurs enfants. C’est le cas de Yasmine. L, dont le père ne reçoit plus que le tiers de son salaire.

"Mon père est au chômage partiel à cause du coronavirus. C’est très tendu, je ne reçois pas de virement et aujourd’hui, j’ai moins de 7 euros sur mon compte avec lesquels je dois tenir jusqu’à la fin du mois. La situation est vraiment critique".

En plus de soutenir leurs enfants sur le plan financier, les parents se chargent également de leur remonter le moral, même s’ils sont eux-mêmes angoissés.

C’est ce que nous confie le père d’une jeune fille de 18 ans: "C’est sa première année à l’étranger, donc c’est un peu délicat. Elle était habituée au cocon familial, avec de l’espace et un certain nombre de facilités de la vie. Le fait de se retrouver, durant sa première année dans une angoisse pareille, avec une incertitude du comment et du quand il serait possible de revenir auprès de sa famille, est assez pesant. Heureusement qu’il y a les moyens de visio-communication pour apaiser la situation. D’ailleurs, le nombre d’appels peut atteindre 6 à 10 par jour et on essaye de cacher nos angoisses et de banaliser la situation afin de lui donner du courage".

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