Stress hydrique : les projets de l'ONEE pour anticiper le déficit en eau potable

Plusieurs dizaines de projets de plus ou moins grande envergure sont actuellement en cours de réalisation pour pallier les effets du stress hydrique et anticiper les déficits en eau potable, notamment dans les régions du Sud.

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Stress hydrique : les projets de l'ONEE pour anticiper le déficit en eau potable

Le 22 avril 2020 à 16:28

Modifié le 22 avril 2020 à 17:14

Les instances onusiennes et think tank spécialisés dans les questions environnementales s’accordent depuis longtemps à le dire : le Maroc est l’un des pays les plus touchés par le stress hydrique. En mars 2019, un rapport de l’ONU indiquait que le royaume figurait parmi les 31 pays confrontés à un stress hydrique compris entre 25% (soit le seuil minimal de stress hydrique) et 70%, quand ce dernier ne se situe qu’à hauteur de 11% au niveau mondial.

De plus, les ressources marocaines en eau étaient évaluées en 2018 à 650 m³/habitant/an. Elles vont descendre en deçà de 500 m³ à l’horizon 2030.

Or le stress hydrique menace la disponibilité des ressources en eau, notamment pour la consommation humaine. Dans une logique d’anticipation, l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) travaille actuellement sur plusieurs dizaines de projets répartis dans tout le Maroc. Dernier en date : le renforcement de l’alimentation en eau potable dans la ville de Ouarzazate, à partir du barrage Sultan Moulay Ali Cherif. Cet important projet, dont le coût s’élève à 220 millions de DH, est opérationnel depuis le 27 mars.

"L’enjeu, c’est d’anticiper les déficits en eau potable et de trouver des solutions pour que ces projets soient mis en œuvre avant que les villes ne puissent plus être alimentées en eau potable", nous explique Mohamed Serraj, directeur de la Planification pour la Branche eau au sein de l’ONEE.

Les projets réalisés par l'Office en matière de planification se basent sur une coopération avec la direction générale de l’Eau du ministère de l’Equipement, du transport, de la logistique et de l’eau : la réalisation des barrages est à la charge du ministère, tandis que l’ONEE s’occupe d’équiper ces derniers en installations de potabilisation de l’eau avec des stations de traitement, et de réaliser les canalisations pour véhiculer cette eau jusqu’aux lieux de consommation.

Des chantiers de grande envergure

La région de Marrakech concentre l’un des plus importants chantiers en cours, avec un projet de renforcement de l’alimentation en eau potable à partir du barrage Massira, deuxième plus grand réservoir d’eau du Maroc, dans la province de Settat.

Le premier volet, dédié à l’alimentation en eau des installations d'OCP à Benguérir, est déjà opérationnel. Le second volet prévoit de faire transiter un débit de 2.500 litres/seconde depuis le barrage Massira jusqu’à la ville de Marrakech, soit un débit 216.000 m³ par jour. Il doit être mis en service à la fin de cette année.

A Agadir, la station de dessalement d’eau de mer, actuellement en cours de réalisation, doit atteindre une capacité globale de 275.000 m³ par jour : 125 000 m³/jour sont destinés à l’irrigation et 150 000 m³/jour à l’eau potable, afin de satisfaire les besoins en consommation humaine de la ville et des localités voisines.

Le projet doit être opérationnel en 2021. Les deux barrages Abdelmoumen et Moulay Abdellah, couplés aux nappes phréatiques, alimentent actuellement cette zone mais arrivent à saturation, d’où le recours au dessalement d’eau de mer pour éviter un déficit en eau potable. La technique utilisée est celle de l’osmose inverse, car elle est la plus économique pour dessaler l’eau de mer et les eaux saumâtres. Ces dernières se caractérisent par une teneur en sel sensiblement inférieure à celle de l’eau de mer (entre 1 et 10 g/l, contre 35 g/l en moyenne pour l’eau de mer).

La ville de Laâyoune est également concernée par un projet de dessalement d’eau de mer. « Les nappes sahariennes y sont très rares et, même lorsqu’elles existent, elles sont de très mauvaises qualités. De plus, la nappe d’eau douce actuellement exploitée a atteint sa capacité maximale », souligne Mohamed Serraj. Une deuxième station de dessalement d’eau de mer d’une capacité de 300 litres/seconde viendra s’ajouter à une capacité installée de 300 litres/seconde, pour atteindre une capacité totale de 26.000 m³ par jour. Sa mise en service est prévue pour 2021.

De plus petits projets

D’autres projets de plus petite envergure sont en cours de réalisation, notamment à Taroudant et Tarfaya. A Taroudant, l’heure est au renforcement de l’alimentation en eau potable à partir du complexe constitué des deux barrages Mokhtar Soussi et Aoulouz. Les capacités de l’installation atteindront 200 litres/seconde sur presque 80 km de canalisations, soit un peu plus de 17.000 m³ par jour. Le projet sera opérationnel d’ici quelques mois, « courant de l’année 2020 », nous dit-on.

Enfin, à Tarfaya, le projet de dessalement d’eau de mer en cours a une capacité moins importante, à hauteur de 15 litres/seconde, soit une capacité de 1.300 m³ par jour, la ville n’abritant que 8.000 habitants environ. Les travaux doivent démarrer « incessamment » pour une mise en œuvre prévue en 2021.

Stress hydrique : les projets de l'ONEE pour anticiper le déficit en eau potable

Le 22 avril 2020 à16:31

Modifié le 22 avril 2020 à 17:14

Plusieurs dizaines de projets de plus ou moins grande envergure sont actuellement en cours de réalisation pour pallier les effets du stress hydrique et anticiper les déficits en eau potable, notamment dans les régions du Sud.

Les instances onusiennes et think tank spécialisés dans les questions environnementales s’accordent depuis longtemps à le dire : le Maroc est l’un des pays les plus touchés par le stress hydrique. En mars 2019, un rapport de l’ONU indiquait que le royaume figurait parmi les 31 pays confrontés à un stress hydrique compris entre 25% (soit le seuil minimal de stress hydrique) et 70%, quand ce dernier ne se situe qu’à hauteur de 11% au niveau mondial.

De plus, les ressources marocaines en eau étaient évaluées en 2018 à 650 m³/habitant/an. Elles vont descendre en deçà de 500 m³ à l’horizon 2030.

Or le stress hydrique menace la disponibilité des ressources en eau, notamment pour la consommation humaine. Dans une logique d’anticipation, l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) travaille actuellement sur plusieurs dizaines de projets répartis dans tout le Maroc. Dernier en date : le renforcement de l’alimentation en eau potable dans la ville de Ouarzazate, à partir du barrage Sultan Moulay Ali Cherif. Cet important projet, dont le coût s’élève à 220 millions de DH, est opérationnel depuis le 27 mars.

"L’enjeu, c’est d’anticiper les déficits en eau potable et de trouver des solutions pour que ces projets soient mis en œuvre avant que les villes ne puissent plus être alimentées en eau potable", nous explique Mohamed Serraj, directeur de la Planification pour la Branche eau au sein de l’ONEE.

Les projets réalisés par l'Office en matière de planification se basent sur une coopération avec la direction générale de l’Eau du ministère de l’Equipement, du transport, de la logistique et de l’eau : la réalisation des barrages est à la charge du ministère, tandis que l’ONEE s’occupe d’équiper ces derniers en installations de potabilisation de l’eau avec des stations de traitement, et de réaliser les canalisations pour véhiculer cette eau jusqu’aux lieux de consommation.

Des chantiers de grande envergure

La région de Marrakech concentre l’un des plus importants chantiers en cours, avec un projet de renforcement de l’alimentation en eau potable à partir du barrage Massira, deuxième plus grand réservoir d’eau du Maroc, dans la province de Settat.

Le premier volet, dédié à l’alimentation en eau des installations d'OCP à Benguérir, est déjà opérationnel. Le second volet prévoit de faire transiter un débit de 2.500 litres/seconde depuis le barrage Massira jusqu’à la ville de Marrakech, soit un débit 216.000 m³ par jour. Il doit être mis en service à la fin de cette année.

A Agadir, la station de dessalement d’eau de mer, actuellement en cours de réalisation, doit atteindre une capacité globale de 275.000 m³ par jour : 125 000 m³/jour sont destinés à l’irrigation et 150 000 m³/jour à l’eau potable, afin de satisfaire les besoins en consommation humaine de la ville et des localités voisines.

Le projet doit être opérationnel en 2021. Les deux barrages Abdelmoumen et Moulay Abdellah, couplés aux nappes phréatiques, alimentent actuellement cette zone mais arrivent à saturation, d’où le recours au dessalement d’eau de mer pour éviter un déficit en eau potable. La technique utilisée est celle de l’osmose inverse, car elle est la plus économique pour dessaler l’eau de mer et les eaux saumâtres. Ces dernières se caractérisent par une teneur en sel sensiblement inférieure à celle de l’eau de mer (entre 1 et 10 g/l, contre 35 g/l en moyenne pour l’eau de mer).

La ville de Laâyoune est également concernée par un projet de dessalement d’eau de mer. « Les nappes sahariennes y sont très rares et, même lorsqu’elles existent, elles sont de très mauvaises qualités. De plus, la nappe d’eau douce actuellement exploitée a atteint sa capacité maximale », souligne Mohamed Serraj. Une deuxième station de dessalement d’eau de mer d’une capacité de 300 litres/seconde viendra s’ajouter à une capacité installée de 300 litres/seconde, pour atteindre une capacité totale de 26.000 m³ par jour. Sa mise en service est prévue pour 2021.

De plus petits projets

D’autres projets de plus petite envergure sont en cours de réalisation, notamment à Taroudant et Tarfaya. A Taroudant, l’heure est au renforcement de l’alimentation en eau potable à partir du complexe constitué des deux barrages Mokhtar Soussi et Aoulouz. Les capacités de l’installation atteindront 200 litres/seconde sur presque 80 km de canalisations, soit un peu plus de 17.000 m³ par jour. Le projet sera opérationnel d’ici quelques mois, « courant de l’année 2020 », nous dit-on.

Enfin, à Tarfaya, le projet de dessalement d’eau de mer en cours a une capacité moins importante, à hauteur de 15 litres/seconde, soit une capacité de 1.300 m³ par jour, la ville n’abritant que 8.000 habitants environ. Les travaux doivent démarrer « incessamment » pour une mise en œuvre prévue en 2021.

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