Sponsoring des clubs de foot: l'impact de la crise sera ressenti à la prochaine saison

Affaiblis par la crise du Covid-19, plusieurs entreprises vont revoir à la baisse leurs investissements dans le sponsoring, notamment dans le secteur sportif. Pour les clubs de football, aucune défection n’a été enregistrée pour la saison actuelle. L’impact de la crise sera visible à partir de la prochaine saison.

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Sponsoring des clubs de foot: l'impact de la crise sera ressenti à la prochaine saison

Le 15 juillet 2020 à 17:22

Modifié le 16 juillet 2020 à 10:53

Partout dans le monde, les lignes budgétaires de la communication et du sponsoring sont les premières à sauter en période de crise.

Au Maroc, la baisse n’était pas catastrophique dans la communication, puisque sur les 67% des annonceurs ayant gelé momentanément leurs campagnes durant le confinement, 56% les ont remplacés par des initiatives Covid.

Pour ce qui est du sponsoring dans le sport, en particulier le football, les effets de la crise commenceront à se faire sentir à partir de la prochaine saison, selon des spécialistes dans le domaine.

En effet, d’après une source au sein du Wydad Athletic Club, jointe par Médias24 ce mercredi 15 juillet, "l’impact de la crise du Covid-19 n’est pas encore apparent sur les clubs de football. Il n’apparaîtra qu’à partir de la saison prochaine".

"Dans le foot, nous avons des contrats de sponsoring qui se déploient sur une saison, et qui sont signés en général, sur une durée minimale de 3 ans, allant jusqu'à 5 ans au maximum. Je vois mal des sponsors se dérober à leurs engagements au milieu du contrat, d’autant plus qu'il s’agit de grandes entreprises, qui ont une certaine agilité et taille, et sont à même de maintenir leurs contrats".

"Les saisons sportives démarrent en août/septembre, et se terminent en juin. Lorsqu’un sponsor s’engage avec un club de foot, son logo est affiché sur le maillot des joueurs, il ne peut donc pas être retiré au milieu de la saison".

La saison actuellement en cours a démarré en août dernier et a été suspendue durant trois mois, pour reprendre fin juillet. Elle prendra donc fin le 13 septembre prochain, ajoute notre interlocuteur.

"L’impact de la crise est certain et indéniable, mais sur la saison en actuelle, il n’y a eu aucune défection sur les contrats en cours au WAC, et je crois que c’est également valable pour d’autres clubs. Tous les contrats sont maintenus pour le moment".

Un constat confirmé par Zaki Lahbabi, directeur général de Transatlas sport management (TSM), une agence de marketing sportif qui travaille sur plusieurs événements, notamment avec les clubs de la première division (Botola Pro), les équipes nationales marocaines, et le marathon des sables.

"Actuellement dans le foot, la plupart des partenaires poursuivent leurs programmes de sponsoring. Tous les contrats qu’on signe sont des contrats d’une saison au minimum, voire plus. Officiellement, on n’a pas eu de désistements, puisque tous les sponsors sont engagés sur la saison complète. Le championnat national de football s’est arrêté à la mi-saison et va reprendre le 24 juillet prochain, nous allons donc le mettre à jour, avec les matchs en retard".

Un impact certain lors de la prochaine saison

"Il y aura peut-être des nouveautés au mois d’août, lors de la préparation des nouveaux maillots de la saison prochaine", ajoute notre source dans le WAC, qui estime que "c’est à ce moment-là que certains annonceurs, touchés par la crise, exprimeront l’envie de renégocier les montants des contrats ou même de se retirer d’un club".

"Il y aura certainement un impact sur la prochaine saison, mais personne ne peut prédire son volume. Les clubs qui seront les plus touchés seront ceux qui se retrouveront avec des sponsors en fin de contrat. La négociation sera dure. Si le sponsor vient à peine de signer il y a un an, il lui restera au moins deux ans d’engagement, et je le vois mal se dérober à ses obligations".  

M. Lahbabi confirme également que "pour la saison prochaine, il se peut qu’il y ait des partenaires qui voudront se retirer au vue de la situation économique actuelle. Nous n’avons pas encore d’éléments précis pour l’instant, mais je ne pense pas que les conséquences seront lourdes. On ne peut pas dire qu'on perdra la moitié des sponsors par exemple. Sur 50 il pourrait y avoir un ou deux qui voudront s’arrêter".

Le sponsoring sportif, un investissement rentable

"Globalement, le sport est un secteur où l’on peut facilement remplacer un sponsor par autre", poursuit notre interlocuteur au Wydad.

"Sponsoriser un club de football veut dire le logo de la maque sur le maillot des joueurs, le club, la popularité et le public, mais le plus important est la retransmission télé. Tant que les matchs seront retransmis à la télévision, il y aura toujours des preneurs, puisque ça coûte moins cher qu’une campagne publicitaire au mois de Ramadan par exemple. Un club de foot aura un minimum de 30 apparitions à la télé de 1h30 durant l'année. Certains clubs comme le Wydad, qui jouent le championnat africain, garantissent même à leurs sponsors une visibilité sur le marché continental, voire international. En tous les cas, sponsoriser un club de foot reste plus intéressant qu’une communication classique".

M. Lahbabi ajoute que "quand un sponsor est engagé avec un club de football, il a un minimum de matchs en direct et en intégralité, pour des montants très accessibles. Quand un sponsor s’engage avec 5 à 6 clubs, c'est plus d’une centaine de matchs télévisés pendant toute l’année". Le gain est donc élevé par rapport à ce qu’il paie.

"Une responsabilité sociétale"

Outre la crise, "il y a des marques fidèles à certains clubs, telles que ‘Ingelec’ au WAC. Quoi qu’il arrive, cette marque ne se retirera pas du club Casablancais", d'après notre source.

"Par ailleurs, il y a certaines marques de produits de consommation qui sont plus rationnelles, et qui s’attendent à un retour sur investissement".  

"Il y a également les institutions, telles que Renault, sponsor de l’Ittihad de Tanger. Je vois mal cette société retirer son sponsoring de son club local, puisque ça fait partie de sa politique RSE. Ou encore OCP, se retirer des clubs d’El Jadida, Khouribga et Safi, où l'institution est présente".

"Le sponsoring sportif est un marché qui prend en considération plusieurs facteurs, notamment l’affinité avec le club, la responsabilité territoriale et sociétale… ".

"Le sponsoring, ce n’est pas seulement de la visibilité. C’est aussi des budgets pour faire vivre le club, l’aider à bien tourner pour payer les joueurs, et le soutenir dans son développement", ajoute le DG de TSM.

Pas de visibilité pour les autres disciplines

"Pour les autres événements nous n’avons encore aucune visibilité sur leur redémarrage", souligne-t-il.

"Par exemple, pour le marathon des sables, l’édition d’avril a été reportée pour fin septembre, mais je ne crois pas qu’il serait possible d’organiser l’événement à cette date. Dans le contexte actuel, je ne crois pas que 2.000 étrangers pourront entrer au Maroc pour y participer. Pour certains partenaires, un peu confus par la situation, il s’agit d’un épisode d’attente et de patience pour repartir".

Tout dépend donc de la conjoncture et des décisions gouvernementales.

"En gros, l’impact du Covid sur le sponsoring dans le sport est pour l’instant faible", conclut M. Lahbabi, qui espère que "les choses seront plus apaisées l’année prochaine".

Sponsoring des clubs de foot: l'impact de la crise sera ressenti à la prochaine saison

Le 15 juillet 2020 à17:48

Modifié le 16 juillet 2020 à 10:53

Affaiblis par la crise du Covid-19, plusieurs entreprises vont revoir à la baisse leurs investissements dans le sponsoring, notamment dans le secteur sportif. Pour les clubs de football, aucune défection n’a été enregistrée pour la saison actuelle. L’impact de la crise sera visible à partir de la prochaine saison.

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Partout dans le monde, les lignes budgétaires de la communication et du sponsoring sont les premières à sauter en période de crise.

Au Maroc, la baisse n’était pas catastrophique dans la communication, puisque sur les 67% des annonceurs ayant gelé momentanément leurs campagnes durant le confinement, 56% les ont remplacés par des initiatives Covid.

Pour ce qui est du sponsoring dans le sport, en particulier le football, les effets de la crise commenceront à se faire sentir à partir de la prochaine saison, selon des spécialistes dans le domaine.

En effet, d’après une source au sein du Wydad Athletic Club, jointe par Médias24 ce mercredi 15 juillet, "l’impact de la crise du Covid-19 n’est pas encore apparent sur les clubs de football. Il n’apparaîtra qu’à partir de la saison prochaine".

"Dans le foot, nous avons des contrats de sponsoring qui se déploient sur une saison, et qui sont signés en général, sur une durée minimale de 3 ans, allant jusqu'à 5 ans au maximum. Je vois mal des sponsors se dérober à leurs engagements au milieu du contrat, d’autant plus qu'il s’agit de grandes entreprises, qui ont une certaine agilité et taille, et sont à même de maintenir leurs contrats".

"Les saisons sportives démarrent en août/septembre, et se terminent en juin. Lorsqu’un sponsor s’engage avec un club de foot, son logo est affiché sur le maillot des joueurs, il ne peut donc pas être retiré au milieu de la saison".

La saison actuellement en cours a démarré en août dernier et a été suspendue durant trois mois, pour reprendre fin juillet. Elle prendra donc fin le 13 septembre prochain, ajoute notre interlocuteur.

"L’impact de la crise est certain et indéniable, mais sur la saison en actuelle, il n’y a eu aucune défection sur les contrats en cours au WAC, et je crois que c’est également valable pour d’autres clubs. Tous les contrats sont maintenus pour le moment".

Un constat confirmé par Zaki Lahbabi, directeur général de Transatlas sport management (TSM), une agence de marketing sportif qui travaille sur plusieurs événements, notamment avec les clubs de la première division (Botola Pro), les équipes nationales marocaines, et le marathon des sables.

"Actuellement dans le foot, la plupart des partenaires poursuivent leurs programmes de sponsoring. Tous les contrats qu’on signe sont des contrats d’une saison au minimum, voire plus. Officiellement, on n’a pas eu de désistements, puisque tous les sponsors sont engagés sur la saison complète. Le championnat national de football s’est arrêté à la mi-saison et va reprendre le 24 juillet prochain, nous allons donc le mettre à jour, avec les matchs en retard".

Un impact certain lors de la prochaine saison

"Il y aura peut-être des nouveautés au mois d’août, lors de la préparation des nouveaux maillots de la saison prochaine", ajoute notre source dans le WAC, qui estime que "c’est à ce moment-là que certains annonceurs, touchés par la crise, exprimeront l’envie de renégocier les montants des contrats ou même de se retirer d’un club".

"Il y aura certainement un impact sur la prochaine saison, mais personne ne peut prédire son volume. Les clubs qui seront les plus touchés seront ceux qui se retrouveront avec des sponsors en fin de contrat. La négociation sera dure. Si le sponsor vient à peine de signer il y a un an, il lui restera au moins deux ans d’engagement, et je le vois mal se dérober à ses obligations".  

M. Lahbabi confirme également que "pour la saison prochaine, il se peut qu’il y ait des partenaires qui voudront se retirer au vue de la situation économique actuelle. Nous n’avons pas encore d’éléments précis pour l’instant, mais je ne pense pas que les conséquences seront lourdes. On ne peut pas dire qu'on perdra la moitié des sponsors par exemple. Sur 50 il pourrait y avoir un ou deux qui voudront s’arrêter".

Le sponsoring sportif, un investissement rentable

"Globalement, le sport est un secteur où l’on peut facilement remplacer un sponsor par autre", poursuit notre interlocuteur au Wydad.

"Sponsoriser un club de football veut dire le logo de la maque sur le maillot des joueurs, le club, la popularité et le public, mais le plus important est la retransmission télé. Tant que les matchs seront retransmis à la télévision, il y aura toujours des preneurs, puisque ça coûte moins cher qu’une campagne publicitaire au mois de Ramadan par exemple. Un club de foot aura un minimum de 30 apparitions à la télé de 1h30 durant l'année. Certains clubs comme le Wydad, qui jouent le championnat africain, garantissent même à leurs sponsors une visibilité sur le marché continental, voire international. En tous les cas, sponsoriser un club de foot reste plus intéressant qu’une communication classique".

M. Lahbabi ajoute que "quand un sponsor est engagé avec un club de football, il a un minimum de matchs en direct et en intégralité, pour des montants très accessibles. Quand un sponsor s’engage avec 5 à 6 clubs, c'est plus d’une centaine de matchs télévisés pendant toute l’année". Le gain est donc élevé par rapport à ce qu’il paie.

"Une responsabilité sociétale"

Outre la crise, "il y a des marques fidèles à certains clubs, telles que ‘Ingelec’ au WAC. Quoi qu’il arrive, cette marque ne se retirera pas du club Casablancais", d'après notre source.

"Par ailleurs, il y a certaines marques de produits de consommation qui sont plus rationnelles, et qui s’attendent à un retour sur investissement".  

"Il y a également les institutions, telles que Renault, sponsor de l’Ittihad de Tanger. Je vois mal cette société retirer son sponsoring de son club local, puisque ça fait partie de sa politique RSE. Ou encore OCP, se retirer des clubs d’El Jadida, Khouribga et Safi, où l'institution est présente".

"Le sponsoring sportif est un marché qui prend en considération plusieurs facteurs, notamment l’affinité avec le club, la responsabilité territoriale et sociétale… ".

"Le sponsoring, ce n’est pas seulement de la visibilité. C’est aussi des budgets pour faire vivre le club, l’aider à bien tourner pour payer les joueurs, et le soutenir dans son développement", ajoute le DG de TSM.

Pas de visibilité pour les autres disciplines

"Pour les autres événements nous n’avons encore aucune visibilité sur leur redémarrage", souligne-t-il.

"Par exemple, pour le marathon des sables, l’édition d’avril a été reportée pour fin septembre, mais je ne crois pas qu’il serait possible d’organiser l’événement à cette date. Dans le contexte actuel, je ne crois pas que 2.000 étrangers pourront entrer au Maroc pour y participer. Pour certains partenaires, un peu confus par la situation, il s’agit d’un épisode d’attente et de patience pour repartir".

Tout dépend donc de la conjoncture et des décisions gouvernementales.

"En gros, l’impact du Covid sur le sponsoring dans le sport est pour l’instant faible", conclut M. Lahbabi, qui espère que "les choses seront plus apaisées l’année prochaine".

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