Sociétés cotées. Les contrôles fiscaux ont pesé pour 570 MDH sur les bénéfices de 2018

Le chiffre est produit par le département recherche de CDG Capital. Il représente près de 2% des bénéfices agrégés de la cote, qui ont signé une baisse de 8,1% pour s'établir à 29,5 milliards de dirhams à fin 2018.
CDG Capital Research vient de livrer son «Equity Report» analysant la situation du marché et commentant les résultats des sociétés cotées au titre de l’exercice 2018.
«Comme nous l’avons prévu lors de la note stratégique "Naviguer dans un marché houleux", les résultats de la place sont venus insister sur les difficultés de la cote à dégager des bénéfices en hausse, en ces temps de morosité et de difficulté », lit-on sur le rapport.
Les profits nets des sociétés cotées de la bourse de Casablanca ont réalisé une baisse de 8,1% à 29,5 milliards de dirhams.
Dans un contexte de croissance négative des résultats opérationnels, cette forte baisse est due à des éléments non récurrents, d’après la même source.
En effet, deux retraitements à effectuer et dont l’impact s’avère "significativement atténuant" :
> Les contrôles fiscaux dont le montant total a atteint environ 570 millions de dirhams. Ce montant représente près de 2% de l'ensemble des bénéfices de la cote.
> La cession par le groupe Managem de 60 % de la mine Lamikal au groupe chinois Wanbao en 2017.
Retraité de ces éléments, le RNPG n’aurait régressé que de 4,6%, selon le calcul de CDG Capital Research.
Notons que le repli des résultats nets a été également impacté par la hausse du taux d’IS apparent qui est passé de 30% en 2017 à 33% en 2018.
Dans ce contexte, les marges nettes des sociétés du MASI se sont dégradées de 1,1 point passant de 13,2% en 2017 à 12,1% en 2018.
Les secteurs BTP et Industrie ont vu leurs contributions au RN fortement baisser passant de 33% en 2017 à 23% en 2018, selon les analystes. Les vedettes sont désormais le secteur financier et les Télécoms, leur contribution au RN du marché dépasse les 67%.
Le chiffre d’affaires agrégé ressort pour sa part en légère progression de 1,5%. S’inscrivant dans un contexte macroéconomique "relativement atone", il s’agit de la plus faible croissance enregistrée depuis 2002, souligne le rapport de CDG Capital.
Le secteur énergie dont l’évolution des revenus est fortement positive (+25,1%), concentre l’essentiel de cette croissance. Ceci s’explique, d’une part, par la hausse du volume des ventes, et d’autre part par la hausse des cours internationaux des produits pétroliers, notent les analystes.
Selon le département de recherche de CDG Capital, les revenus des sociétés cotées ont été impactés cette année par trois effets :
> L’effet boycott pour certaines entreprises, à l’instar d’Oulmes et de Centrale Danone qui ont vu leur CA baisser de respectivement -27% et -20%.
> La baisse de la demande en logement, impactant ainsi la réalisation des projets immobiliers. En témoigne, la baisse des ventes du ciment et le repli de l’activité de certains promoteurs immobiliers, comme Addoha et Résidences Dar Saada.
> La dégradation des teneurs, la baisse du cours de l’argent, et la dépréciation du dirham vis-à-vis du dollar pour le secteur minier.
Retraité de ces éléments, le chiffre d’affaires de la cote affiche une progression de 3,7%.
S’agissant de la rémunération des actionnaires, les dividendes sont en légère baisse (-0,13%) réagissant naturellement au résultat social qui a affiché une baisse de 0,8%, selon analystes de CDG Capital.
Le pay out reste en amélioration de 0,52 points, passant de 80,69% en 2017 à 81,21% en 2018.
Pour sa part, le rendement des dividendes des sociétés du MASI, rapporté à la capitalisation, a gagné 0,78 points, passant de 3,33% en 2017 à 4,11% en 2018.
Les analystes de CDG Capital signalent que trois sociétés en particulier se sont démarquées par leur distribution des dividendes : Maroc Telecom, Attijariwafa Bank et BCP.
Le PER du marché ressort à 18,9x en 2018 contre 20,7x en 2017, revenant à son niveau moyen des dix dernières années (18,6x).
L’ensemble des secteurs, ont vu leur ratio PER s’améliorer, à l’exception des secteurs Industrie et Holding, qui restent supérieurs au marché avec des PER respectifs de 26,8x et 26,1x en 2018.
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