Sextorsion: mode opératoire des auteurs, profil des victimes... Ce qu'il faut savoir

La présidence du ministère public s'est penchée sur les affaires de sextorsion, de plus en plus courantes, dans son rapport annuel 2019. Voici son analyse et ses recommandations. 

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Sextorsion: mode opératoire des auteurs, profil des victimes... Ce qu'il faut savoir

Le 13 janvier 2021 à 16:02

Modifié le 13 janvier 2021 à 20:18

La sextorsion est, selon le rapport annuel de la présidence du ministère public, "une opération de chantage via internet" qui constitue une infraction cybercriminelle. Celle-ci a connu "une augmentation significative ces derniers temps". La cause ? Il s'agit principalement de la peur des victimes qui "tentent probablement de protéger leur réputation" et décident de ne pas alerter les autorités compétentes. 

De plus, la facilité de l'opération et des moyens utilisés encouragent les auteurs à commettre l'infraction, notamment parce qu'elle permet d'obtenir des revenus importants. 

Dans son rapport annuel 2019, la présidence du ministère public annonce s’être penchée sur la nature de ce fléau, en rassemblant les données le concernant, le mode opératoire ainsi que les moyens utilisés. Il en ressort que l'opération de sextorsion se déroule en 5 étapes. 

Mode opératoire: chasser, discuter, piéger avant de menacer

La première étape est "la chasse aux victimes" sur les réseaux sociaux. L'auteur invite sa victime à faire connaissance et entame la discussion pour créer un climat de confiance avant de passer à la troisième étape qui consiste en un échange visuel.

Lors des appels vidéos, la victime est poussée par son agresseur à apparaître dans des "situations intimes", moment où l'auteur de l'infraction passe à la quatrième étape et prend en photo sa victime avant de la menacer de diffuser les images à moins que celle-ci ne lui remette une somme d'argent. 

"Généralement, la personne qui reçoit l'argent n'est pas l'auteur de l'infraction et son acheminement se fait via les sociétés de transfert d'argent", indique la présidence du ministère public.  

L'infraction qui consiste à extorquer des sommes d'argent suite à la menace de révéler des "éléments honteux" sur la victime, correspond à l'article 538 du code pénal, ainsi qu'à d'autres infractions lorsque leurs éléments constitutifs sont réunis. Il s'agit notamment de l'accès frauduleux au système de traitement automatisé de données, de la violation du droit à l'image, l'atteinte à la vie privée, ainsi que d'autres infractions prévues dans le code de la presse. 

Nombre de victimes: Khouribga en tête depuis 3 ans

Selon la présidence du ministère public, "les victimes se démarquent généralement par une sorte de naïveté, soit à cause de leur jeune âge, du manque d’expérience dans la vie ou parce qu'il s'agit de nouveaux utilisateurs de la technologie moderne".

La présidence du ministère public indique que d’un point de vue géographique, les affaires de sextorsion se propagent plus dans les villes. En 2017, 300 affaires ont été enregistrées au niveau national avec, en tête, l’arrondissement judiciaire de Khouribga qui comptait 144 victimes et 104 l'année suivante. 

En 2019, 290 victimes ont eu recours à la justice marocaine dans le cadre de ce type d'affaires, dont 46 au niveau de l'arrondissement judiciaire de Khouribga, en tête pour la troisième année consécutive. 

 

Atteinte à la vie privée et au droit à l'image : explosion des poursuites en 2019

Dans son rapport annuel, la présidence du ministère public s'est également arrêtée sur l'atteinte à la vie privée et au droit à l'image qui ont été incriminés par une récente loi. Celle-ci n'a été appliquée que dans 10 affaires, sachant que le ministère public a lancé 241 poursuites durant les 3 dernières années, passant ainsi de 34 en 2017 à 137 en 2019. 

A noter que les peines privatives de liberté prononcées sont comprises entre 5 mois et 2 ans de prison ferme.  

Sextorsion: mode opératoire des auteurs, profil des victimes... Ce qu'il faut savoir

Le 13 janvier 2021 à16:41

Modifié le 13 janvier 2021 à 20:18

La présidence du ministère public s'est penchée sur les affaires de sextorsion, de plus en plus courantes, dans son rapport annuel 2019. Voici son analyse et ses recommandations. 

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La sextorsion est, selon le rapport annuel de la présidence du ministère public, "une opération de chantage via internet" qui constitue une infraction cybercriminelle. Celle-ci a connu "une augmentation significative ces derniers temps". La cause ? Il s'agit principalement de la peur des victimes qui "tentent probablement de protéger leur réputation" et décident de ne pas alerter les autorités compétentes. 

De plus, la facilité de l'opération et des moyens utilisés encouragent les auteurs à commettre l'infraction, notamment parce qu'elle permet d'obtenir des revenus importants. 

Dans son rapport annuel 2019, la présidence du ministère public annonce s’être penchée sur la nature de ce fléau, en rassemblant les données le concernant, le mode opératoire ainsi que les moyens utilisés. Il en ressort que l'opération de sextorsion se déroule en 5 étapes. 

Mode opératoire: chasser, discuter, piéger avant de menacer

La première étape est "la chasse aux victimes" sur les réseaux sociaux. L'auteur invite sa victime à faire connaissance et entame la discussion pour créer un climat de confiance avant de passer à la troisième étape qui consiste en un échange visuel.

Lors des appels vidéos, la victime est poussée par son agresseur à apparaître dans des "situations intimes", moment où l'auteur de l'infraction passe à la quatrième étape et prend en photo sa victime avant de la menacer de diffuser les images à moins que celle-ci ne lui remette une somme d'argent. 

"Généralement, la personne qui reçoit l'argent n'est pas l'auteur de l'infraction et son acheminement se fait via les sociétés de transfert d'argent", indique la présidence du ministère public.  

L'infraction qui consiste à extorquer des sommes d'argent suite à la menace de révéler des "éléments honteux" sur la victime, correspond à l'article 538 du code pénal, ainsi qu'à d'autres infractions lorsque leurs éléments constitutifs sont réunis. Il s'agit notamment de l'accès frauduleux au système de traitement automatisé de données, de la violation du droit à l'image, l'atteinte à la vie privée, ainsi que d'autres infractions prévues dans le code de la presse. 

Nombre de victimes: Khouribga en tête depuis 3 ans

Selon la présidence du ministère public, "les victimes se démarquent généralement par une sorte de naïveté, soit à cause de leur jeune âge, du manque d’expérience dans la vie ou parce qu'il s'agit de nouveaux utilisateurs de la technologie moderne".

La présidence du ministère public indique que d’un point de vue géographique, les affaires de sextorsion se propagent plus dans les villes. En 2017, 300 affaires ont été enregistrées au niveau national avec, en tête, l’arrondissement judiciaire de Khouribga qui comptait 144 victimes et 104 l'année suivante. 

En 2019, 290 victimes ont eu recours à la justice marocaine dans le cadre de ce type d'affaires, dont 46 au niveau de l'arrondissement judiciaire de Khouribga, en tête pour la troisième année consécutive. 

 

Atteinte à la vie privée et au droit à l'image : explosion des poursuites en 2019

Dans son rapport annuel, la présidence du ministère public s'est également arrêtée sur l'atteinte à la vie privée et au droit à l'image qui ont été incriminés par une récente loi. Celle-ci n'a été appliquée que dans 10 affaires, sachant que le ministère public a lancé 241 poursuites durant les 3 dernières années, passant ainsi de 34 en 2017 à 137 en 2019. 

A noter que les peines privatives de liberté prononcées sont comprises entre 5 mois et 2 ans de prison ferme.  

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