Publication des microdonnées: Tafra réagit à la réponse du HCP

En réponse à la réponse du HCP sur la publication des microdonnées, l'association Tafra publie, le 16 avril, une autre lettre dans laquelle elle souligne que les microdonnées communiquées par le HCP ne permettent pas de procéder à des analyses fines, notamment pour la prévention des épidémies.

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Publication des microdonnées : Tafra réagit à la réponse du HCP

Le 17 avril 2020 à 11:45

Modifié le 17 avril 2020 à 12:06

Lundi 13 avril, l’association Tafra a initié une lettre ouverte, portée par 68 universitaires, en plus de plusieurs acteurs de la société civile et adressée au Haut-commissaire au plan, l’interpellant sur l’accès aux données publiques dont dispose le HCP. Cette lettre ouverte a donné lieu à la réponse du HCP dans laquelle il indique que les données auxquelles l’accès est demandé seraient d’ores et déjà disponibles en ligne, depuis mai 2019, dans les formats et selon les exigences de qualité attendues.

"Ce communiqué soulève de nombreuses questions en évacuant les limites des données publiées par le HCP", commente Tafra.

"En l’espèce, les microdonnées communiquées par le HCP ne permettent pas de procéder à des analyses fines, notamment dans le domaine de la prévention des épidémies, alors qu’elles sont accessibles dans de nombreux pays. Les débats actuels sur les possibilités de déconfinement sont impossibles du fait d’une absence de visibilité territoriale sur les stratégies à mener. Or, c’est bien la mobilisation de l’ensemble des spécialistes dans le cadre d’un débat scientifique ouvert qui permet les politiques publiques les plus efficaces."

Selon la même source, "les microdonnées du RGPH de 2014, publiées 5 ans après le recensement, représentent un échantillon de 10% au niveau de la province/préfecture. Prenons l’exemple de la préfecture de Casablanca. Le fichier "Individu" du HCP comporte 333.851 répondants, sur un territoire de 189,14 km². Or, si l’on veut étudier les poches de vulnérabilité socio-économique et épidémiologique, il est impossible de le faire à cette échelle, où aucun code géographique ne distingue un habitant de Gauthier de celui de Hay Hassani."

Par ailleurs, pour poursuivre cet exemple, Tafra indique qu'il existe des modalités connues et largement pratiquées pour contourner cette difficulté, dans le respect des dispositions légales en vigueur:

-Toutes les microdonnées ne concernent pas des individus. De nombreuses variables sur les ménages fournissent des informations précieuses pour la situation de crise (par exemple, la densité du ménage, les niveaux et les type d’équipements qui sont des proxys pour le niveau de richesse). L’INSEE en offre un exemple, où des microdonnées désagrégées et anonymisées sur les logements sont librement accessibles en téléchargement, au niveau le plus fin ("IRIS", soit l’unité de base de 2.000 habitants). D’autre part, l’agrégation des données individuelles à différents niveaux, comme le fait le HCP pour les communes par exemple, ne menace en aucun cas la protection des données personnelles. Ces fichiers peuvent être facilement générés, mais pour cela, il faut définir une procédure claire entre le HCP et les chercheur(e)s.

-La clarification officielle des procédures d’accès aux données brutes, à distance ou sur site sécurisé, pour les chercheur(e)s agréé(e)s de l’université. Ces procédures sont pratiquées par tous les producteurs de statistiques publiques de qualité, et permettent de travailler sur des données non accessibles au grand public. De nombreux exemples de procédures administratives existent, comme celui du Census Bureau américain

"Tafra se tient à la disposition du HCP pour fournir bénévolement des informations techniques, benchmarks des meilleures pratiques, ainsi que la constitution d’un groupe de chercheurs marocains, résidant au pays ou à l’étranger, en attente de ces données", poursuit le communiqué.

En effet, dans les jours et les semaines qui suivront, Tafra entend poursuivre ses efforts de collecte d’information auprès des usagers des données du HCP, afin d’identifier, pour chaque enquête réalisée par celui-ci, les besoins et les précisions attendues par la diversité des signataires. A cet effet, l’association invite les signataires et toute personne en attente de données spécifiques à remplir le questionnaire "Identification des besoins".

"Le HCP a accompli des efforts indéniables pour se mettre à niveau en termes de droit d’accès à l’information, mais que les résultats demeurent insuffisants, notamment au regard des besoins urgents nés de la crise sanitaire. La démarche initiée par Tafra entend encourager ces efforts et participer à résoudre les difficultés rencontrées, afin que les universitaires marocains puissent enfin accéder à la même qualité de données que leurs homologues étrangers. Or, il existe un large consensus sur les limites des données actuelles. Il appartient au HCP, détenteur de cette obligation, d’y répondre en prenant en compte l’urgence née de la crise, afin de clarifier ses positions sur chacun des points mentionnés:

-La définition de la procédure d’accès aux microdonnées brutes pour les chercheurs identifiés, à distance et sur site. Il est capital de définir des modalités d’accès à distance, notamment dans la période actuelle, et sur site pour l’après-crise. 

-L’accès aux données agrégées du RGPH au niveau de l’îlot, avec la cartographie correspondante. Notre demande détaillée a été réitérée le 15 avril 2020.", conclut l'association.

Publication des microdonnées: Tafra réagit à la réponse du HCP

Le 17 avril 2020 à11:55

Modifié le 17 avril 2020 à 12:06

En réponse à la réponse du HCP sur la publication des microdonnées, l'association Tafra publie, le 16 avril, une autre lettre dans laquelle elle souligne que les microdonnées communiquées par le HCP ne permettent pas de procéder à des analyses fines, notamment pour la prévention des épidémies.

Lundi 13 avril, l’association Tafra a initié une lettre ouverte, portée par 68 universitaires, en plus de plusieurs acteurs de la société civile et adressée au Haut-commissaire au plan, l’interpellant sur l’accès aux données publiques dont dispose le HCP. Cette lettre ouverte a donné lieu à la réponse du HCP dans laquelle il indique que les données auxquelles l’accès est demandé seraient d’ores et déjà disponibles en ligne, depuis mai 2019, dans les formats et selon les exigences de qualité attendues.

"Ce communiqué soulève de nombreuses questions en évacuant les limites des données publiées par le HCP", commente Tafra.

"En l’espèce, les microdonnées communiquées par le HCP ne permettent pas de procéder à des analyses fines, notamment dans le domaine de la prévention des épidémies, alors qu’elles sont accessibles dans de nombreux pays. Les débats actuels sur les possibilités de déconfinement sont impossibles du fait d’une absence de visibilité territoriale sur les stratégies à mener. Or, c’est bien la mobilisation de l’ensemble des spécialistes dans le cadre d’un débat scientifique ouvert qui permet les politiques publiques les plus efficaces."

Selon la même source, "les microdonnées du RGPH de 2014, publiées 5 ans après le recensement, représentent un échantillon de 10% au niveau de la province/préfecture. Prenons l’exemple de la préfecture de Casablanca. Le fichier "Individu" du HCP comporte 333.851 répondants, sur un territoire de 189,14 km². Or, si l’on veut étudier les poches de vulnérabilité socio-économique et épidémiologique, il est impossible de le faire à cette échelle, où aucun code géographique ne distingue un habitant de Gauthier de celui de Hay Hassani."

Par ailleurs, pour poursuivre cet exemple, Tafra indique qu'il existe des modalités connues et largement pratiquées pour contourner cette difficulté, dans le respect des dispositions légales en vigueur:

-Toutes les microdonnées ne concernent pas des individus. De nombreuses variables sur les ménages fournissent des informations précieuses pour la situation de crise (par exemple, la densité du ménage, les niveaux et les type d’équipements qui sont des proxys pour le niveau de richesse). L’INSEE en offre un exemple, où des microdonnées désagrégées et anonymisées sur les logements sont librement accessibles en téléchargement, au niveau le plus fin ("IRIS", soit l’unité de base de 2.000 habitants). D’autre part, l’agrégation des données individuelles à différents niveaux, comme le fait le HCP pour les communes par exemple, ne menace en aucun cas la protection des données personnelles. Ces fichiers peuvent être facilement générés, mais pour cela, il faut définir une procédure claire entre le HCP et les chercheur(e)s.

-La clarification officielle des procédures d’accès aux données brutes, à distance ou sur site sécurisé, pour les chercheur(e)s agréé(e)s de l’université. Ces procédures sont pratiquées par tous les producteurs de statistiques publiques de qualité, et permettent de travailler sur des données non accessibles au grand public. De nombreux exemples de procédures administratives existent, comme celui du Census Bureau américain

"Tafra se tient à la disposition du HCP pour fournir bénévolement des informations techniques, benchmarks des meilleures pratiques, ainsi que la constitution d’un groupe de chercheurs marocains, résidant au pays ou à l’étranger, en attente de ces données", poursuit le communiqué.

En effet, dans les jours et les semaines qui suivront, Tafra entend poursuivre ses efforts de collecte d’information auprès des usagers des données du HCP, afin d’identifier, pour chaque enquête réalisée par celui-ci, les besoins et les précisions attendues par la diversité des signataires. A cet effet, l’association invite les signataires et toute personne en attente de données spécifiques à remplir le questionnaire "Identification des besoins".

"Le HCP a accompli des efforts indéniables pour se mettre à niveau en termes de droit d’accès à l’information, mais que les résultats demeurent insuffisants, notamment au regard des besoins urgents nés de la crise sanitaire. La démarche initiée par Tafra entend encourager ces efforts et participer à résoudre les difficultés rencontrées, afin que les universitaires marocains puissent enfin accéder à la même qualité de données que leurs homologues étrangers. Or, il existe un large consensus sur les limites des données actuelles. Il appartient au HCP, détenteur de cette obligation, d’y répondre en prenant en compte l’urgence née de la crise, afin de clarifier ses positions sur chacun des points mentionnés:

-La définition de la procédure d’accès aux microdonnées brutes pour les chercheurs identifiés, à distance et sur site. Il est capital de définir des modalités d’accès à distance, notamment dans la période actuelle, et sur site pour l’après-crise. 

-L’accès aux données agrégées du RGPH au niveau de l’îlot, avec la cartographie correspondante. Notre demande détaillée a été réitérée le 15 avril 2020.", conclut l'association.

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