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Cours en ligne: la start-up ukrainienne Preply prospère avec les confinements (Photo AFP)

Cours en ligne: la start-up ukrainienne qui prospère avec les confinements

Le 22 avril 2020 à 11:20

Modifié le 22 avril 2020 à 12:24

L'Ukrainien Dmytro Volochyne engrange les recettes: la crise de coronavirus et le confinement qu'elle a entraîné ont donné un coup d’accélérateur à sa plateforme d'enseignement en ligne Preply, un succès mondial.

L'économie globale est en crise, mais "nous sommes dans une situation avantageuse", constate M. Volochyne, directeur technique de cette startup spécialisée dans l'apprentissage des langues et l'un de ses trois co-fondateurs ukrainiens, tous âgés de moins de 35 ans.

Fondée en 2013 d'abord pour des clients locaux, Preply.com a depuis complètement basculé vers l'enseignement en ligne, avec des pays occidentaux comme marché principal.

La site compte maintenant 10.000 tuteurs dans 190 pays et "des dizaines de milliers d'élèves", raconte à l'AFP M. Volochyne, posé, blond et svelte, au siège de son entreprise dans un bâtiment historique en plein coeur de Kiev.

Spacieux, les bureaux sont vides et silencieux, les patrons ayant mis les 125 employés en télétravail.

Ruée vers l'enseignement

Un calme trompeur: Preply tourne à pleine vitesse et s'apprête à embaucher une quarantaine de personnes à Kiev et dans son bureau de Barcelone.

C'est qu'avec des milliards de personnes confinées sur la planète, beaucoup choisissent d'en profiter pour étudier des langues.

La tendance est la même en Italie, en Espagne, en France, aux Etats-Unis... Dès qu'un pays se confine, la première semaine c'est le choc et "les gens ne font rien", mais à partir de la deuxième, "le nombre des utilisateurs (de ce pays) double, voire triple", explique M. Volochyne qui fait état d'une hausse de 20% des revenus du groupe depuis le début de la crise du Covid-19.

Hannah Ilina, qui enseigne le chinois et l'anglais sur plusieurs sites, dont Preply, le confirme.

"Avant, j'avais des journées libres ou avec un à deux cours. Aujourd'hui, j'en ai cinq à six et ceci sept jours sur sept", témoigne auprès de l'AFP cette jeune blonde de 25 ans habitant à Vychnevé, une banlieue de Kiev.

Un de ses élèves, un Canadien, a ainsi porté de trois à sept le nombre de ses cours hebdomadaires.

L'exemple de Preply est une success-story internationale rare pour cette ex-république soviétique d'environ 40 millions d'habitants et l'un des pays pauvres de l'Europe.

 'Fluctuation' 

Encore plus dans le contexte actuel. Le confinement imposé en Ukraine a étranglé de nombreux secteurs économiques, si bien que le pays pourrait perdre 5% à 10% de son PIB cette année, prévient Glib Vychlinsky, directeur du Centre de la stratégie économique à Kiev.

Même l'armée de 200.000 développeurs ukrainiens, très bien cotés sur le marché globalisé et qui représentent des revenus annuels de jusqu'à 5 milliards de dollars, n'est pas à l'abri.

Ceux travaillant pour des industries comme l'aviation ou le tourisme ont déjà ressenti les répercussions de la pandémie, explique l'expert.

A Kiev, 200 à 300 informaticiens ont perdu leur emploi ces dernières semaines, confirme M. Volochyne.

Quant à son succès actuel, il le relativise, le qualifiant de "fluctuation" due au contexte du nouveau coronavirus, tout en relevant que son entreprise avait déjà décuplé ses revenus ces trois dernières années et notamment levé 10 millions de dollars d'investissements fin mars.

"Dès que le confinement finira, nos 20% de croissance disparaîtront car les gens vont avoir envie de sortir", prédit ce diplômé en cybernétique.

"Ce que la quarantaine changera à long terme, c'est la perception générale de produits en ligne, les gens seront bien plus ouverts à leur égard", prédit M. Volochyne.

D'où l'ambition de son équipe: "devenir dans trois à quatre ans une 'licorne'", société valorisée au moins un milliard de dollars.

Mais pour cela, l'économie mondiale doit redémarrer car le succès conjoncturel ne suffira pas. "Si les gens n'ont plus d'argent, ils ne pourront plus dépenser ni pour des cours en ligne ni pour leurs besoins essentiels", explique M. Volochyne.

(AFP)

(Photo AFP)

Cours en ligne: la start-up ukrainienne qui prospère avec les confinements

Le 22 avril 2020 à12:24

Modifié le 22 avril 2020 à 12:24

L'Ukrainien Dmytro Volochyne engrange les recettes: la crise de coronavirus et le confinement qu'elle a entraîné ont donné un coup d’accélérateur à sa plateforme d'enseignement en ligne Preply, un succès mondial.

L'économie globale est en crise, mais "nous sommes dans une situation avantageuse", constate M. Volochyne, directeur technique de cette startup spécialisée dans l'apprentissage des langues et l'un de ses trois co-fondateurs ukrainiens, tous âgés de moins de 35 ans.

Fondée en 2013 d'abord pour des clients locaux, Preply.com a depuis complètement basculé vers l'enseignement en ligne, avec des pays occidentaux comme marché principal.

La site compte maintenant 10.000 tuteurs dans 190 pays et "des dizaines de milliers d'élèves", raconte à l'AFP M. Volochyne, posé, blond et svelte, au siège de son entreprise dans un bâtiment historique en plein coeur de Kiev.

Spacieux, les bureaux sont vides et silencieux, les patrons ayant mis les 125 employés en télétravail.

Ruée vers l'enseignement

Un calme trompeur: Preply tourne à pleine vitesse et s'apprête à embaucher une quarantaine de personnes à Kiev et dans son bureau de Barcelone.

C'est qu'avec des milliards de personnes confinées sur la planète, beaucoup choisissent d'en profiter pour étudier des langues.

La tendance est la même en Italie, en Espagne, en France, aux Etats-Unis... Dès qu'un pays se confine, la première semaine c'est le choc et "les gens ne font rien", mais à partir de la deuxième, "le nombre des utilisateurs (de ce pays) double, voire triple", explique M. Volochyne qui fait état d'une hausse de 20% des revenus du groupe depuis le début de la crise du Covid-19.

Hannah Ilina, qui enseigne le chinois et l'anglais sur plusieurs sites, dont Preply, le confirme.

"Avant, j'avais des journées libres ou avec un à deux cours. Aujourd'hui, j'en ai cinq à six et ceci sept jours sur sept", témoigne auprès de l'AFP cette jeune blonde de 25 ans habitant à Vychnevé, une banlieue de Kiev.

Un de ses élèves, un Canadien, a ainsi porté de trois à sept le nombre de ses cours hebdomadaires.

L'exemple de Preply est une success-story internationale rare pour cette ex-république soviétique d'environ 40 millions d'habitants et l'un des pays pauvres de l'Europe.

 'Fluctuation' 

Encore plus dans le contexte actuel. Le confinement imposé en Ukraine a étranglé de nombreux secteurs économiques, si bien que le pays pourrait perdre 5% à 10% de son PIB cette année, prévient Glib Vychlinsky, directeur du Centre de la stratégie économique à Kiev.

Même l'armée de 200.000 développeurs ukrainiens, très bien cotés sur le marché globalisé et qui représentent des revenus annuels de jusqu'à 5 milliards de dollars, n'est pas à l'abri.

Ceux travaillant pour des industries comme l'aviation ou le tourisme ont déjà ressenti les répercussions de la pandémie, explique l'expert.

A Kiev, 200 à 300 informaticiens ont perdu leur emploi ces dernières semaines, confirme M. Volochyne.

Quant à son succès actuel, il le relativise, le qualifiant de "fluctuation" due au contexte du nouveau coronavirus, tout en relevant que son entreprise avait déjà décuplé ses revenus ces trois dernières années et notamment levé 10 millions de dollars d'investissements fin mars.

"Dès que le confinement finira, nos 20% de croissance disparaîtront car les gens vont avoir envie de sortir", prédit ce diplômé en cybernétique.

"Ce que la quarantaine changera à long terme, c'est la perception générale de produits en ligne, les gens seront bien plus ouverts à leur égard", prédit M. Volochyne.

D'où l'ambition de son équipe: "devenir dans trois à quatre ans une 'licorne'", société valorisée au moins un milliard de dollars.

Mais pour cela, l'économie mondiale doit redémarrer car le succès conjoncturel ne suffira pas. "Si les gens n'ont plus d'argent, ils ne pourront plus dépenser ni pour des cours en ligne ni pour leurs besoins essentiels", explique M. Volochyne.

(AFP)

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