Plages: risque faible de contamination au Covid-19 (experts)

Le Covid-19 ne résiste pas à la salinité des eaux de mer, selon différentes études réalisées par des pays étrangers. D’autres recherches montrent toutefois la présence de traces du génome dans les eaux usées, qui représentent la première cause de pollution des eaux de baignade au Maroc.

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Le 06 juillet 2020 à 15:30

Modifié le 09 juillet 2020 à 23:18

C’est ce qu’a dévoilé Saber Lakranbi, ingénieur LPEE, et Mohammed El Bouch, directeur du Laboratoire national des études et de surveillance de la pollution (LNESP), lors d’une visioconférence sur la qualité des eaux de baignade et du sable des plages marocaines en 2020, réalisée ce lundi 6 juillet par le département de l’Environnement du ministère de l’Energie, des Mines et de l’Environnement.

"Cette pandémie nous a tous pris au dépourvu. Il y a eu des études publiées à l’étranger qui ont montré que le virus ne résiste pas à la salinité des eaux de mer, mais les mesures de précaution, telles que la distanciation lors de l’accès aux plages et la gestion des flux, ainsi que la vigilance sont nécessaires pour éviter la contamination", a déclaré M. Lakranbi lors de son intervention.

M. El Bouch estime pour sa part que "la probabilité de trouver le virus dans les eaux de baignade reste minime", en s’appuyant sur "des études scientifiques, réalisées notamment en France, en Belgique et au Canada, qui ont démontré la présence de traces du génome covid-19 dans les eaux usées, mais pas dans les eaux de baignade."

Dans ce sens, il a rappelé la circulaire du ministère de l’Intérieur, adressée en mai dernier aux walis, gouverneurs, et préfectures, alertant sur une possible présence du coronavirus dans les eaux usées, issu des selles des personnes atteintes, et qui rappelle l’interdiction de leur utilisation avant traitement.

175 plages évaluées en 2020

Cette visioconférence a été l’occasion de présenter les rapports annuels de la qualité des eaux de baignade et du sable des plages au Maroc.

Selon M. El Bouch, 422 stations dans 175 plages marocaines ont été évaluées en 2020, dans le cadre du programme national pour assurer la surveillance de la qualité des eaux de baignade des plages du Maroc (PNSQEB), contre 79 en 2002 et 50 en 2000.

La présence de germes surveillés dans l’eau témoigne de la présence d’une contamination fécale des zones de baignade et constitue ainsi un indicateur du niveau de pollution par les eaux usées. Plus ils sont présents, plus le risque sanitaire est important.

Le directeur du LNESP a rappelé que le Maroc a adopté en 2014 une nouvelle norme de surveillance "NM 03.7.199", l’ancienne (NM 03.7.200) ayant atteint ses limites, principalement en termes de source de pollution et information. 

Cette nouvelle norme consiste à instaurer une gestion de la qualité des eaux de baignade sur la base d'une classification des eaux durant les quatre dernières années consécutives. Les seuils de conformité sont plus sévères que l’ancienne norme, avec la nouveauté de l’élaboration de profils de gestion des eaux de baignade, qui représente un outil d’aide à la prise de décision.

"144 profils des eaux de baignade ont été réalisés en 2019, et 17 sont en cours d’élaboration en 2020". Le profil est un outil essentiel qui consiste à identifier les sources de pollution susceptibles d’avoir un impact sur la qualité des eaux de baignade et d’affecter la santé des baigneurs et à définir, dans le cas où un risque de pollution est identifié, les mesures de gestion à mettre en œuvre pour assurer la protection sanitaire de la population et des actions visant à supprimer ces sources de pollution.

Pour 2020, le classement de la qualité des eaux s’est basé sur le traitement statistique des résultats des 4 saisons balnéaires précédentes: 2016-2019. Les eaux de baignade sont classées selon 4 catégories: excellente, bonne et suffisante, qui sont conformes à la baignade et la catégorie insuffisante, non conforme à la baignade. 

52 stations non conformes en 2020

Toujours selon Mohammed El Bouch, "370 stations sont conformes en 2020, contre 52 non conformes, soit un taux de non-conformité de 12,32%, contre un taux de conformité de 87,68%".

En détails : la conformité est excellente pour 42,42% des stations évaluées, bonne pour 28,67% et suffisante pour 16,59%.

Certaines régions, telles que Laâyoune-Sakia El Hamra et Guelmim Oued Noun, ont atteint un taux de conformité de 100%. 

Les 52 stations non conformes sont situées sur 30 plages, réparties sur 6 régions :

L’Oriental: plage de Saidia;

Tanger-Tétouan-Al Hoceima:

  • plages Calabonita, Quemado, Sabadilla et Torres à Al Hoceima;
  • plage Azla à Tétouan;
  • plage Martil à M’diq-Fnideq;
  • plage Ksar El Majaz (ex Ksar Sghir) à Fahs Anjra;
  • plages Jbila III, Sidi Kacem, et Assilah port, à Tanger-Assilah;
  • la petite plage et Miami à Larache.

- Rabat-Salé-Kénitra:

  • plage de Salé;
  • plage de Rabat;
  • Plages de Témara, Val d’Or, et Ain Atiq à Skhirat-Témara.

- Casablanca-Settat:

  • plage Essanawbar (David) à Benslimane;
  • plage Ouled Hmimoune à Mohammedia;
  • plages Grand Zenata, Petit Zenata, Nahla Sidi Bernoussi, Nahla Ain Sebaa, Chahdia et Saâda à Casablanca;
  • Oued Merzeg à Nouaceur.

Souss-Massa: plage Aghroud I et plage d’Agadir, à Agadir Ida-Outanan.

- Dakhla-Oued Eddahab: plage Likheira à Oued Eddahab.

Les principales causes de dégradation sont généralement les rejets d’eaux usées et la forte concentration des baigneurs, conjugués à l’insuffisance des infrastructures d’hygiène et aussi aux changements climatiques, particulièrement en ce qui concerne les apports en eaux pluviales parfois polluées, qui rejoignent directement les plages par le biais des cours d’eau.

Pavillon bleu: 39 candidatures en 2020

Les données de surveillance issues de ce programme (PNSQEB) constituent également des sources d’information pour l’évaluation des dossiers des plages candidates à l’écolabel "Pavillon bleu", piloté par la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement, dont le drapeau a été hissé sur 22 plages en 2019.

En 2020, 39 candidatures ont été déposées parmi les 102 plages inscrites dans le programme "Plages propres". Le résultat d’examen sera communiqué incessamment par la Fondation.

La qualité du sable sera examinée dans 60 plages en 2020

La surveillance de la qualité hygiénique du sable des plages a concerné 45 plages en 2018 et 53 plages en 2019 (22 sur la façade méditerranéenne et 31 sur la façade atlantique), d'après Lakhlifi Asmae du laboratoire LPEE. Soixante plages sont programmées au cours de 2020.

Cette opération consiste en la réalisation des campagnes de prélèvement du sable pour effectuer des analyses physio-chimiques (métaux lourds, et hydrocarbures) et mycologiques (différents dermatophytes), ainsi que l’identification et la caractérisation des déchets marins des plages.

Cette surveillance a permis de constater que la qualité chimique du sable est généralement bonne, mis à part quelques traces de certains éléments métalliques et certains dermatophytes et champignons au niveau de quelques plages. 

Quant aux déchets marins des plages, ils se caractérisent par la prépondérance de la catégorie "plastiques-polystyrène", qui représente à elle seule un taux de 84% de la totalité des déchets marins au niveau national. Les sous-catégories dominantes sont les "mégots et filtres de cigarette" (38%), les "emballages de friandises/bâtonnets de sucettes" (17%) et les "bouchons et couvercles en plastique" (17%).

La deuxième catégorie des déchets marins des plages est le "papier/carton", avec un taux de 4%, dont les sous-catégories dominantes sont le "carton (boîtes et fragments)" (28%), et les "tasses, plateaux pour servir les aliments, emballages alimentaires, récipients à boire et gobelets", (23%).

Application "IPlages"

Par ailleurs, pour chercher la liste des plages conformes, l'application "IPlages", lancée en 2019 par le département Environnement du ministère de l'Energie, est toujours disponible. Celle-ci permet, entre autres de: 

- visualiser et faciliter la recherche des plages inscrites dans le programme de surveillance;

- s’informer régulièrement sur la conformité des eaux de baignade par station;

- fournir des informations sur les plages surveillées, telles que: la localisation géographique des plages, l’itinéraire, les infrastructures de base (blocs sanitaires, douches, poubelles, alimentation en eau potable et les services disponibles sur les lieux), transports en commun, sûreté, sécurité (protection civile et maîtres-nageurs), et centre de premiers soins;

- partager des liens: téléchargement de l’application et localisation d’une plage;

- choisir les plages à destination, soit par géolocalisation, ou en utilisant des filtres : plages labéllisées "Pavillon bleu", baignade sécurisée, présence de sûreté et aussi par la non-conformité de la qualité des eaux de baignade.

 

Plages: risque faible de contamination au Covid-19 (experts)

Le 06 juillet 2020 à15:46

Modifié le 09 juillet 2020 à 23:18

Le Covid-19 ne résiste pas à la salinité des eaux de mer, selon différentes études réalisées par des pays étrangers. D’autres recherches montrent toutefois la présence de traces du génome dans les eaux usées, qui représentent la première cause de pollution des eaux de baignade au Maroc.

C’est ce qu’a dévoilé Saber Lakranbi, ingénieur LPEE, et Mohammed El Bouch, directeur du Laboratoire national des études et de surveillance de la pollution (LNESP), lors d’une visioconférence sur la qualité des eaux de baignade et du sable des plages marocaines en 2020, réalisée ce lundi 6 juillet par le département de l’Environnement du ministère de l’Energie, des Mines et de l’Environnement.

"Cette pandémie nous a tous pris au dépourvu. Il y a eu des études publiées à l’étranger qui ont montré que le virus ne résiste pas à la salinité des eaux de mer, mais les mesures de précaution, telles que la distanciation lors de l’accès aux plages et la gestion des flux, ainsi que la vigilance sont nécessaires pour éviter la contamination", a déclaré M. Lakranbi lors de son intervention.

M. El Bouch estime pour sa part que "la probabilité de trouver le virus dans les eaux de baignade reste minime", en s’appuyant sur "des études scientifiques, réalisées notamment en France, en Belgique et au Canada, qui ont démontré la présence de traces du génome covid-19 dans les eaux usées, mais pas dans les eaux de baignade."

Dans ce sens, il a rappelé la circulaire du ministère de l’Intérieur, adressée en mai dernier aux walis, gouverneurs, et préfectures, alertant sur une possible présence du coronavirus dans les eaux usées, issu des selles des personnes atteintes, et qui rappelle l’interdiction de leur utilisation avant traitement.

175 plages évaluées en 2020

Cette visioconférence a été l’occasion de présenter les rapports annuels de la qualité des eaux de baignade et du sable des plages au Maroc.

Selon M. El Bouch, 422 stations dans 175 plages marocaines ont été évaluées en 2020, dans le cadre du programme national pour assurer la surveillance de la qualité des eaux de baignade des plages du Maroc (PNSQEB), contre 79 en 2002 et 50 en 2000.

La présence de germes surveillés dans l’eau témoigne de la présence d’une contamination fécale des zones de baignade et constitue ainsi un indicateur du niveau de pollution par les eaux usées. Plus ils sont présents, plus le risque sanitaire est important.

Le directeur du LNESP a rappelé que le Maroc a adopté en 2014 une nouvelle norme de surveillance "NM 03.7.199", l’ancienne (NM 03.7.200) ayant atteint ses limites, principalement en termes de source de pollution et information. 

Cette nouvelle norme consiste à instaurer une gestion de la qualité des eaux de baignade sur la base d'une classification des eaux durant les quatre dernières années consécutives. Les seuils de conformité sont plus sévères que l’ancienne norme, avec la nouveauté de l’élaboration de profils de gestion des eaux de baignade, qui représente un outil d’aide à la prise de décision.

"144 profils des eaux de baignade ont été réalisés en 2019, et 17 sont en cours d’élaboration en 2020". Le profil est un outil essentiel qui consiste à identifier les sources de pollution susceptibles d’avoir un impact sur la qualité des eaux de baignade et d’affecter la santé des baigneurs et à définir, dans le cas où un risque de pollution est identifié, les mesures de gestion à mettre en œuvre pour assurer la protection sanitaire de la population et des actions visant à supprimer ces sources de pollution.

Pour 2020, le classement de la qualité des eaux s’est basé sur le traitement statistique des résultats des 4 saisons balnéaires précédentes: 2016-2019. Les eaux de baignade sont classées selon 4 catégories: excellente, bonne et suffisante, qui sont conformes à la baignade et la catégorie insuffisante, non conforme à la baignade. 

52 stations non conformes en 2020

Toujours selon Mohammed El Bouch, "370 stations sont conformes en 2020, contre 52 non conformes, soit un taux de non-conformité de 12,32%, contre un taux de conformité de 87,68%".

En détails : la conformité est excellente pour 42,42% des stations évaluées, bonne pour 28,67% et suffisante pour 16,59%.

Certaines régions, telles que Laâyoune-Sakia El Hamra et Guelmim Oued Noun, ont atteint un taux de conformité de 100%. 

Les 52 stations non conformes sont situées sur 30 plages, réparties sur 6 régions :

L’Oriental: plage de Saidia;

Tanger-Tétouan-Al Hoceima:

  • plages Calabonita, Quemado, Sabadilla et Torres à Al Hoceima;
  • plage Azla à Tétouan;
  • plage Martil à M’diq-Fnideq;
  • plage Ksar El Majaz (ex Ksar Sghir) à Fahs Anjra;
  • plages Jbila III, Sidi Kacem, et Assilah port, à Tanger-Assilah;
  • la petite plage et Miami à Larache.

- Rabat-Salé-Kénitra:

  • plage de Salé;
  • plage de Rabat;
  • Plages de Témara, Val d’Or, et Ain Atiq à Skhirat-Témara.

- Casablanca-Settat:

  • plage Essanawbar (David) à Benslimane;
  • plage Ouled Hmimoune à Mohammedia;
  • plages Grand Zenata, Petit Zenata, Nahla Sidi Bernoussi, Nahla Ain Sebaa, Chahdia et Saâda à Casablanca;
  • Oued Merzeg à Nouaceur.

Souss-Massa: plage Aghroud I et plage d’Agadir, à Agadir Ida-Outanan.

- Dakhla-Oued Eddahab: plage Likheira à Oued Eddahab.

Les principales causes de dégradation sont généralement les rejets d’eaux usées et la forte concentration des baigneurs, conjugués à l’insuffisance des infrastructures d’hygiène et aussi aux changements climatiques, particulièrement en ce qui concerne les apports en eaux pluviales parfois polluées, qui rejoignent directement les plages par le biais des cours d’eau.

Pavillon bleu: 39 candidatures en 2020

Les données de surveillance issues de ce programme (PNSQEB) constituent également des sources d’information pour l’évaluation des dossiers des plages candidates à l’écolabel "Pavillon bleu", piloté par la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement, dont le drapeau a été hissé sur 22 plages en 2019.

En 2020, 39 candidatures ont été déposées parmi les 102 plages inscrites dans le programme "Plages propres". Le résultat d’examen sera communiqué incessamment par la Fondation.

La qualité du sable sera examinée dans 60 plages en 2020

La surveillance de la qualité hygiénique du sable des plages a concerné 45 plages en 2018 et 53 plages en 2019 (22 sur la façade méditerranéenne et 31 sur la façade atlantique), d'après Lakhlifi Asmae du laboratoire LPEE. Soixante plages sont programmées au cours de 2020.

Cette opération consiste en la réalisation des campagnes de prélèvement du sable pour effectuer des analyses physio-chimiques (métaux lourds, et hydrocarbures) et mycologiques (différents dermatophytes), ainsi que l’identification et la caractérisation des déchets marins des plages.

Cette surveillance a permis de constater que la qualité chimique du sable est généralement bonne, mis à part quelques traces de certains éléments métalliques et certains dermatophytes et champignons au niveau de quelques plages. 

Quant aux déchets marins des plages, ils se caractérisent par la prépondérance de la catégorie "plastiques-polystyrène", qui représente à elle seule un taux de 84% de la totalité des déchets marins au niveau national. Les sous-catégories dominantes sont les "mégots et filtres de cigarette" (38%), les "emballages de friandises/bâtonnets de sucettes" (17%) et les "bouchons et couvercles en plastique" (17%).

La deuxième catégorie des déchets marins des plages est le "papier/carton", avec un taux de 4%, dont les sous-catégories dominantes sont le "carton (boîtes et fragments)" (28%), et les "tasses, plateaux pour servir les aliments, emballages alimentaires, récipients à boire et gobelets", (23%).

Application "IPlages"

Par ailleurs, pour chercher la liste des plages conformes, l'application "IPlages", lancée en 2019 par le département Environnement du ministère de l'Energie, est toujours disponible. Celle-ci permet, entre autres de: 

- visualiser et faciliter la recherche des plages inscrites dans le programme de surveillance;

- s’informer régulièrement sur la conformité des eaux de baignade par station;

- fournir des informations sur les plages surveillées, telles que: la localisation géographique des plages, l’itinéraire, les infrastructures de base (blocs sanitaires, douches, poubelles, alimentation en eau potable et les services disponibles sur les lieux), transports en commun, sûreté, sécurité (protection civile et maîtres-nageurs), et centre de premiers soins;

- partager des liens: téléchargement de l’application et localisation d’une plage;

- choisir les plages à destination, soit par géolocalisation, ou en utilisant des filtres : plages labéllisées "Pavillon bleu", baignade sécurisée, présence de sûreté et aussi par la non-conformité de la qualité des eaux de baignade.

 

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