Nizar Baraka : "La seule ligne rouge de l’Istiqlal est d’ordre programmatique"

Une semaine après la réunion avec le Chef du gouvernement et le ministre de l’intérieur, Nizar Baraka revient pour Médias24 sur les décisions qui ont été prises. Selon le secrétaire général qui a rencontré mardi 10 mars son homologue du PJD, son parti est disposé à s’allier avec n’importe quelle formation pour peu que leurs programmes respectifs convergent sur l’essentiel.

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Nizar Baraka : « La seule ligne rouge de l’Istiqlal est d’ordre programmatique »

Le 11 mars 2020 à 16:50

Modifié le 11 mars 2020 à 22:06

A un peu plus d'un an des échéances électorales de 2021, c'est l'Istiqlal qui anime le jeu politique, prend des initiatives et se place au centre de l'échiquier. L'événement, ce mercredi 11 mars 2020, c'est la rencontre la veille entre les deux grandes formations, le PJD, qui dirige le gouvernement, et l'Istiqlal, qui est le grand parti historique.

La séquence initiée par l'Istiqlal a été inaugurée par une réunion le 10 février avec entre Nizar Baraka et le SG du PPS, une autre le 18 février avec le premier secrétaire de l’USFP, et enfin une dernière le 10 mars avec son homologue du PJD. Selon nos sources, d'autres réunions seront tenues avec d'autres partis.

La réforme électorale sera bouclée 1 an avant les scrutins de 2021

Sollicité par Médias24, Nizar Baraka nous a exposé le bilan de la réunion des chefs des partis représentés au parlement avec Saâdeddine Elotmani, Chef du gouvernement, tenue le 4 mars, ainsi que les objectifs de ses autres rencontres avec les partis politiques.

« Cette réunion avait trois buts, à savoir fixer la méthodologie de travail, arrêter un périmètre de refonte des textes électoraux qui feront l’objet d’amendements et enfin de fixer les objectifs des modifications qui seront apportées lors des futures discussions.

« Sachant qu’elle a eu lieu à la demande de l’Istiqlal, le principal objectif a été, selon nous, atteint.

"En effet, nous avons obtenu que les lois électorales soient bouclées durant l’année courante, soit plus d’une année avant les scrutins, ce qui n’avait jamais été le cas dans le passé électoral du pays.

« C'est donc une véritable première dans notre histoire qui mérite d’être soulignée.

« Cela nous permettra d’être au rendez-vous pour les prochaines échéances d’autant plus que c’est la première fois que nous aurons des communales et législatives durant la même année.

Les autres motifs de satisfaction de la réunion PI-Gouvernement

« Deuxième motif de satisfaction, les parties présentes (partis représentés au parlement, Chef du gouvernement et ministre de l’intérieur) se sont mises d’accord pour que le débat électoral ait lieu pendant la session parlementaire de printemps.

« En dernier lieu, on a réussi à faire en sorte que les textes qui seront retouchés ne se limitent pas aux seules lois électorales car les discussions porteront également sur la loi sur les partis politiques », résume le secrétaire général de la 2ème force d’opposition au parlement.

Appelé à préciser sa pensée, Baraka déclare que la partie financement des partis politiques sera débattue pour s’inscrire dans la volonté royale d’augmenter les financements publics des partis.

« Nous comptons donc discuter de la part de budget supplémentaire qui sera accordée aux partis politiques afin que ces derniers puissent en consacrer une partie à l’encadrement et à la réflexion.

Enjeu principal de la révision des textes électoraux : lutter contre l’abstentionnisme

«Ces discussions permettront d’identifier le mode de répartition de l’enveloppe supplémentaire allouée pour renforcer leur rôle d’intermédiation prévu par la Constitution », déclare Baraka en soulignant que l’objectif majeur des discussions est de lutter contre la désaffection électorale.

« Toutes les futures modifications de textes électoraux ont pour but ultime de réhabiliter la politique au niveau national et in fine de parvenir à renforcer le taux de participation aux élections », espère-t-il.

Questionné sur la façon d’y arriver, Baraka préfère temporiser en nous invitant à attendre la publication officielle des propositions de son parti.

« Elles sont d’ores et déjà prêtes mais nous attendons de trouver un consensus avec les autres partis politiques.

« Pour cela, le PI multiplie des contacts avec les autres formations pour les faire converger sur des éléments concrets qui permettront de rétablir la confiance des Marocains, en particulier pousser les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales et à voter le moment venu », précise Baraka.

Les propositions de l’Istiqlal bientôt dévoilées dans un mémorandum

Interrogé sur ses positions relatives aux éléments constitutifs de la révision électorale (seuil électoral, vote des MRE, date des élections, découpage administratif, mode de scrutin, article 47, vote obligatoire...), le leader affirme que tous ces points ont déjà été tranchés par la direction du PI et qu’il convient maintenant de les discuter avec les autres partis politiques et le ministère de l’Intérieur.

« Après les réunions avec les partis initiées par le Chef du gouvernement, la prochaine étape sera celle avec le ministre de l’Intérieur pour examiner ensemble les propositions.

« De son côté, l’Istiqlal a des propositions concrètes qui seront présentées dans le cadre d’un mémorandum que nous sommes en train de partager avec quelques partis pour avancer rapidement vers le meilleur cadre juridique possible » déclare notre interlocuteur qui ne veut cependant pas dévoiler les détails de la réforme électorale proposée par son parti.

Des négociations avancées avec les autres partis pour trouver un consensus électoral

« Aujourd’hui, nous sommes en phase de discussions avec un certain nombre de partis pour les convaincre de partager une vision commune.

« C’est la raison pour laquelle je ne veux pas m’engager aujourd’hui à vous annoncer notre vision même si les choses sont déjà arrêtées au niveau du PI.

« Avant de rendre publiques nos propositions de réforme électorale, nous allons d’abord veiller à trouver un consensus spécialement avec les partis qui veulent renforcer la démocratie dans notre pays », déclare Baraka en promettant des annonces prochaines.

La résurrection de la Koutla pas encore d’actualité

Concernant les récentes rencontres de l’Istiqlal avec les leaders d'autres partis (PPS, USFP) qui laisserait entendre une possible résurrection de la Koutla, Baraka juge ce scénario prématuré.

« Il est beaucoup trop tôt pour parler du retour ou pas de la Koutla. Nous avons simplement considéré qu’il y avait un besoin évident de reprendre contact avec nos partenaires traditionnels même si un d’entre eux est au gouvernement et l’autre dans l’opposition.

« Encore une fois, l’objectif était de pouvoir partager notre vision notamment la nécessité de réhabiliter la politique et de redonner confiance aux citoyens dans nos institutions élues. Ceci explique donc les récentes réunions bilatérales qui vont d’ailleurs se poursuivre pour converger.

« En effet, il faut préciser que ces différentes commissions ont bien avancé et qu’il y a de plus en plus de rapprochements sur un certain nombre de questions sur lesquelles nous travaillons.

Le PI n’exclut pas une alliance avec le PJD avec qui il a déjà gouverné

« Concernant le reste, à savoir les alliances possibles, tout dépendra des lois électorales qui faciliteront ou pas les alliances pré-électorales.

« Ce qui est sûr, c'est que le PI considère qu’il est essentiel pour les prochains scrutins de venir avec une meilleure lecture de la carte politique qui est désormais plus ouverte.

« Cela implique que tout doit être basé sur l’aspect programmatique pour pouvoir arrêter des éventuels choix qui nous semblent essentiels pour l’avenir.

« A cet effet, le PI propose un programme alternatif basé sur une vision de rupture par rapport aux pratiques actuelles et à certaines politiques dépassées voire contre-productives pour renforcer la cohésion sociale et améliorer le niveau de vie surtout des classes moyennes », avance Baraka.

A la dernière question sur une éventuelle alliance programmatique avec le PJD, le leader affirme que l’objectif de son parti est de s’appuyer sur des programmes sans « aucune autre ligne rouge.»

« Sachant que l’Istiqlal a déjà gouverné avec l’essentiel des partis marocains (RNI, PJD …) de l’échiquier politique, tout dépendra des programmes qui seront présentés par chacun de nos éventuels partenaires », conclut Baraka qui laisse donc la porte ouverte à tous …

En effet, selon nos informations, le cycle de rencontre initié par l’Istiqlal pourrait se poursuivre avec une rencontre prévue vendredi 13 mars avec le nouveau patron du PAM.

Nizar Baraka : "La seule ligne rouge de l’Istiqlal est d’ordre programmatique"

Le 11 mars 2020 à16:50

Modifié le 11 mars 2020 à 22:06

Une semaine après la réunion avec le Chef du gouvernement et le ministre de l’intérieur, Nizar Baraka revient pour Médias24 sur les décisions qui ont été prises. Selon le secrétaire général qui a rencontré mardi 10 mars son homologue du PJD, son parti est disposé à s’allier avec n’importe quelle formation pour peu que leurs programmes respectifs convergent sur l’essentiel.

A un peu plus d'un an des échéances électorales de 2021, c'est l'Istiqlal qui anime le jeu politique, prend des initiatives et se place au centre de l'échiquier. L'événement, ce mercredi 11 mars 2020, c'est la rencontre la veille entre les deux grandes formations, le PJD, qui dirige le gouvernement, et l'Istiqlal, qui est le grand parti historique.

La séquence initiée par l'Istiqlal a été inaugurée par une réunion le 10 février avec entre Nizar Baraka et le SG du PPS, une autre le 18 février avec le premier secrétaire de l’USFP, et enfin une dernière le 10 mars avec son homologue du PJD. Selon nos sources, d'autres réunions seront tenues avec d'autres partis.

La réforme électorale sera bouclée 1 an avant les scrutins de 2021

Sollicité par Médias24, Nizar Baraka nous a exposé le bilan de la réunion des chefs des partis représentés au parlement avec Saâdeddine Elotmani, Chef du gouvernement, tenue le 4 mars, ainsi que les objectifs de ses autres rencontres avec les partis politiques.

« Cette réunion avait trois buts, à savoir fixer la méthodologie de travail, arrêter un périmètre de refonte des textes électoraux qui feront l’objet d’amendements et enfin de fixer les objectifs des modifications qui seront apportées lors des futures discussions.

« Sachant qu’elle a eu lieu à la demande de l’Istiqlal, le principal objectif a été, selon nous, atteint.

"En effet, nous avons obtenu que les lois électorales soient bouclées durant l’année courante, soit plus d’une année avant les scrutins, ce qui n’avait jamais été le cas dans le passé électoral du pays.

« C'est donc une véritable première dans notre histoire qui mérite d’être soulignée.

« Cela nous permettra d’être au rendez-vous pour les prochaines échéances d’autant plus que c’est la première fois que nous aurons des communales et législatives durant la même année.

Les autres motifs de satisfaction de la réunion PI-Gouvernement

« Deuxième motif de satisfaction, les parties présentes (partis représentés au parlement, Chef du gouvernement et ministre de l’intérieur) se sont mises d’accord pour que le débat électoral ait lieu pendant la session parlementaire de printemps.

« En dernier lieu, on a réussi à faire en sorte que les textes qui seront retouchés ne se limitent pas aux seules lois électorales car les discussions porteront également sur la loi sur les partis politiques », résume le secrétaire général de la 2ème force d’opposition au parlement.

Appelé à préciser sa pensée, Baraka déclare que la partie financement des partis politiques sera débattue pour s’inscrire dans la volonté royale d’augmenter les financements publics des partis.

« Nous comptons donc discuter de la part de budget supplémentaire qui sera accordée aux partis politiques afin que ces derniers puissent en consacrer une partie à l’encadrement et à la réflexion.

Enjeu principal de la révision des textes électoraux : lutter contre l’abstentionnisme

«Ces discussions permettront d’identifier le mode de répartition de l’enveloppe supplémentaire allouée pour renforcer leur rôle d’intermédiation prévu par la Constitution », déclare Baraka en soulignant que l’objectif majeur des discussions est de lutter contre la désaffection électorale.

« Toutes les futures modifications de textes électoraux ont pour but ultime de réhabiliter la politique au niveau national et in fine de parvenir à renforcer le taux de participation aux élections », espère-t-il.

Questionné sur la façon d’y arriver, Baraka préfère temporiser en nous invitant à attendre la publication officielle des propositions de son parti.

« Elles sont d’ores et déjà prêtes mais nous attendons de trouver un consensus avec les autres partis politiques.

« Pour cela, le PI multiplie des contacts avec les autres formations pour les faire converger sur des éléments concrets qui permettront de rétablir la confiance des Marocains, en particulier pousser les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales et à voter le moment venu », précise Baraka.

Les propositions de l’Istiqlal bientôt dévoilées dans un mémorandum

Interrogé sur ses positions relatives aux éléments constitutifs de la révision électorale (seuil électoral, vote des MRE, date des élections, découpage administratif, mode de scrutin, article 47, vote obligatoire...), le leader affirme que tous ces points ont déjà été tranchés par la direction du PI et qu’il convient maintenant de les discuter avec les autres partis politiques et le ministère de l’Intérieur.

« Après les réunions avec les partis initiées par le Chef du gouvernement, la prochaine étape sera celle avec le ministre de l’Intérieur pour examiner ensemble les propositions.

« De son côté, l’Istiqlal a des propositions concrètes qui seront présentées dans le cadre d’un mémorandum que nous sommes en train de partager avec quelques partis pour avancer rapidement vers le meilleur cadre juridique possible » déclare notre interlocuteur qui ne veut cependant pas dévoiler les détails de la réforme électorale proposée par son parti.

Des négociations avancées avec les autres partis pour trouver un consensus électoral

« Aujourd’hui, nous sommes en phase de discussions avec un certain nombre de partis pour les convaincre de partager une vision commune.

« C’est la raison pour laquelle je ne veux pas m’engager aujourd’hui à vous annoncer notre vision même si les choses sont déjà arrêtées au niveau du PI.

« Avant de rendre publiques nos propositions de réforme électorale, nous allons d’abord veiller à trouver un consensus spécialement avec les partis qui veulent renforcer la démocratie dans notre pays », déclare Baraka en promettant des annonces prochaines.

La résurrection de la Koutla pas encore d’actualité

Concernant les récentes rencontres de l’Istiqlal avec les leaders d'autres partis (PPS, USFP) qui laisserait entendre une possible résurrection de la Koutla, Baraka juge ce scénario prématuré.

« Il est beaucoup trop tôt pour parler du retour ou pas de la Koutla. Nous avons simplement considéré qu’il y avait un besoin évident de reprendre contact avec nos partenaires traditionnels même si un d’entre eux est au gouvernement et l’autre dans l’opposition.

« Encore une fois, l’objectif était de pouvoir partager notre vision notamment la nécessité de réhabiliter la politique et de redonner confiance aux citoyens dans nos institutions élues. Ceci explique donc les récentes réunions bilatérales qui vont d’ailleurs se poursuivre pour converger.

« En effet, il faut préciser que ces différentes commissions ont bien avancé et qu’il y a de plus en plus de rapprochements sur un certain nombre de questions sur lesquelles nous travaillons.

Le PI n’exclut pas une alliance avec le PJD avec qui il a déjà gouverné

« Concernant le reste, à savoir les alliances possibles, tout dépendra des lois électorales qui faciliteront ou pas les alliances pré-électorales.

« Ce qui est sûr, c'est que le PI considère qu’il est essentiel pour les prochains scrutins de venir avec une meilleure lecture de la carte politique qui est désormais plus ouverte.

« Cela implique que tout doit être basé sur l’aspect programmatique pour pouvoir arrêter des éventuels choix qui nous semblent essentiels pour l’avenir.

« A cet effet, le PI propose un programme alternatif basé sur une vision de rupture par rapport aux pratiques actuelles et à certaines politiques dépassées voire contre-productives pour renforcer la cohésion sociale et améliorer le niveau de vie surtout des classes moyennes », avance Baraka.

A la dernière question sur une éventuelle alliance programmatique avec le PJD, le leader affirme que l’objectif de son parti est de s’appuyer sur des programmes sans « aucune autre ligne rouge.»

« Sachant que l’Istiqlal a déjà gouverné avec l’essentiel des partis marocains (RNI, PJD …) de l’échiquier politique, tout dépendra des programmes qui seront présentés par chacun de nos éventuels partenaires », conclut Baraka qui laisse donc la porte ouverte à tous …

En effet, selon nos informations, le cycle de rencontre initié par l’Istiqlal pourrait se poursuivre avec une rencontre prévue vendredi 13 mars avec le nouveau patron du PAM.

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