Casablanca: derniers jours difficiles pour M'dina Bus

Les bus circulent à nouveau à Casablanca, ce vendredi 15 février. Après 2 jours de grève où les habitants de la métropole ont été livrés à eux-mêmes, contraints de se déplacer en autocars et même en triporteurs. Mais M’dina Bus continue de faire face à de sérieuses difficultés, notamment financières, à quelques mois de la fin de son contrat avec la ville.

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M'dina Bus: Derniers jours difficiles...

Le 15 février 2019 à 17:25

Modifié le 19 février 2019 à 04:05

Les employés de M’dina Bus ont suspendu leur grève et repris le travail ce vendredi 15 février. Un accord ayant été trouvé suite à une réunion qui s’est tenue jeudi 14 février, entre des représentants de la société et la wilaya de Casablanca.

«L’accord trouvé avec la wilaya a permis à M’dina Bus de rassurer ses employés quant au virement de leurs salaires et la continuité de l’activité jusqu’en novembre 2019, date d’expiration du contrat avec la Ville», nous explique une source proche du dossier.

A l’origine de cette situation qui a presque paralysé les transports en commun à Casablanca, un appel à la grève lancé mercredi 13 février par les employés de M’dina Bus. D’abord partielle, la grève est devenue générale hier jeudi, en raison du retard accusé dans le virement des salaires, d’après des vidéos partagées sur les réseaux sociaux par les employés de M’dina Bus.

«Les causes de la grève vont au-delà des retards de salaire. Ces retards ne sont pas nouveaux, et ont toujours été gérés d’un commun accord avec les représentants syndicaux du personnel. Ce sont les déclarations du maire de Casablanca, Abdelaziz El Omari, qui ont semé la confusion dans l’esprit des employés», précise notre source, qui a préféré garder l’anonymat.

Ainsi, les employés de M’dina Bus auraient assimilé le retard «normal» des salaires à un éventuel arrêt de son activité avant l’expiration du contrat, en novembre 2019…

Moins d’argent, moins de bus ?

Sur la réduction volontaire par M'dina Bus du nombre de bus en circulation, entre autres éléments pointé du doigt par El Omari, notre source affirme que «non seulement cet argument est faux, mais il est aussi complètement illogique de réduire volontairement le nombre de bus en circulation et se priver ainsi d’une importante part des recettes. Ceci dans un contexte où le délégataire vit de sérieuses difficultés financières, imputables essentiellement à son conflit avec la Ville».

Notre source proche du dossier reconnait cependant une diminution du nombre de bus en circulation, «car il est difficile d’acquérir de nouveaux véhicules quand le comité des investissements ne se réunit pas, et que la Ville refuse de régler les arriérés dus à M’dina Bus».

La somme de ces arriérés, que le cabinet d’audit KPMG a évaluée à quelques 4 MMDH dans sa mission d’audit avortée, est contestée par El Omari. «Ce montant n’est effectivement pas exact, dans le sens où son calcul s’est basé sur des données arrêtées en 2016. Le montant de ces arriérés est aujourd’hui nettement supérieur à 4 MMDH», soutient notre source, qui confirme par la même occasion que M’dina Bus accuse un déficit annuel de 120 MDH.

L’expertise judiciaire livre ses résultats dans quelques semaines

Une situation délétère, dont les Casablancais payent les frais. Au cours de la grève, des scènes surréalistes se sont produites dans la métropole. A l’instar de triporteurs proposant d’assurer le transport, en effectuant le même parcours et en affichant les mêmes numéros de ligne que les bus de la société ! L’on a également vu des autocars circuler en affichant des numéros de bus…

Selon notre source, ces autocars n’ont pas été mandatés par M’dina Bus afin d’assurer une continuité de l’activité. S’agit-il d’initiatives opportunistes ? A moins que ces autocars aient été mobilisés par la Ville ? Malgré une dizaine d’appels et de messages, les responsables de la Ville n’ont pas donné suite aux sollicitations de Médias24.

Le conflit entre M’dina Bus et la Ville prend des tournures qui risquent de prendre en otage des millions de Casablancais. La bataille judiciaire entre les deux parties sera longue. L’action en justice menée par M’dina Bus pour faire valoir le préjudice subi, dans le cadre du contrat de gestion déléguée, devrait aboutir dans les semaines qui suivent. Le tribunal ayant mandaté un expert judiciaire pour évaluer ce préjudice, son rapport d’expertise est finalisé depuis deux semaines et ses conclusions, selon nos sources, sont plutôt favorables à M’dina Bus…

Casablanca: derniers jours difficiles pour M'dina Bus

Le 15 février 2019 à17:57

Modifié le 19 février 2019 à 04:05

Les bus circulent à nouveau à Casablanca, ce vendredi 15 février. Après 2 jours de grève où les habitants de la métropole ont été livrés à eux-mêmes, contraints de se déplacer en autocars et même en triporteurs. Mais M’dina Bus continue de faire face à de sérieuses difficultés, notamment financières, à quelques mois de la fin de son contrat avec la ville.

Les employés de M’dina Bus ont suspendu leur grève et repris le travail ce vendredi 15 février. Un accord ayant été trouvé suite à une réunion qui s’est tenue jeudi 14 février, entre des représentants de la société et la wilaya de Casablanca.

«L’accord trouvé avec la wilaya a permis à M’dina Bus de rassurer ses employés quant au virement de leurs salaires et la continuité de l’activité jusqu’en novembre 2019, date d’expiration du contrat avec la Ville», nous explique une source proche du dossier.

A l’origine de cette situation qui a presque paralysé les transports en commun à Casablanca, un appel à la grève lancé mercredi 13 février par les employés de M’dina Bus. D’abord partielle, la grève est devenue générale hier jeudi, en raison du retard accusé dans le virement des salaires, d’après des vidéos partagées sur les réseaux sociaux par les employés de M’dina Bus.

«Les causes de la grève vont au-delà des retards de salaire. Ces retards ne sont pas nouveaux, et ont toujours été gérés d’un commun accord avec les représentants syndicaux du personnel. Ce sont les déclarations du maire de Casablanca, Abdelaziz El Omari, qui ont semé la confusion dans l’esprit des employés», précise notre source, qui a préféré garder l’anonymat.

Ainsi, les employés de M’dina Bus auraient assimilé le retard «normal» des salaires à un éventuel arrêt de son activité avant l’expiration du contrat, en novembre 2019…

Moins d’argent, moins de bus ?

Sur la réduction volontaire par M'dina Bus du nombre de bus en circulation, entre autres éléments pointé du doigt par El Omari, notre source affirme que «non seulement cet argument est faux, mais il est aussi complètement illogique de réduire volontairement le nombre de bus en circulation et se priver ainsi d’une importante part des recettes. Ceci dans un contexte où le délégataire vit de sérieuses difficultés financières, imputables essentiellement à son conflit avec la Ville».

Notre source proche du dossier reconnait cependant une diminution du nombre de bus en circulation, «car il est difficile d’acquérir de nouveaux véhicules quand le comité des investissements ne se réunit pas, et que la Ville refuse de régler les arriérés dus à M’dina Bus».

La somme de ces arriérés, que le cabinet d’audit KPMG a évaluée à quelques 4 MMDH dans sa mission d’audit avortée, est contestée par El Omari. «Ce montant n’est effectivement pas exact, dans le sens où son calcul s’est basé sur des données arrêtées en 2016. Le montant de ces arriérés est aujourd’hui nettement supérieur à 4 MMDH», soutient notre source, qui confirme par la même occasion que M’dina Bus accuse un déficit annuel de 120 MDH.

L’expertise judiciaire livre ses résultats dans quelques semaines

Une situation délétère, dont les Casablancais payent les frais. Au cours de la grève, des scènes surréalistes se sont produites dans la métropole. A l’instar de triporteurs proposant d’assurer le transport, en effectuant le même parcours et en affichant les mêmes numéros de ligne que les bus de la société ! L’on a également vu des autocars circuler en affichant des numéros de bus…

Selon notre source, ces autocars n’ont pas été mandatés par M’dina Bus afin d’assurer une continuité de l’activité. S’agit-il d’initiatives opportunistes ? A moins que ces autocars aient été mobilisés par la Ville ? Malgré une dizaine d’appels et de messages, les responsables de la Ville n’ont pas donné suite aux sollicitations de Médias24.

Le conflit entre M’dina Bus et la Ville prend des tournures qui risquent de prendre en otage des millions de Casablancais. La bataille judiciaire entre les deux parties sera longue. L’action en justice menée par M’dina Bus pour faire valoir le préjudice subi, dans le cadre du contrat de gestion déléguée, devrait aboutir dans les semaines qui suivent. Le tribunal ayant mandaté un expert judiciaire pour évaluer ce préjudice, son rapport d’expertise est finalisé depuis deux semaines et ses conclusions, selon nos sources, sont plutôt favorables à M’dina Bus…

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