Loi anti-fake news : A l'USFP, on réclame des "mesures" contre Benabdelkader

Benabdelkader s’attire les foudres d'une partie du bureau politique de l'USFP. Le projet de loi sur les réseaux sociaux qualifié de « faute grave ». Des sanctions proposées lors d’une réunion convoquée par Driss Lachgar.

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Loi anti-fake news : A l'USFP, on réclame des

Le 11 mai 2020 à 20:40

Modifié le 12 mai 2020 à 16:27

Auteur du controversé projet de loi sur l’usage des réseaux sociaux, Mohamed Benabdelkader est dans l’œil du cyclone. De son propre parti, s’entend. A l’USFP, le bureau politique s’apprête à tenir une réunion décisive pour statuer sur le cas du ministre de la Justice, désavoué par une partie de la formation socialiste.

« Le premier secrétaire [Driss Lachgar] nous a convoqués dimanche à une rencontre qui se tiendra mardi ou mercredi au plus tard, probablement à distance, et où l’on devra discuter d’éventuelles mesures à prendre vis-à-vis du camarade Benabdelkader », rapporte un membre du bureau contacté par Médias24.

Driss Lachgar répond ainsi favorablement à une saisine de 11 membres du bureau politique. Ces derniers se disent « choqués » qu’un « ministre représentant le parti dans le gouvernement actuel ait présenté un texte en contradiction totale avec les valeurs et principes défendus par notre parti », lit-on dans une lettre adressée au premier secrétaire. Ils reprochent également à M. Benabdelkader sa sortie médiatique où il se présente en tant qu’initiateur du projet « sans égard à l’identité et l’image » de l’USFP. 

Essadia Bensahli, Mina El Talbi, Rihhab Hanane, Chokrane Amam, Abdelhamid Fatihi, Jaouad Chafik, Younes Moujahid, Abdelmaksoud Rachdi, Mohammed Mellal, Salah El Manouzi et Hassan Najmi ont signé cette lettre réquisitoire contre le ministre de la Justice. Soit 11 des 29 membres du bureau politique.

Plusieurs scénarios seront proposés lors de la future réunion. « Certains membres exigent que M. Benabdelkader demande sa démission du poste de ministre de la Justice. D’autres réclament le gel de son adhésion au parti, tandis que certains proposent son renvoi devant la commission d’éthique et d’arbitrage », nous explique un membre du bureau, sous couvert d’anonymat.

Qu’en dit le patron du parti ? Sollicité ce lundi 11 mai par Médias24, Driss Lachgar est demeuré injoignable malgré nos multiples relances. Dans un post incendiaire publié dimanche sur sa page Facebook, Hassan Najmi (un des signataires) reproche au premier secrétaire d’avoir formulé « un refus définitif à l’idée d'une démission proposée ».  Cette position a été prise avant la tenue de la réunion, dans un message Whatsapp envoyé par M. Lachgar, selon des sources généralement bien informées. 

« Le camarade Benabdelkader a commis plusieurs fautes graves », accuse sans détour Hanane Rihhab, contactée par Médias24. Il a présenté le texte sans consulter « l’état-major du parti. Or, le projet a été utilisé pour attaquer notre formation politique. L’impact de ce scandale nous poursuivra certainement à l’avenir », regrette la députée USFP.

Le ministre « n’a pas non plus adopté l’approche participative requise par la Constitution. Ce type de texte requiert de larges consultations avec les différents organismes syndicaux, des droits humains et de la société civile. Sur le fond, une grande partie du contenu du projet est inadmissible, en ce qu’elle porte atteinte à la liberté d’expression et aux droits de l’homme. »

« Désormais, il s’agit de prendre une décision claire et franche sur ses fautes, et d’engager les mesures internes et organisationnelles à cet effet », estime Mme Rihhab. Pour cette membre du bureau, l’USFP doit se « désolidariser complètement et définitivement des agissements commis par le ministre de la Justice. »

Contacté par Médias24, Mohamed Benabdelkader n'a pas répondu à nos sollicitations. 

>>Lire aussi:

Loi anti-fake news: Pluie de critiques et attaques frontales contre l'Exécutif 

Projet de loi sur les réseaux sociaux : Le gouvernement accepte le report 

Loi anti-fake news : A l'USFP, on réclame des "mesures" contre Benabdelkader

Le 11 mai 2020 à20:35

Modifié le 12 mai 2020 à 16:27

Benabdelkader s’attire les foudres d'une partie du bureau politique de l'USFP. Le projet de loi sur les réseaux sociaux qualifié de « faute grave ». Des sanctions proposées lors d’une réunion convoquée par Driss Lachgar.

Auteur du controversé projet de loi sur l’usage des réseaux sociaux, Mohamed Benabdelkader est dans l’œil du cyclone. De son propre parti, s’entend. A l’USFP, le bureau politique s’apprête à tenir une réunion décisive pour statuer sur le cas du ministre de la Justice, désavoué par une partie de la formation socialiste.

« Le premier secrétaire [Driss Lachgar] nous a convoqués dimanche à une rencontre qui se tiendra mardi ou mercredi au plus tard, probablement à distance, et où l’on devra discuter d’éventuelles mesures à prendre vis-à-vis du camarade Benabdelkader », rapporte un membre du bureau contacté par Médias24.

Driss Lachgar répond ainsi favorablement à une saisine de 11 membres du bureau politique. Ces derniers se disent « choqués » qu’un « ministre représentant le parti dans le gouvernement actuel ait présenté un texte en contradiction totale avec les valeurs et principes défendus par notre parti », lit-on dans une lettre adressée au premier secrétaire. Ils reprochent également à M. Benabdelkader sa sortie médiatique où il se présente en tant qu’initiateur du projet « sans égard à l’identité et l’image » de l’USFP. 

Essadia Bensahli, Mina El Talbi, Rihhab Hanane, Chokrane Amam, Abdelhamid Fatihi, Jaouad Chafik, Younes Moujahid, Abdelmaksoud Rachdi, Mohammed Mellal, Salah El Manouzi et Hassan Najmi ont signé cette lettre réquisitoire contre le ministre de la Justice. Soit 11 des 29 membres du bureau politique.

Plusieurs scénarios seront proposés lors de la future réunion. « Certains membres exigent que M. Benabdelkader demande sa démission du poste de ministre de la Justice. D’autres réclament le gel de son adhésion au parti, tandis que certains proposent son renvoi devant la commission d’éthique et d’arbitrage », nous explique un membre du bureau, sous couvert d’anonymat.

Qu’en dit le patron du parti ? Sollicité ce lundi 11 mai par Médias24, Driss Lachgar est demeuré injoignable malgré nos multiples relances. Dans un post incendiaire publié dimanche sur sa page Facebook, Hassan Najmi (un des signataires) reproche au premier secrétaire d’avoir formulé « un refus définitif à l’idée d'une démission proposée ».  Cette position a été prise avant la tenue de la réunion, dans un message Whatsapp envoyé par M. Lachgar, selon des sources généralement bien informées. 

« Le camarade Benabdelkader a commis plusieurs fautes graves », accuse sans détour Hanane Rihhab, contactée par Médias24. Il a présenté le texte sans consulter « l’état-major du parti. Or, le projet a été utilisé pour attaquer notre formation politique. L’impact de ce scandale nous poursuivra certainement à l’avenir », regrette la députée USFP.

Le ministre « n’a pas non plus adopté l’approche participative requise par la Constitution. Ce type de texte requiert de larges consultations avec les différents organismes syndicaux, des droits humains et de la société civile. Sur le fond, une grande partie du contenu du projet est inadmissible, en ce qu’elle porte atteinte à la liberté d’expression et aux droits de l’homme. »

« Désormais, il s’agit de prendre une décision claire et franche sur ses fautes, et d’engager les mesures internes et organisationnelles à cet effet », estime Mme Rihhab. Pour cette membre du bureau, l’USFP doit se « désolidariser complètement et définitivement des agissements commis par le ministre de la Justice. »

Contacté par Médias24, Mohamed Benabdelkader n'a pas répondu à nos sollicitations. 

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