Le développement du e-commerce agricole freiné par plusieurs facteurs (Comader)

L’agriculture voit dans le digital un moyen de booster les circuits courts de commercialisation. Mais l'e-commerce agricole est freiné par plusieurs facteurs. Débat.

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Le 11 juin 2020 à 18:55

Modifié le 12 juin 2020 à 09:07

La Confédération marocaine de l'agriculture et du développement rural (Comader) a organisé, mercredi 10 juin, un webinaire sur l'e-commerce agricole. La majorité des intervenants ont pointé du doigt les lacunes réglementaires de l'e-commerce, de manière générale. 

"La réglementation du commerce électronique doit évoluer. Le consommateur marocain n'a toujours pas confiance. Il a encore peur de partager ses données bancaires. Il a donc besoin d'un bon système pour le couvrir", a déclaré Redouane Arrach, directeur de la stratégie et des statistiques au ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts. 

"Le cadre juridique et réglementaire marocain en matière d’e-commerce doit être fortifié. On doit à présent réglementer secteur par secteur, puisque chacun a ses propres spécificités", a pour sa part souligné Mahdi Arrifi, directeur général de l'Agence pour le développement agricole. 

Marketing, logistique... Plusieurs types de freins

Outre le cadre juridique, M. Arrach a listé, lors de son intervention, un ensemble de freins qui retardent le développement de l'e-commerce agricole au Maroc. 

Tout d'abord, il y a la différenciation des produits. "En général, les produits agricoles sont similaires et il est donc très difficile de les différencier", a-t-il souligné. 

En second lieu, "il y a la problématique de la logistique: les conditions de transport et le respect de la chaîne de froid...".

"Il faut également prendre en compte le comportement du consommateur marocain, habitué à voir et à toucher tout ce qu'il achète". 

Le e-commerce est principalement basé sur la description des produits proposés, a-t-il ajouté. "Pour acheter un bouquet de menthe, un consommateur marocain sent son odeur. Pour acheter du miel, il doit connaître son origine et si le produit est certifié. Ainsi, pour le convaincre d'acheter les produits proposés sur une plateforme digitale et pour gagner sa confiance, il faut investir dans la description des produits, leurs spécificités, et leurs calibres…".  

A tout cela s'ajoute la problématique du volume. "L'e-commerce dans le secteur de l’agriculture c'est de gros volumes. Il faut donc toujours être préparé à recevoir de grosses commandes, en termes de stock et de logistique.... Il faut également être organisé, avoir un planning des livraisons, une bonne connaissance des stocks, suivre les expéditions, et avoir un retour des consommateurs", a-t-il conclu. 

Jean Cordier, professeur à Agrocampus Ouest, a pour sa part évoqué "la contrainte culturelle à passer de la transaction classique à la transaction digitale. Ce passage n'est pas évident pour beaucoup d’acteurs dans le secteur agricole". 

Des coopératives se mettent au digital

Lors de ce webinaire M. Arrifi est revenu sur l'expérience de l'ADA dans l'accompagnement des producteurs et des coopératives, en matière d'e-commerce.

"Nous avons déjà une plateforme digitale, en partenariat avec Barid Al Maghrib, qui offre aux groupements de producteurs de produits de terroir, la possibilité d'être présents sur internet, et de promouvoir et commercialiser leurs produits. Le service Amana de Barid Al Maghrib leut permet de livrer les produits à domicile. 17 grands groupements, qui représentent 72 coopératives et 3.300 producteurs ont déjà profité des services de cette plateforme". 

"Nous travaillons également avec Groupe Crédit Agricole sur un projet qui est actuellement en phase terminale. Il s'agit d'une plateforme virtuelle pour commercialiser les produits du terroir. La décision de créer cette plateforme est intervenue suite à l'annulation du SIAM, pour éviter la propagation du covid-19. Ainsi, les 300 coopératives qui ont été sélectionnées pour participer à l'édition 2020 auront la possibilité de présenter et de commercialiser leurs produits sur cette plateforme". 

La sécurité sanitaire, un enjeu de taille

"De manière générale, l'e-commerce permet aux consommateurs de profiter d'un large choix de produits à des prix réduits, d'une livraison rapide, de la possibilité de comparer les prix, et d'un service 7j/7...", a ajouté M. Arrifi. 

En revanche, "l’e-commerce agricole est une arme à double tranchant. Un produit alimentaire est étroitement lié à la santé du consommateur. Les produits agricoles (fruits, légumes ou viandes…), sont facilement périssables et difficiles sur l’aspect conditionnement. Le respect de la chaine de froid est également nécessaire. Les plateformes doivent donc garantir la qualité des produits proposés".

"Pour permettre aux coopératives de commercialiser leurs produits sur ses plateformes, l'ADA a mis en place un processus d’authentification et de recensement. On commence d’abord par sélectionner les coopératives qui répondent aux exigences de sécurité sanitaire". Toutes celles qui ne disposent pas d’agrément délivré par l'ONSSA sont donc éliminées.

"Ensuite, avant de passer à tout ce qui est opérationnel, ces coopératives suivent un coaching, notamment en matière de traçabilité et d'étiquetage...", conclut-il. 

Le développement du e-commerce agricole freiné par plusieurs facteurs (Comader)

Le 11 juin 2020 à19:00

Modifié le 12 juin 2020 à 09:07

L’agriculture voit dans le digital un moyen de booster les circuits courts de commercialisation. Mais l'e-commerce agricole est freiné par plusieurs facteurs. Débat.

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La Confédération marocaine de l'agriculture et du développement rural (Comader) a organisé, mercredi 10 juin, un webinaire sur l'e-commerce agricole. La majorité des intervenants ont pointé du doigt les lacunes réglementaires de l'e-commerce, de manière générale. 

"La réglementation du commerce électronique doit évoluer. Le consommateur marocain n'a toujours pas confiance. Il a encore peur de partager ses données bancaires. Il a donc besoin d'un bon système pour le couvrir", a déclaré Redouane Arrach, directeur de la stratégie et des statistiques au ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts. 

"Le cadre juridique et réglementaire marocain en matière d’e-commerce doit être fortifié. On doit à présent réglementer secteur par secteur, puisque chacun a ses propres spécificités", a pour sa part souligné Mahdi Arrifi, directeur général de l'Agence pour le développement agricole. 

Marketing, logistique... Plusieurs types de freins

Outre le cadre juridique, M. Arrach a listé, lors de son intervention, un ensemble de freins qui retardent le développement de l'e-commerce agricole au Maroc. 

Tout d'abord, il y a la différenciation des produits. "En général, les produits agricoles sont similaires et il est donc très difficile de les différencier", a-t-il souligné. 

En second lieu, "il y a la problématique de la logistique: les conditions de transport et le respect de la chaîne de froid...".

"Il faut également prendre en compte le comportement du consommateur marocain, habitué à voir et à toucher tout ce qu'il achète". 

Le e-commerce est principalement basé sur la description des produits proposés, a-t-il ajouté. "Pour acheter un bouquet de menthe, un consommateur marocain sent son odeur. Pour acheter du miel, il doit connaître son origine et si le produit est certifié. Ainsi, pour le convaincre d'acheter les produits proposés sur une plateforme digitale et pour gagner sa confiance, il faut investir dans la description des produits, leurs spécificités, et leurs calibres…".  

A tout cela s'ajoute la problématique du volume. "L'e-commerce dans le secteur de l’agriculture c'est de gros volumes. Il faut donc toujours être préparé à recevoir de grosses commandes, en termes de stock et de logistique.... Il faut également être organisé, avoir un planning des livraisons, une bonne connaissance des stocks, suivre les expéditions, et avoir un retour des consommateurs", a-t-il conclu. 

Jean Cordier, professeur à Agrocampus Ouest, a pour sa part évoqué "la contrainte culturelle à passer de la transaction classique à la transaction digitale. Ce passage n'est pas évident pour beaucoup d’acteurs dans le secteur agricole". 

Des coopératives se mettent au digital

Lors de ce webinaire M. Arrifi est revenu sur l'expérience de l'ADA dans l'accompagnement des producteurs et des coopératives, en matière d'e-commerce.

"Nous avons déjà une plateforme digitale, en partenariat avec Barid Al Maghrib, qui offre aux groupements de producteurs de produits de terroir, la possibilité d'être présents sur internet, et de promouvoir et commercialiser leurs produits. Le service Amana de Barid Al Maghrib leut permet de livrer les produits à domicile. 17 grands groupements, qui représentent 72 coopératives et 3.300 producteurs ont déjà profité des services de cette plateforme". 

"Nous travaillons également avec Groupe Crédit Agricole sur un projet qui est actuellement en phase terminale. Il s'agit d'une plateforme virtuelle pour commercialiser les produits du terroir. La décision de créer cette plateforme est intervenue suite à l'annulation du SIAM, pour éviter la propagation du covid-19. Ainsi, les 300 coopératives qui ont été sélectionnées pour participer à l'édition 2020 auront la possibilité de présenter et de commercialiser leurs produits sur cette plateforme". 

La sécurité sanitaire, un enjeu de taille

"De manière générale, l'e-commerce permet aux consommateurs de profiter d'un large choix de produits à des prix réduits, d'une livraison rapide, de la possibilité de comparer les prix, et d'un service 7j/7...", a ajouté M. Arrifi. 

En revanche, "l’e-commerce agricole est une arme à double tranchant. Un produit alimentaire est étroitement lié à la santé du consommateur. Les produits agricoles (fruits, légumes ou viandes…), sont facilement périssables et difficiles sur l’aspect conditionnement. Le respect de la chaine de froid est également nécessaire. Les plateformes doivent donc garantir la qualité des produits proposés".

"Pour permettre aux coopératives de commercialiser leurs produits sur ses plateformes, l'ADA a mis en place un processus d’authentification et de recensement. On commence d’abord par sélectionner les coopératives qui répondent aux exigences de sécurité sanitaire". Toutes celles qui ne disposent pas d’agrément délivré par l'ONSSA sont donc éliminées.

"Ensuite, avant de passer à tout ce qui est opérationnel, ces coopératives suivent un coaching, notamment en matière de traçabilité et d'étiquetage...", conclut-il. 

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