Younes Maamar

Ingénieur, ex DG ONE, ex Banque mondiale.

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La main et la henna

Le 24 décembre 2020 à 10:20

Modifié le 24 décembre 2020 à 11:58

La normalisation marocaine n'est pas un blanc seing à Israël concernant la Palestine et n'a pas commencé par le "deal d'Abraham" promu par Trump. Une analyse de Younes Maamar.

Un vieux proverbe marocain dit "une main ne peut applaudir seule".

L'"algorithme" de normalisation avec Israël que le Roi déploie n'a pas commencé par le "deal d'Abraham" que Trump promeut au forceps. Il n'en fait pas partie ni dans sa genèse ni dans son contenu. Il a de commun avec le deal d'Abraham une concomitance qui l'aide. Un alignement d'astres salutaire. 

Un détail que nos meilleurs amis omettent: Cette normalisation n'est pas un blanc-seing pour la position d'Israël tant sur le dossier Palestine que sur le dossier des implantations illégales de colonies et les annexions territoriales.  

Cet algorithme donc, utilisant un substrat culturel historique et anthropologique particuliers à notre Royaume a commencé, à mon humble avis, par des décisions clés prises par le Maroc et parfois passées sous silence. 

En voici certaines:

1. La Constitution marocaine qui consacre la composante juive dans la contribution de l'identité de notre Pays millénaire puis l'introduction de cet élément de notre Histoire dans les livres d'écoles. 

2. La lettre adressée par le Roi à la Ligue arabe pointant du doigt la stérilité de ce machin dans sa forme actuelle et sa décision par conséquent de surseoir à se rendre aux sommets. "Ce qui réunit les arabes n'est que ce chapiteau où nous nous trouvons" disait Kaddafi.

3. Les courriers adressés aux gouvernements israéliens au sujet des implantations. Le premier datant de la veille du sommet arabe de Beyrouth. 

4. La coordination constante avec le leadership de l'autorité palestinienne. 

5. La nomination d'un rabbin à dimension internationale au tribunal rabbinique du Maroc et qui, bien que très controversé, jouit d'une grande écoute auprès de ses coreligionnaires.

6. La relance des élections pour le renouvellement des instances nationales représentatives de la communauté juive du Maroc inchangées depuis des décennies. 

7. La visite du Pape au Maroc et la déclaration conjointe sur notamment le devenir de la sainte Jérusalem.

8.  La convocation annoncée du comité Al Qods qui va sans doute acter une position commune.

La communauté marocaine en Israël a, il faut le lui reconnaître, su se constituer en force politique qui compte. Contrairement à leurs compatriotes d'Europe. Elle est, en Israël, incontournable quand viennent les moments de votes importants et de choix politiques cruciaux. Elle a historiquement toujours voté à droite et a, par exemple, cautionné Menahem Begin, Isaac Shamir, ou aujourd'hui Benjamin Netanyahu qui furent de grand promoteurs de la politique du durcissement.

Cette même communauté a aujourd'hui un rôle historique qui s'inscrirait dans la droite ligne et de la paix réelle de leur pays Israël avec ses voisins et de la vision de leur Mellekh, notre Roi: promouvoir par les urnes israéliennes, une vrai politique de normalisation avec l'Etat de Palestine qui soit viable et sereine. 

Une main, nous rappelle donc le proverbe marocain, même royale, ne peut applaudir seule. 

Que nos frères marocains de là-bas montrent au monde "le henné de leur main" et qu'il la mette à l'unisson de celle de leur Roi.

Amine! Amine! Amine!

Younes Maamar

Ingénieur, ex DG ONE, ex Banque mondiale.

La main et la henna

Le 24 décembre 2020 à11:58

Modifié le 24 décembre 2020 à 11:58

La normalisation marocaine n'est pas un blanc seing à Israël concernant la Palestine et n'a pas commencé par le "deal d'Abraham" promu par Trump. Une analyse de Younes Maamar.

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Un vieux proverbe marocain dit "une main ne peut applaudir seule".

L'"algorithme" de normalisation avec Israël que le Roi déploie n'a pas commencé par le "deal d'Abraham" que Trump promeut au forceps. Il n'en fait pas partie ni dans sa genèse ni dans son contenu. Il a de commun avec le deal d'Abraham une concomitance qui l'aide. Un alignement d'astres salutaire. 

Un détail que nos meilleurs amis omettent: Cette normalisation n'est pas un blanc-seing pour la position d'Israël tant sur le dossier Palestine que sur le dossier des implantations illégales de colonies et les annexions territoriales.  

Cet algorithme donc, utilisant un substrat culturel historique et anthropologique particuliers à notre Royaume a commencé, à mon humble avis, par des décisions clés prises par le Maroc et parfois passées sous silence. 

En voici certaines:

1. La Constitution marocaine qui consacre la composante juive dans la contribution de l'identité de notre Pays millénaire puis l'introduction de cet élément de notre Histoire dans les livres d'écoles. 

2. La lettre adressée par le Roi à la Ligue arabe pointant du doigt la stérilité de ce machin dans sa forme actuelle et sa décision par conséquent de surseoir à se rendre aux sommets. "Ce qui réunit les arabes n'est que ce chapiteau où nous nous trouvons" disait Kaddafi.

3. Les courriers adressés aux gouvernements israéliens au sujet des implantations. Le premier datant de la veille du sommet arabe de Beyrouth. 

4. La coordination constante avec le leadership de l'autorité palestinienne. 

5. La nomination d'un rabbin à dimension internationale au tribunal rabbinique du Maroc et qui, bien que très controversé, jouit d'une grande écoute auprès de ses coreligionnaires.

6. La relance des élections pour le renouvellement des instances nationales représentatives de la communauté juive du Maroc inchangées depuis des décennies. 

7. La visite du Pape au Maroc et la déclaration conjointe sur notamment le devenir de la sainte Jérusalem.

8.  La convocation annoncée du comité Al Qods qui va sans doute acter une position commune.

La communauté marocaine en Israël a, il faut le lui reconnaître, su se constituer en force politique qui compte. Contrairement à leurs compatriotes d'Europe. Elle est, en Israël, incontournable quand viennent les moments de votes importants et de choix politiques cruciaux. Elle a historiquement toujours voté à droite et a, par exemple, cautionné Menahem Begin, Isaac Shamir, ou aujourd'hui Benjamin Netanyahu qui furent de grand promoteurs de la politique du durcissement.

Cette même communauté a aujourd'hui un rôle historique qui s'inscrirait dans la droite ligne et de la paix réelle de leur pays Israël avec ses voisins et de la vision de leur Mellekh, notre Roi: promouvoir par les urnes israéliennes, une vrai politique de normalisation avec l'Etat de Palestine qui soit viable et sereine. 

Une main, nous rappelle donc le proverbe marocain, même royale, ne peut applaudir seule. 

Que nos frères marocains de là-bas montrent au monde "le henné de leur main" et qu'il la mette à l'unisson de celle de leur Roi.

Amine! Amine! Amine!

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