"La hausse des impayés impactera les comptes des banques en 2020" (Mohammed Tahri)

La dynamique de relance, le risque de surendettement des entreprises, la hausse du risque d'impayés bancaires,... des sujets, entre autres, passés au crible par Mohammed Tahri, Directeur Général et membre du Directoire à la Société Générale Maroc. Entretien.

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Le 07 juillet 2020 à 19:49

Modifié le 07 juillet 2020 à 20:48

Le secteur bancaire a été fortement sollicité ces derniers mois dans le cadre de la crise du Covid. Plusieurs mesures impliquant le secteur bancaire ont été mises en place par le gouvernement, dans un premier temps pour atténuer les effets de la crise et dans un second temps pour permettre à la machine économique de reprendre. Cette forte sollicitation du secteur bancaire a été accompagnée par un ensemble de décisions de la Banque centrale. 

Un engouement confirmé pour les produits Relance

Pour commenter le rôle joué par les banques et analyser l'impact que cela peut avoir sur le secteur bancaire, Médias24 est allé à la rencontre de Mohammed Tahri, Directeur Général et membre du Directoire à la Société Générale Maroc.

Ce dernier rappelle comment les banques, notamment la Société Générale Maroc, se sont mobilisées chacune de sa position pour soutenir l'économie dans cette période difficile.

A son niveau, la société générale a opéré quelques 30.000 opérations de report d'échéances bancaires et a accompagné plus d'un milliers d'entreprises dans le cadre du dispositif Damane Oxygène, nous précise notre interlocuteur. 

Pour les produits Relance, lancés officiellement dans le réseau bancaire le 15 juin dernier, les chiffres ne sont pas encore consolidés. "Le chiffre que j'aurais pu partager avec vous hier est bien en deçà de celui que je peux vous donner aujourd'hui, demain il sera encore plus important", nous explique-t-il. 

Mais le directeur général de la Société Général assure que "l'attrait des entreprises pour ce produit ne dément pas par rapport aux prévisions". "Les grandes entreprises comme les petites sont intéressées par ce mécanisme. Nous sommes en train de monter en puissance. Ce que je peux vous dire c'est qu'il y a une dynamique de croissance qui s'accélère", ajoute le DG de la Société Générale. 

Une relance contrastée 

Sur la dynamique de relance, Mohammed Tahiri explique que toutes les entreprises n'ont pas encore retrouvé un rythme d'activité conforme à ce qu'elles enregistraient avant la crise. "La réalité est assez contractée d'un secteur à l'autre. Un patron d'entreprise dans les services m'expliquait il y a quelques jours que sur le mois de juin il a fait 150% par rapport à juin 2019. D'autres secteurs n'ont pas encore redémarré leur activité. Je pense particulièrement à un secteur fort important dans le PIB du Maroc, à savoir le secteur du tourisme, pour lequel un certain nombre de mesures sont en train d'être mises en place par les autorités publiques en parfaite concertation avec le secteur bancaire". 

Toujours dans le cadre de l'accompagnement de la relance, le Directeur général de la Société Générale nous confie qu'un assouplissement dans les conditions d'octroi de Damane Relance a été décidé par les autorités en faveur des personnes physiques. "Les entreprises personne physique qui n'ont pas de bilan, peuvent bénéficier du crédit Relance TPE, sous réserve de déclaration sur l'honneur du chef d'entreprises qui dit voilà mon niveau de chiffre d'affaires annuel et de s'engager d'ici la fin de l'année à faire sa déclaration à l'administration fiscale", nous explique-t-il.

Le secteur bancaire impacté comme tous les autres secteurs

Toutes les mesures prises pour soutenir le tissu économique ont été basées sur le crédit, ce qui interpelle sur le risque de surendettement des entreprises ainsi que sur la hausse du coût du risque pour les banques. Ces dernières peuvent-elle maintenir le cap sans dégrader leurs agrégats financiers ?

"Il fallait apporter des solutions immédiates à des problèmes urgents qui ne pouvaient pas attendre des réflexions sur l'ouverture du capital, la recapitalisation ou la mise en place de fonds d'investissement ou de solutions qui portent sur l'Equity. Néanmoins, il est important de penser à la mise en place de telles solutions. Il y a des discussions en cours", explique Mohammed Tahri. 

Pour ce qui est des impayés bancaires qui ont augmenté selon les dernières statistiques de Bank Al Maghrib, M. Tahri se veut rassurant. "Il faut rester confiant mais prudent car la confiance sans la prudence n'a pas de sens. Les banques dans le monde comme au Maroc connaîtront cette année, à ne pas en douter, une hausse importante de leur coût du risque. Les difficultés économiques enregistrées se traduiront par des difficultés de paiement et une baisse de solvabilité d'un certain nombre d'acteurs engendrant une hausse du coût du risque", avance notre interlocuteur. 

"Le coût du risque va être bien plus important que ce nous avons connu en 2018 et 2019, mais il reste à des niveaux que l'on pourra maîtriser. Cela dit, il impactera nos comptes d'exploitation. C'est inéluctable. Mais nous allons pouvoir absorber cette crise", assure M. Tahri.

"La hausse des impayés impactera les comptes des banques en 2020" (Mohammed Tahri)

Le 07 juillet 2020 à20:09

Modifié le 07 juillet 2020 à 20:48

La dynamique de relance, le risque de surendettement des entreprises, la hausse du risque d'impayés bancaires,... des sujets, entre autres, passés au crible par Mohammed Tahri, Directeur Général et membre du Directoire à la Société Générale Maroc. Entretien.

Le secteur bancaire a été fortement sollicité ces derniers mois dans le cadre de la crise du Covid. Plusieurs mesures impliquant le secteur bancaire ont été mises en place par le gouvernement, dans un premier temps pour atténuer les effets de la crise et dans un second temps pour permettre à la machine économique de reprendre. Cette forte sollicitation du secteur bancaire a été accompagnée par un ensemble de décisions de la Banque centrale. 

Un engouement confirmé pour les produits Relance

Pour commenter le rôle joué par les banques et analyser l'impact que cela peut avoir sur le secteur bancaire, Médias24 est allé à la rencontre de Mohammed Tahri, Directeur Général et membre du Directoire à la Société Générale Maroc.

Ce dernier rappelle comment les banques, notamment la Société Générale Maroc, se sont mobilisées chacune de sa position pour soutenir l'économie dans cette période difficile.

A son niveau, la société générale a opéré quelques 30.000 opérations de report d'échéances bancaires et a accompagné plus d'un milliers d'entreprises dans le cadre du dispositif Damane Oxygène, nous précise notre interlocuteur. 

Pour les produits Relance, lancés officiellement dans le réseau bancaire le 15 juin dernier, les chiffres ne sont pas encore consolidés. "Le chiffre que j'aurais pu partager avec vous hier est bien en deçà de celui que je peux vous donner aujourd'hui, demain il sera encore plus important", nous explique-t-il. 

Mais le directeur général de la Société Général assure que "l'attrait des entreprises pour ce produit ne dément pas par rapport aux prévisions". "Les grandes entreprises comme les petites sont intéressées par ce mécanisme. Nous sommes en train de monter en puissance. Ce que je peux vous dire c'est qu'il y a une dynamique de croissance qui s'accélère", ajoute le DG de la Société Générale. 

Une relance contrastée 

Sur la dynamique de relance, Mohammed Tahiri explique que toutes les entreprises n'ont pas encore retrouvé un rythme d'activité conforme à ce qu'elles enregistraient avant la crise. "La réalité est assez contractée d'un secteur à l'autre. Un patron d'entreprise dans les services m'expliquait il y a quelques jours que sur le mois de juin il a fait 150% par rapport à juin 2019. D'autres secteurs n'ont pas encore redémarré leur activité. Je pense particulièrement à un secteur fort important dans le PIB du Maroc, à savoir le secteur du tourisme, pour lequel un certain nombre de mesures sont en train d'être mises en place par les autorités publiques en parfaite concertation avec le secteur bancaire". 

Toujours dans le cadre de l'accompagnement de la relance, le Directeur général de la Société Générale nous confie qu'un assouplissement dans les conditions d'octroi de Damane Relance a été décidé par les autorités en faveur des personnes physiques. "Les entreprises personne physique qui n'ont pas de bilan, peuvent bénéficier du crédit Relance TPE, sous réserve de déclaration sur l'honneur du chef d'entreprises qui dit voilà mon niveau de chiffre d'affaires annuel et de s'engager d'ici la fin de l'année à faire sa déclaration à l'administration fiscale", nous explique-t-il.

Le secteur bancaire impacté comme tous les autres secteurs

Toutes les mesures prises pour soutenir le tissu économique ont été basées sur le crédit, ce qui interpelle sur le risque de surendettement des entreprises ainsi que sur la hausse du coût du risque pour les banques. Ces dernières peuvent-elle maintenir le cap sans dégrader leurs agrégats financiers ?

"Il fallait apporter des solutions immédiates à des problèmes urgents qui ne pouvaient pas attendre des réflexions sur l'ouverture du capital, la recapitalisation ou la mise en place de fonds d'investissement ou de solutions qui portent sur l'Equity. Néanmoins, il est important de penser à la mise en place de telles solutions. Il y a des discussions en cours", explique Mohammed Tahri. 

Pour ce qui est des impayés bancaires qui ont augmenté selon les dernières statistiques de Bank Al Maghrib, M. Tahri se veut rassurant. "Il faut rester confiant mais prudent car la confiance sans la prudence n'a pas de sens. Les banques dans le monde comme au Maroc connaîtront cette année, à ne pas en douter, une hausse importante de leur coût du risque. Les difficultés économiques enregistrées se traduiront par des difficultés de paiement et une baisse de solvabilité d'un certain nombre d'acteurs engendrant une hausse du coût du risque", avance notre interlocuteur. 

"Le coût du risque va être bien plus important que ce nous avons connu en 2018 et 2019, mais il reste à des niveaux que l'on pourra maîtriser. Cela dit, il impactera nos comptes d'exploitation. C'est inéluctable. Mais nous allons pouvoir absorber cette crise", assure M. Tahri.

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