La hausse de la fréquentation des musées se poursuit

Quatre mois après la réouverture des musées, le 27 juillet, leur fréquentation est toujours en hausse, même s’ils n’ont pas encore retrouvé le taux d’affluence qui prévalait avant la crise sanitaire. La rentrée culturelle à Rabat et Marrakech suscite la curiosité du public, et les projets muséaux à Fès et Tanger devraient l’attiser davantage.

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La hausse de la fréquentation des musées se poursuit

Le 27 novembre 2020 à 16:51

Modifié le 27 novembre 2020 à 16:59

La fréquentation muséale au Maroc ne faiblit pas malgré le contexte sanitaire tendu. S’il est pour l’heure difficile d’avancer des chiffres précis concernant le nombre de visiteurs dans les musées marocains, Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées (FNM), estime à 60% en moyenne le taux d’affluence au musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (MMVI) à Rabat, ''véritable porte-drapeau des musées au Maroc'', dit-il à Médias24. ''Ce taux a même atteint 70% vendredi dernier. Je peux vous assurer que la fréquentation a augmenté'', se réjouit-il.

Fin septembre, soit deux mois après la réouverture des musées, le 27 juillet, Mehdi Qotbi avait fait état auprès de Médias24 d’un taux de visites globales d’environ 50%.

''Les visiteurs reviennent également à Marrakech, dans les musées Dar El Bacha et Dar si Saïd. C’est une très grande satisfaction pour le travail accompli par les équipes de tous les musées. Ce sont elles qui font un travail exceptionnel sur place'', souligne-t-il.

''La nouveauté attire le public''

Cet ''intérêt'', cet ''engouement, même'' du public pour les musées s’explique par ''la nouveauté'' et ''les changements'' opérés dans ces différentes structures. Le musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain héberge actuellement trois expositions ''qui rendent hommage au patrimoine moderne et contemporain du Maroc'', précise Mehdi Qotbi : celle consacrée au peintre Jilali Gharbaoui, du 23 septembre au 8 février ; une seconde dédiée au peintre Fouad Bellamine, initiée le 19 novembre ; une troisième intitulée ''Les peintres marocains dans les collections nationales, de Ben Ali R’bati à nos jours'', qui court depuis le 12 août et se poursuit jusqu’au 15 décembre. Au musée de l’Histoire et des Civilisations de Rabat se tient également, depuis le 7 septembre, une exposition sur l’histoire de la peinture du Maroc.

Cette rentrée culturelle a-t-elle contribué à faire revenir les visiteurs ? ''Elle a incontestablement suscité la curiosité du public. Pendant le confinement et même après, avant la réouverture des musées cet été, une équipe de la fondation a continué à travailler et a profité des nouvelles technologies pour pouvoir bâtir la programmation que nous avons aujourd’hui. Nous avons notamment organisé des expositions virtuelles et avons senti un intérêt du public marocain, mais aussi étranger. Dès la réouverture des musées, le public marocain s’est manifesté parce que nous avons varié la programmation.''

A Marrakech, le musée Dar El Bacha accueille depuis le 2 octobre et jusqu’au 10 janvier 2021, l’exposition "Foum Zguid – Du sel au Fil", qui présente des tissages réalisés par des femmes berbères de la région de Foum Zguid. "Les broderies ont été réalisées avec beaucoup d’élégance et de modernité. Le langage de ces femmes est un langage à part. Vous avez l’impression d’avoir affaire à des œuvres extrêmement contemporaines. C’est aussi la nouveauté qui attire le public ; les gens sont attirés par des thématiques qui changent et se renouvellent. C’est comme lorsque vous lisez un livre : la typographie ne change pas mais l’histoire, elle, change. Quand vous faites des expositions bien construites et qui parlent aux gens, qui les touchent, la fréquentation est au rendez-vous."

Tanger, Fès et Asfi ne sont pas en reste

Rabat et Marrakech n’ont pas le monopole de la culture muséale. A Asfi, les visites au Musée national de la céramique ne faiblissent pas non plus. ''J’échange régulièrement avec le directeur du musée national de la céramique d’Asfi, qui m’assure qu’il y a tout de même beaucoup de visiteurs qui viennent voir des œuvres qui leur parlent et sont réalisées par des maîtres céramistes'', indique encore Mehdi Qotbi. Du 13 octobre au 11 janvier 2021, le Musée national de la céramique accueille d’ailleurs le Centenaire du maître céramiste Boujemâa Lamali (1919-2019) et de la première école de céramique au Maroc et en Afrique (1920-2020).

A Tanger, le musée de la Kasbah des cultures méditerranéennes ''fonctionne, avec beaucoup moins de monde qu’avant, certes, mais il fonctionne''. Le président de la FNM précise qu’un musée sera prochainement inauguré dans la ville du Détroit. Il abritera des peintures d’artistes orientalistes, notamment Jacques Majorel et Henri Pontoy. ''Ces peintres ont été les premiers à venir se nourrir de nos couleurs et de nos lumières. Nous aurons un très beau musée pour mettre en avant l’influence de ces artistes européens qui sont venus au Maroc et ont amené avec eux la manière de transcrire la lumière marocaine'', salue Mehdi Qotbi. A leurs côtés se tiendront des œuvres d’artistes marocains, comme Chaïbia Talal et Ben Ali Ribati.

Enfin, à Fès, les travaux du musée de l’Art de l’Islam ''avancent très bien''. Son ouverture est prévue pour octobre 2021. ''Nous avons également donné, mercredi, le coup d’envoi du démarrage des travaux du musée du judaïsme'', précise le président de la FNM. ''Je crois sincèrement que le public marocain est curieux de découvrir quelque chose qui appartient à chacun d’entre nous, d’autant plus en cette période où les gens ont véritablement besoin de sortir de chez eux.''

La hausse de la fréquentation des musées se poursuit

Le 27 novembre 2020 à16:59

Modifié le 27 novembre 2020 à 16:59

Quatre mois après la réouverture des musées, le 27 juillet, leur fréquentation est toujours en hausse, même s’ils n’ont pas encore retrouvé le taux d’affluence qui prévalait avant la crise sanitaire. La rentrée culturelle à Rabat et Marrakech suscite la curiosité du public, et les projets muséaux à Fès et Tanger devraient l’attiser davantage.

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La fréquentation muséale au Maroc ne faiblit pas malgré le contexte sanitaire tendu. S’il est pour l’heure difficile d’avancer des chiffres précis concernant le nombre de visiteurs dans les musées marocains, Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées (FNM), estime à 60% en moyenne le taux d’affluence au musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (MMVI) à Rabat, ''véritable porte-drapeau des musées au Maroc'', dit-il à Médias24. ''Ce taux a même atteint 70% vendredi dernier. Je peux vous assurer que la fréquentation a augmenté'', se réjouit-il.

Fin septembre, soit deux mois après la réouverture des musées, le 27 juillet, Mehdi Qotbi avait fait état auprès de Médias24 d’un taux de visites globales d’environ 50%.

''Les visiteurs reviennent également à Marrakech, dans les musées Dar El Bacha et Dar si Saïd. C’est une très grande satisfaction pour le travail accompli par les équipes de tous les musées. Ce sont elles qui font un travail exceptionnel sur place'', souligne-t-il.

''La nouveauté attire le public''

Cet ''intérêt'', cet ''engouement, même'' du public pour les musées s’explique par ''la nouveauté'' et ''les changements'' opérés dans ces différentes structures. Le musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain héberge actuellement trois expositions ''qui rendent hommage au patrimoine moderne et contemporain du Maroc'', précise Mehdi Qotbi : celle consacrée au peintre Jilali Gharbaoui, du 23 septembre au 8 février ; une seconde dédiée au peintre Fouad Bellamine, initiée le 19 novembre ; une troisième intitulée ''Les peintres marocains dans les collections nationales, de Ben Ali R’bati à nos jours'', qui court depuis le 12 août et se poursuit jusqu’au 15 décembre. Au musée de l’Histoire et des Civilisations de Rabat se tient également, depuis le 7 septembre, une exposition sur l’histoire de la peinture du Maroc.

Cette rentrée culturelle a-t-elle contribué à faire revenir les visiteurs ? ''Elle a incontestablement suscité la curiosité du public. Pendant le confinement et même après, avant la réouverture des musées cet été, une équipe de la fondation a continué à travailler et a profité des nouvelles technologies pour pouvoir bâtir la programmation que nous avons aujourd’hui. Nous avons notamment organisé des expositions virtuelles et avons senti un intérêt du public marocain, mais aussi étranger. Dès la réouverture des musées, le public marocain s’est manifesté parce que nous avons varié la programmation.''

A Marrakech, le musée Dar El Bacha accueille depuis le 2 octobre et jusqu’au 10 janvier 2021, l’exposition "Foum Zguid – Du sel au Fil", qui présente des tissages réalisés par des femmes berbères de la région de Foum Zguid. "Les broderies ont été réalisées avec beaucoup d’élégance et de modernité. Le langage de ces femmes est un langage à part. Vous avez l’impression d’avoir affaire à des œuvres extrêmement contemporaines. C’est aussi la nouveauté qui attire le public ; les gens sont attirés par des thématiques qui changent et se renouvellent. C’est comme lorsque vous lisez un livre : la typographie ne change pas mais l’histoire, elle, change. Quand vous faites des expositions bien construites et qui parlent aux gens, qui les touchent, la fréquentation est au rendez-vous."

Tanger, Fès et Asfi ne sont pas en reste

Rabat et Marrakech n’ont pas le monopole de la culture muséale. A Asfi, les visites au Musée national de la céramique ne faiblissent pas non plus. ''J’échange régulièrement avec le directeur du musée national de la céramique d’Asfi, qui m’assure qu’il y a tout de même beaucoup de visiteurs qui viennent voir des œuvres qui leur parlent et sont réalisées par des maîtres céramistes'', indique encore Mehdi Qotbi. Du 13 octobre au 11 janvier 2021, le Musée national de la céramique accueille d’ailleurs le Centenaire du maître céramiste Boujemâa Lamali (1919-2019) et de la première école de céramique au Maroc et en Afrique (1920-2020).

A Tanger, le musée de la Kasbah des cultures méditerranéennes ''fonctionne, avec beaucoup moins de monde qu’avant, certes, mais il fonctionne''. Le président de la FNM précise qu’un musée sera prochainement inauguré dans la ville du Détroit. Il abritera des peintures d’artistes orientalistes, notamment Jacques Majorel et Henri Pontoy. ''Ces peintres ont été les premiers à venir se nourrir de nos couleurs et de nos lumières. Nous aurons un très beau musée pour mettre en avant l’influence de ces artistes européens qui sont venus au Maroc et ont amené avec eux la manière de transcrire la lumière marocaine'', salue Mehdi Qotbi. A leurs côtés se tiendront des œuvres d’artistes marocains, comme Chaïbia Talal et Ben Ali Ribati.

Enfin, à Fès, les travaux du musée de l’Art de l’Islam ''avancent très bien''. Son ouverture est prévue pour octobre 2021. ''Nous avons également donné, mercredi, le coup d’envoi du démarrage des travaux du musée du judaïsme'', précise le président de la FNM. ''Je crois sincèrement que le public marocain est curieux de découvrir quelque chose qui appartient à chacun d’entre nous, d’autant plus en cette période où les gens ont véritablement besoin de sortir de chez eux.''

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