L'impact de la crise sur les entreprises vu par leurs avocats d'affaires

Moyennes et grandes structures sollicitent les services d'avocats d'affaires pour dépasser les contraintes imposées par la crise. Quelles sont leurs difficultés ? Comment interviennent les avocats ? Médias24 a sondé 3 spécialistes.

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L'impact de la crise sur les entreprises vu par leurs avocats d'affaires

Le 25 janvier 2021 à 19:22

Modifié le 28 janvier 2021 à 14:06

Bien que les entreprises de toutes tailles sollicitent les services des avocats, dans le cadre de conseils ou de contentieux, ce sont les moyennes ou grandes structures, opérant dans des secteurs d'activité divers, qui sont accompagnées par des avocats d’affaires.

Selon Me Rim Tazi, avocate au barreau de Casablanca, les entreprises qui ont le plus souvent recours à l’accompagnement d’avocats d’affaires sont celles opérant dans l’immobilier, l’industrie, les télécoms ou encore les établissements bancaires ou de santé.

"Une partie de nos entreprises clientes est marocaine, et une autre grande partie est constituée d’entreprises étrangères ayant des intérêts au Maroc ou désireuses d’y investir”, indique-t-elle.

Celles qui sollicitent Me Nesrine Roudane, avocate au barreau de Casablanca, sont généralement " des multinationales installées au Maroc, qui comptent s’y installer ou y réaliser un investissement, principalement dans les secteurs touristique, immobilier et digital. Mais aussi des entreprises marocaines impliquées dans le commerce international”.

Depuis le début de la crise sanitaire, certaines entreprises opérant dans les secteurs d’activité les plus touchés ont plus sollicité les services de leurs avocats afin de faire face à des contraintes sanitaires et financières. Quels sont les besoins les plus récurrents ? Comment interviennent les avocats ? Voici les réponses de trois avocats d'affaires. 

"On ne peut pas encore parler d'un retour à la normale"

Actuellement, le climat des affaires, altéré par les effets de la crise, ne répond pas à une tendance particulière. Selon deux avocates sollicitées par nos soins, les entreprises sont toujours bouleversées par l’impact économique de la pandémie. Tandis qu'une troisième témoigne d’une amélioration palpable, depuis le troisième trimestre de 2020.  

Selon Me Roudane, “hormis les entreprises offrant des services financiers ou de livraison ou encore celles opérant principalement en ligne, la grande majorité des entreprises a éprouvé de sérieuses difficultés opérationnelles ou financières en 2020. Et ce, malgré le soutien apporté par l’Etat pour leur permettre de supporter les conséquences de la crise”.  

“Le secteur touristique, immobilier et publicitaire ont été particulièrement affectés. Même si les activités reprennent en douceur, on ne peut pas encore parler de retour à la normale”, indique l’avocate. 

Si certaines entreprises ont été épargnées durant cette période de crise, d’autres ont été confrontées, depuis le début de la pandémie, “ à des chamboulements qui touchent leur organisation”, déclare Me Nawal Ghaouti, avocate au barreau de Casablanca. 

Selon Me Ghaouti, “les contraintes sanitaires gérées en fonction du nombre de salariés et de l’espace dont elles disposent les obligent à un travail par roulement qui ralentit leur productivité. Le traçage des cas contacts, les tests et isolements chahutent toutes les structures. Les baisses de commandes et les cessations d’activités décidées par les autorités les amènent à opérer des licenciements négociés ou à fixer des réductions de temps de travail”, poursuit-elle. 

Ainsi, les avocats accompagnant les entreprises ont été, depuis mars 2020, souvent sollicités dans le cadre de problématiques liées au droit du travail. 

C’est ce que confirme Me Roudane. Selon elle, certaines procédures, auparavant peu utilisées, comme le licenciement pour motif économique, sont aujourd’hui beaucoup plus fréquentes. C’est également le cas des ajustements structurels et contractuels pour permettre le télétravail, en l’absence de dispositions légales ou réglementaires adaptées”.

En effet, désormais "une attention plus particulière est apportée à l’inclusion de clauses permettant d’aborder cette crise ou une crise similaire dans le futur avec moins d’incertitudes", indique Me Roudane. 

Mais ce n’est pas tout ! Car cette crise a non seulement transformé le mode d’accompagnement de l’entreprise, désormais digitalisé, mais aussi lourdement bouleversé les projets à venir, compte tenu du changement global, des nouvelles restrictions et du futur incertain. 

Projets de développement : entre reports et restructurations 

“Les projets de développement par fusions ou acquisitions, comme toutes les formes d’investissements, semblent reportés sine die dans la majorité des cas. Les liens de nos sociétés avec des partenaires ou donneurs d’ordre étrangers situés en Europe en majorité sont très affectés par les difficultés sanitaires et économiques que traversent ces pays”, explique Me Ghaouti qui souligne, par ailleurs, l’impact de l’année électorale qui s’ouvre. 

Celle-ci “freine, en général, les investissements et provoque l’attentisme des opérateurs économiques. Les investissements sont donc d’autant plus réduits pour cette double raison et les missions d’accompagnement reportées en une large partie. En somme, les trésoreries s’assèchent du fait conjugué de tous ces facteurs exogènes et endogènes”, indique l'avocate.  

De son côté, Me Tazi porte un regard différent sur la situation actuelle. Selon elle, “au Maroc, le climat des affaires s’est amélioré à compter du 3e trimestre 2020, et ce, malgré la pandémie. L’activité a repris, les transactions continuent à être réalisées, et la plupart des entreprises continuent leur croissance et leur développement. La crise a certes atteint plusieurs secteurs, mais pour plusieurs autres, les affaires continuent à se développer”.

L’avocate souligne, par ailleurs, que “les restructurations d’entreprises (fusion-acquisition, cession d’activité, etc.) sont les opérations les plus demandées à la suite de la crise”.

L'impact de la crise sur les entreprises vu par leurs avocats d'affaires

Le 25 janvier 2021 à19:28

Modifié le 28 janvier 2021 à 14:06

Moyennes et grandes structures sollicitent les services d'avocats d'affaires pour dépasser les contraintes imposées par la crise. Quelles sont leurs difficultés ? Comment interviennent les avocats ? Médias24 a sondé 3 spécialistes.

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Bien que les entreprises de toutes tailles sollicitent les services des avocats, dans le cadre de conseils ou de contentieux, ce sont les moyennes ou grandes structures, opérant dans des secteurs d'activité divers, qui sont accompagnées par des avocats d’affaires.

Selon Me Rim Tazi, avocate au barreau de Casablanca, les entreprises qui ont le plus souvent recours à l’accompagnement d’avocats d’affaires sont celles opérant dans l’immobilier, l’industrie, les télécoms ou encore les établissements bancaires ou de santé.

"Une partie de nos entreprises clientes est marocaine, et une autre grande partie est constituée d’entreprises étrangères ayant des intérêts au Maroc ou désireuses d’y investir”, indique-t-elle.

Celles qui sollicitent Me Nesrine Roudane, avocate au barreau de Casablanca, sont généralement " des multinationales installées au Maroc, qui comptent s’y installer ou y réaliser un investissement, principalement dans les secteurs touristique, immobilier et digital. Mais aussi des entreprises marocaines impliquées dans le commerce international”.

Depuis le début de la crise sanitaire, certaines entreprises opérant dans les secteurs d’activité les plus touchés ont plus sollicité les services de leurs avocats afin de faire face à des contraintes sanitaires et financières. Quels sont les besoins les plus récurrents ? Comment interviennent les avocats ? Voici les réponses de trois avocats d'affaires. 

"On ne peut pas encore parler d'un retour à la normale"

Actuellement, le climat des affaires, altéré par les effets de la crise, ne répond pas à une tendance particulière. Selon deux avocates sollicitées par nos soins, les entreprises sont toujours bouleversées par l’impact économique de la pandémie. Tandis qu'une troisième témoigne d’une amélioration palpable, depuis le troisième trimestre de 2020.  

Selon Me Roudane, “hormis les entreprises offrant des services financiers ou de livraison ou encore celles opérant principalement en ligne, la grande majorité des entreprises a éprouvé de sérieuses difficultés opérationnelles ou financières en 2020. Et ce, malgré le soutien apporté par l’Etat pour leur permettre de supporter les conséquences de la crise”.  

“Le secteur touristique, immobilier et publicitaire ont été particulièrement affectés. Même si les activités reprennent en douceur, on ne peut pas encore parler de retour à la normale”, indique l’avocate. 

Si certaines entreprises ont été épargnées durant cette période de crise, d’autres ont été confrontées, depuis le début de la pandémie, “ à des chamboulements qui touchent leur organisation”, déclare Me Nawal Ghaouti, avocate au barreau de Casablanca. 

Selon Me Ghaouti, “les contraintes sanitaires gérées en fonction du nombre de salariés et de l’espace dont elles disposent les obligent à un travail par roulement qui ralentit leur productivité. Le traçage des cas contacts, les tests et isolements chahutent toutes les structures. Les baisses de commandes et les cessations d’activités décidées par les autorités les amènent à opérer des licenciements négociés ou à fixer des réductions de temps de travail”, poursuit-elle. 

Ainsi, les avocats accompagnant les entreprises ont été, depuis mars 2020, souvent sollicités dans le cadre de problématiques liées au droit du travail. 

C’est ce que confirme Me Roudane. Selon elle, certaines procédures, auparavant peu utilisées, comme le licenciement pour motif économique, sont aujourd’hui beaucoup plus fréquentes. C’est également le cas des ajustements structurels et contractuels pour permettre le télétravail, en l’absence de dispositions légales ou réglementaires adaptées”.

En effet, désormais "une attention plus particulière est apportée à l’inclusion de clauses permettant d’aborder cette crise ou une crise similaire dans le futur avec moins d’incertitudes", indique Me Roudane. 

Mais ce n’est pas tout ! Car cette crise a non seulement transformé le mode d’accompagnement de l’entreprise, désormais digitalisé, mais aussi lourdement bouleversé les projets à venir, compte tenu du changement global, des nouvelles restrictions et du futur incertain. 

Projets de développement : entre reports et restructurations 

“Les projets de développement par fusions ou acquisitions, comme toutes les formes d’investissements, semblent reportés sine die dans la majorité des cas. Les liens de nos sociétés avec des partenaires ou donneurs d’ordre étrangers situés en Europe en majorité sont très affectés par les difficultés sanitaires et économiques que traversent ces pays”, explique Me Ghaouti qui souligne, par ailleurs, l’impact de l’année électorale qui s’ouvre. 

Celle-ci “freine, en général, les investissements et provoque l’attentisme des opérateurs économiques. Les investissements sont donc d’autant plus réduits pour cette double raison et les missions d’accompagnement reportées en une large partie. En somme, les trésoreries s’assèchent du fait conjugué de tous ces facteurs exogènes et endogènes”, indique l'avocate.  

De son côté, Me Tazi porte un regard différent sur la situation actuelle. Selon elle, “au Maroc, le climat des affaires s’est amélioré à compter du 3e trimestre 2020, et ce, malgré la pandémie. L’activité a repris, les transactions continuent à être réalisées, et la plupart des entreprises continuent leur croissance et leur développement. La crise a certes atteint plusieurs secteurs, mais pour plusieurs autres, les affaires continuent à se développer”.

L’avocate souligne, par ailleurs, que “les restructurations d’entreprises (fusion-acquisition, cession d’activité, etc.) sont les opérations les plus demandées à la suite de la crise”.

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