Khlie : "L’ONCF ne licenciera personne et maintiendra ses investissements"

Lors d’un webinaire tenu vendredi 19 juin, le DG de l’ONCF a apporté des précisions sur la situation actuelle et l’avenir de la compagnie ferroviaire. Selon Mohamed Rabie Khlie, la signature en 2019 d’un contrat-programme avec l’Etat lui a évité le pire avec des réformes qui ont permis de limiter l’impact de la crise. Ainsi, malgré une baisse attendue du chiffre d'affaires d’un milliard de dirhams en 2020, il n’y aura ni licenciements ni fermeture de lignes, et l’extension des réseaux classiques et LGV sera maintenue.

0-https://medias24.com//photos_articles/big/22-06-2020/Mohamed-Rabie-Khlie.jpg-oui
Khlie :

Le 22 juin 2020 à 18:21

Modifié le 24 juin 2020 à 16:04

Organisée par l’Ordre des experts comptables (OEC), avec la participation du directeur des entreprises publiques et de la privatisation (DEPP), cette rencontre en ligne a permis au directeur général de l’ONCF d’éclairer ses interlocuteurs sur l’impact de la crise et la relance du secteur ferroviaire.

2020 avait démarré très fort avec 35% de croissance du trafic passagers

Dans son intervention d’une trentaine de minutes, Mohamed Rabie Khlie est revenu sur les bons chiffres de l’année 2019 par rapport à 2018.

Se voulant chronologique, il a rappelé qu’après la mise en service en novembre 2018 de projets structurants (LGV, augmentation des capacités d'accueil avec le doublement et le triplement des voies …) l’ONCF avait réalisé en 2019 un chiffre d’affaires de 3,76 MMDH (+11%) en transportant 38,2 millions de voyageurs (+ 8,5%), 8,9 millions de tonnes de fret (+ 6%) et 16 MT de phosphates (-13%).

Après une tendance également positive pendant les 3 mois de l’année en cours qui s’est traduite par une croissance de 35% du trafic voyageurs, l’état d’urgence a abouti à une réduction du nombre de trains en circulation de 224 à 20 par jour, soit 10% de l’offre totale et 2% de l’activité voyageurs.

Le chiffre d’affaires de 2020 baissera de 25% par rapport à 2019

Si pendant la période stricte de confinement, le chiffre d’affaires du segment des voyageurs s’est effondré de 98%, le DG estime que la baisse totale du CA en 2020 sera inférieure à 1 milliard de DH (MMDH).

Précisons que selon les prévisions de la DEPP, l’office a perdu chaque mois de confinement 280 millions de dirhams (MDH), soit un total de 840 MDH qui représente 22% du chiffre d’affaires de 2019 (3,8 MMDH).

Les recettes de fret et les mesures salutaires du contrat-programme ont limité l’impact

Malgré cette énorme perte financière pour l’activité voyageurs, l’ONCF a pu compter sur l’activité logistique de transport de marchandises et de phosphates qui a continué presque normalement et a permis à la compagnie « de tenir financièrement ».

Après avoir posé le contexte exceptionnel de 2019 et l’impact des 3 mois de confinement, Khlie a déclaré que s’il n’y avait pas eu des réformes liées à la signature d’un contrat-programme avec l’Etat, « le Covid-19 aurait été la goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase ».

« Malgré les conséquences indéniables de la crise, nous avons une meilleure visibilité grâce aux réformes engagées avec l’Etat (financement par l'Etat des extensions du réseau, restructuration de la dette, cessions des actifs non stratégiques…) qui ont permis de consolider nos finances.

Aucun licenciement ou fermeture de ligne dans le pipe

En d’autres termes, la compagnie publique aurait pu souffrir beaucoup plus, à l’image de la RAM dont la situation financière ne permettra pas d’éviter de nombreux licenciements et fermetures de lignes.

En effet, si certains projets d’investissements immédiats et les recrutements ont « pour l’instant » été gelés, le DG a exclu tout licenciement de personnel et/ou fermeture de desserte ferroviaire.

La relance passera aussi par une politique d’investissements en infrastructures

Se disant optimiste mais réaliste, Khlie a déclaré que juin se présente mieux que mars et avril mais qu’il faudra attendre la reprise du tourisme local et international ainsi que d’autres secteurs pour rassurer la clientèle perdue avec un plan strict de distanciation (50% d’occupation des trains).

« Sachant que les études techniques des projets ont continué et que les montages financiers sont en cours de finalisation, l’Etat devra investir dans les infrastructures pour accompagner la relance », a conclu le directeur général tout en présentant plusieurs slides sur les extensions de lignes.

La longueur du réseau va plus que doubler à l’horizon 2040

S’inscrivant dans le cadre du schéma directeur de la compagnie ferroviaire, ces documents montrent que la longueur du réseau classique et LGV passera de 2.110 kilomètres actuellement à 5.070 en 2040.

Dans le détail, le Maroc disposera à terme de 1.116 km de lignes à grande vitesse (Marrakech-Agadir, Rabat-Fès, Casa-Marrakech, Fès-Oujda…), de 3.282 km de réseau classique (Tanger-Tétouan, Agadir-Taroudant, Oujda-Nador, Agadir-Laâyoune-Dakhla…) et de 971 km qui traverseront plusieurs villes.

Le nombre de villes de plus de 100.000 habitants, qui seront connectées à la voie ferrée atteindra au même horizon 2040 les 35, contre 23 aujourd’hui. Idem pour les ports qui seront au nombre de 9 contre 6 actuellement.

Concernant le nombre de voyageurs, il passera de 40 à 132 millions dans vingt ans. La croissance du transport de marchandises sera tout aussi importante en passant de 9 à 26 millions de tonnes.

Au final, selon les projections illustrées de ce schéma directeur, 87% de la population seront desservies par le réseau ferroviaire contre 51% aujourd’hui.

Khlie : "L’ONCF ne licenciera personne et maintiendra ses investissements"

Le 22 juin 2020 à18:21

Modifié le 24 juin 2020 à 16:04

Lors d’un webinaire tenu vendredi 19 juin, le DG de l’ONCF a apporté des précisions sur la situation actuelle et l’avenir de la compagnie ferroviaire. Selon Mohamed Rabie Khlie, la signature en 2019 d’un contrat-programme avec l’Etat lui a évité le pire avec des réformes qui ont permis de limiter l’impact de la crise. Ainsi, malgré une baisse attendue du chiffre d'affaires d’un milliard de dirhams en 2020, il n’y aura ni licenciements ni fermeture de lignes, et l’extension des réseaux classiques et LGV sera maintenue.

com_redaction-10

Organisée par l’Ordre des experts comptables (OEC), avec la participation du directeur des entreprises publiques et de la privatisation (DEPP), cette rencontre en ligne a permis au directeur général de l’ONCF d’éclairer ses interlocuteurs sur l’impact de la crise et la relance du secteur ferroviaire.

2020 avait démarré très fort avec 35% de croissance du trafic passagers

Dans son intervention d’une trentaine de minutes, Mohamed Rabie Khlie est revenu sur les bons chiffres de l’année 2019 par rapport à 2018.

Se voulant chronologique, il a rappelé qu’après la mise en service en novembre 2018 de projets structurants (LGV, augmentation des capacités d'accueil avec le doublement et le triplement des voies …) l’ONCF avait réalisé en 2019 un chiffre d’affaires de 3,76 MMDH (+11%) en transportant 38,2 millions de voyageurs (+ 8,5%), 8,9 millions de tonnes de fret (+ 6%) et 16 MT de phosphates (-13%).

Après une tendance également positive pendant les 3 mois de l’année en cours qui s’est traduite par une croissance de 35% du trafic voyageurs, l’état d’urgence a abouti à une réduction du nombre de trains en circulation de 224 à 20 par jour, soit 10% de l’offre totale et 2% de l’activité voyageurs.

Le chiffre d’affaires de 2020 baissera de 25% par rapport à 2019

Si pendant la période stricte de confinement, le chiffre d’affaires du segment des voyageurs s’est effondré de 98%, le DG estime que la baisse totale du CA en 2020 sera inférieure à 1 milliard de DH (MMDH).

Précisons que selon les prévisions de la DEPP, l’office a perdu chaque mois de confinement 280 millions de dirhams (MDH), soit un total de 840 MDH qui représente 22% du chiffre d’affaires de 2019 (3,8 MMDH).

Les recettes de fret et les mesures salutaires du contrat-programme ont limité l’impact

Malgré cette énorme perte financière pour l’activité voyageurs, l’ONCF a pu compter sur l’activité logistique de transport de marchandises et de phosphates qui a continué presque normalement et a permis à la compagnie « de tenir financièrement ».

Après avoir posé le contexte exceptionnel de 2019 et l’impact des 3 mois de confinement, Khlie a déclaré que s’il n’y avait pas eu des réformes liées à la signature d’un contrat-programme avec l’Etat, « le Covid-19 aurait été la goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase ».

« Malgré les conséquences indéniables de la crise, nous avons une meilleure visibilité grâce aux réformes engagées avec l’Etat (financement par l'Etat des extensions du réseau, restructuration de la dette, cessions des actifs non stratégiques…) qui ont permis de consolider nos finances.

Aucun licenciement ou fermeture de ligne dans le pipe

En d’autres termes, la compagnie publique aurait pu souffrir beaucoup plus, à l’image de la RAM dont la situation financière ne permettra pas d’éviter de nombreux licenciements et fermetures de lignes.

En effet, si certains projets d’investissements immédiats et les recrutements ont « pour l’instant » été gelés, le DG a exclu tout licenciement de personnel et/ou fermeture de desserte ferroviaire.

La relance passera aussi par une politique d’investissements en infrastructures

Se disant optimiste mais réaliste, Khlie a déclaré que juin se présente mieux que mars et avril mais qu’il faudra attendre la reprise du tourisme local et international ainsi que d’autres secteurs pour rassurer la clientèle perdue avec un plan strict de distanciation (50% d’occupation des trains).

« Sachant que les études techniques des projets ont continué et que les montages financiers sont en cours de finalisation, l’Etat devra investir dans les infrastructures pour accompagner la relance », a conclu le directeur général tout en présentant plusieurs slides sur les extensions de lignes.

La longueur du réseau va plus que doubler à l’horizon 2040

S’inscrivant dans le cadre du schéma directeur de la compagnie ferroviaire, ces documents montrent que la longueur du réseau classique et LGV passera de 2.110 kilomètres actuellement à 5.070 en 2040.

Dans le détail, le Maroc disposera à terme de 1.116 km de lignes à grande vitesse (Marrakech-Agadir, Rabat-Fès, Casa-Marrakech, Fès-Oujda…), de 3.282 km de réseau classique (Tanger-Tétouan, Agadir-Taroudant, Oujda-Nador, Agadir-Laâyoune-Dakhla…) et de 971 km qui traverseront plusieurs villes.

Le nombre de villes de plus de 100.000 habitants, qui seront connectées à la voie ferrée atteindra au même horizon 2040 les 35, contre 23 aujourd’hui. Idem pour les ports qui seront au nombre de 9 contre 6 actuellement.

Concernant le nombre de voyageurs, il passera de 40 à 132 millions dans vingt ans. La croissance du transport de marchandises sera tout aussi importante en passant de 9 à 26 millions de tonnes.

Au final, selon les projections illustrées de ce schéma directeur, 87% de la population seront desservies par le réseau ferroviaire contre 51% aujourd’hui.

A lire aussi


6
Les dernières annonces judiciaires
0

Communication financière

LafargeHolcim Maroc : Nomination de deux administrateurs indépendants

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.