Incertitudes sur la date du déconfinement après la hausse des cas quotidiens

ROUND UP. La hausse des cas quotidiens crée une incertitude au sujet du début du déconfinement. Des signaux contradictoires arrivent de toutes parts. Une partie de la population a manifestement décidé de reprendre quelques habitudes comme si de rien n'était.

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 Incertitudes sur la date du déconfinement après la hausse des cas quotidiens Photo d'illustration prise à Meknès (Photo MAP)

Le 10 mai 2020 à 09:28

Modifié le 11 mai 2020 à 00:02

Des quartiers commerçants semblent reprendre une vie normale.

Sortir du confinement est un arbitrage entre différentes contraintes:

-maintenir le confinement trop longtemps est impossible. Le Maroc boucle 2 mois ce 20 mai.

-le confinement a un coût économique, social, humain très élevé qui n'a pas besoin d'être démontré.

-sur le plan sanitaire, sortir du confinement, même prudemment, est une décision qui comporte des risques. A titre d'exemple, la Corée du Sud et Singapour, cités en exemple pour la discipline et l'organisation, ont subi chacune une nouvelle vague et ont resserré la vis sur les rassemblements et les déplacements.

Dans tous les pays, un relâchement a été observé dès que la date de levée du confinement a été annoncée. Le Maroc ne semble pas déroger à la règle. Un relâchement est signalé par nos journalistes, à Rabat, Casablanca et Meknès. Il est confirmé par les témoignages sur les réseaux sociaux. Sous la pression de la durée (nous bouclons le 51e jour de confinement), des impératifs économiques et des courses du Ramadan, des kissariats et autres galeries commerciales sont désormais courues comme au bon vieux temps ou presque.

Sur les 3.305 cas actifs annoncés sur l'ensemble du territoire national, 2.149 cas ont été enregistrés au cours des 15 derniers jours, c'est-à-dire depuis le début du mois de Ramadan. Y a-t-il un lien de cause à effet, notamment avec les courses ayant précédé le mois sacré? Une source autorisée et de haut niveau de la Santé publique, sollicitée il y a quelques jours par Médias24, ne voit pas de lien. "Il s'agit de clusters en milieu professionnel, familial ou au sein de collectivités fermées", estime notre source, qui est certainement la mieux informée concernant la situation épidémique.

De son côté, l'épidémiologiste Pr Mohamed Berraho du CHU de Fès, a schématiquement identifié 4 vagues depuis le 2 mars (graphe ci-dessous). Il constate une diminution d'amplitude. Mais depuis une semaine, l'amplitude a tendance à remonter (graphe suivant, à la date du 9 mai). La 4e vague du Pr Berraho s'avère une grosse vague.

Si l'on n'arrive pas à éviter l'apparition de clusters, en particulier dans les milieux professionnels ou les milieux fermés comme les prisons, qu'en sera-t-il en cas de déconfinement? Car le virus continue de circuler. Il est revenu dans des provinces qui avaient été déclarées indemnes comme Essaouira et Safi. Et lorsqu'il se déclare dans une prison, ce n'est pas une génération spontanée. Il a bien été ramené de l'extérieur.

Deux préalables posés par l'Etat: les dépistages massifs et une appli de traçage validée par la CNDP

Les propos du ministre de la Santé tendaient vendredi à rappeler toutes ces réalités à l'opinion publique. La guerre contre le virus n'est pas gagnée. Nous devons apprendre à vivre avec. Cela signifie une utilisation correcte du masque, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Une maîtrise de la sécurité sanitaire dans les entreprises et les commerces. Et des dépistages massifs, car la plupart des dépistages de sécurité effectués dans des usines, des centres commerciaux, des prisons, ont permis de découvrir des cas, notamment asymptomatiques. L'objectif de ces dépistages sera d'identifier et d'isoler les cas asymptomatiques, seul moyen de limiter les dégâts.
En plus des dépistages massifs, le Maroc compte sur l'appli de traçage des contaminations. Ce dossier est en cours d'examen par la CNDP depuis plusieurs jours. Elle n'a pas encore livré son avis au moment où nous publions ces lignes.

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Photo d'illustration prise à Meknès

Incertitudes sur la date du déconfinement après la hausse des cas quotidiens

Le 10 mai 2020 à14:19

Modifié le 11 mai 2020 à 00:02

ROUND UP. La hausse des cas quotidiens crée une incertitude au sujet du début du déconfinement. Des signaux contradictoires arrivent de toutes parts. Une partie de la population a manifestement décidé de reprendre quelques habitudes comme si de rien n'était.

Des quartiers commerçants semblent reprendre une vie normale.

Sortir du confinement est un arbitrage entre différentes contraintes:

-maintenir le confinement trop longtemps est impossible. Le Maroc boucle 2 mois ce 20 mai.

-le confinement a un coût économique, social, humain très élevé qui n'a pas besoin d'être démontré.

-sur le plan sanitaire, sortir du confinement, même prudemment, est une décision qui comporte des risques. A titre d'exemple, la Corée du Sud et Singapour, cités en exemple pour la discipline et l'organisation, ont subi chacune une nouvelle vague et ont resserré la vis sur les rassemblements et les déplacements.

Dans tous les pays, un relâchement a été observé dès que la date de levée du confinement a été annoncée. Le Maroc ne semble pas déroger à la règle. Un relâchement est signalé par nos journalistes, à Rabat, Casablanca et Meknès. Il est confirmé par les témoignages sur les réseaux sociaux. Sous la pression de la durée (nous bouclons le 51e jour de confinement), des impératifs économiques et des courses du Ramadan, des kissariats et autres galeries commerciales sont désormais courues comme au bon vieux temps ou presque.

Sur les 3.305 cas actifs annoncés sur l'ensemble du territoire national, 2.149 cas ont été enregistrés au cours des 15 derniers jours, c'est-à-dire depuis le début du mois de Ramadan. Y a-t-il un lien de cause à effet, notamment avec les courses ayant précédé le mois sacré? Une source autorisée et de haut niveau de la Santé publique, sollicitée il y a quelques jours par Médias24, ne voit pas de lien. "Il s'agit de clusters en milieu professionnel, familial ou au sein de collectivités fermées", estime notre source, qui est certainement la mieux informée concernant la situation épidémique.

De son côté, l'épidémiologiste Pr Mohamed Berraho du CHU de Fès, a schématiquement identifié 4 vagues depuis le 2 mars (graphe ci-dessous). Il constate une diminution d'amplitude. Mais depuis une semaine, l'amplitude a tendance à remonter (graphe suivant, à la date du 9 mai). La 4e vague du Pr Berraho s'avère une grosse vague.

Si l'on n'arrive pas à éviter l'apparition de clusters, en particulier dans les milieux professionnels ou les milieux fermés comme les prisons, qu'en sera-t-il en cas de déconfinement? Car le virus continue de circuler. Il est revenu dans des provinces qui avaient été déclarées indemnes comme Essaouira et Safi. Et lorsqu'il se déclare dans une prison, ce n'est pas une génération spontanée. Il a bien été ramené de l'extérieur.

Deux préalables posés par l'Etat: les dépistages massifs et une appli de traçage validée par la CNDP

Les propos du ministre de la Santé tendaient vendredi à rappeler toutes ces réalités à l'opinion publique. La guerre contre le virus n'est pas gagnée. Nous devons apprendre à vivre avec. Cela signifie une utilisation correcte du masque, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Une maîtrise de la sécurité sanitaire dans les entreprises et les commerces. Et des dépistages massifs, car la plupart des dépistages de sécurité effectués dans des usines, des centres commerciaux, des prisons, ont permis de découvrir des cas, notamment asymptomatiques. L'objectif de ces dépistages sera d'identifier et d'isoler les cas asymptomatiques, seul moyen de limiter les dégâts.
En plus des dépistages massifs, le Maroc compte sur l'appli de traçage des contaminations. Ce dossier est en cours d'examen par la CNDP depuis plusieurs jours. Elle n'a pas encore livré son avis au moment où nous publions ces lignes.

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