Entretien. Le groupe Palmeraie fait le bilan de son activité minière

Acteur important dans les secteurs de l'immobilier, de l'hôtellerie et de l'industrie, le groupe Palmeraie s’est lancé depuis près de cinq ans dans l’exploitation de mines et de carrières. Dans un entretien avec Médias24, le directeur général de la filiale Palmines revient sur les réalisations en cours et les moyens mis en œuvre pour devenir un opérateur de référence d’un secteur risqué mais pouvant s’avérer extrêmement lucratif.

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Le groupe Palmeraie fait le bilan de son activité minière (Entretien) Hassan Tazi, DG de Palmines, filiale carrières et mines du groupe Palmeraie.

Le 29 mars 2019 à 17:50

Modifié le 30 mars 2019 à 08:14

Médias24 : Créée en 2015, votre activité minière est méconnue du grand public et de la presse...

Hassan Tazi : Nous attendions simplement d’avoir des choses à dire au bon moment.

Dans le cadre de notre stratégie de diversification mise en place depuis dix ans au groupe Palmeraie industrie et services, un nouveau pôle industriel a vu le jour en 2015 avec la création de "Palmines" dont la vocation est d’exploiter des mines et des carrières.

La première activité (carrière) a atteint un rythme de croisière satisfaisant en 2018 après trois ans de préparation. Côté minier, nous sommes en phase de démarrage et nous espérons monter en puissance à partir de cette année.

Sachant que c’est un métier qui nécessite la mobilisation de moyens importants (financiers, humains...), il a fallu du temps pour maîtriser la chaîne de valeur de cette activité où plusieurs techniques se rencontrent (production, valorisation, recherche et développement).

Nous avons donc choisi notre moment pour communiquer et surtout avoir des choses à présenter.

-Où en êtes-vous aujourd’hui, jouez-vous déjà dans la cour des grands comme Managem…?

-Pas encore car avant de réussir dans ce métier, il faut beaucoup de temps et d’énergie mais avant toute chose, il fallait déterminer la chaîne de valeur dans laquelle nous voulions nous inscrire.

Sachant que 90% des acteurs se limitent à l’exploitation des sols, que ceux qui font en plus de la valorisation sont peu nombreux et que ceux qui y rajoutent de la recherche sont encore plus rares, Palmines a choisi de se positionner sur une perspective d’ensemble de toute la chaîne de valeur.

Après avoir fait ce choix, nous n’avons pas droit à l’erreur car c’est un métier qui peut s’avérer lucratif (10 à 40% de marge) mais qui comporte aussi de gros risques financiers.

Avant de monter en puissance, nous y allons donc graduellement. Il est inutile de se comparer aux grands du secteur comme Managem qui ont des moyens bien plus importants et une longue expérience.

-Pourquoi avoir démarré par l’activité d’exploitation de carrières ?

-On ne se lance pas dans l’activité minière sans maîtriser les marchés par une montée graduelle.

Nous avons donc choisi de commencer par exploiter des carrières de sable et de gravette destinés aux marchés de la construction.

Ce sont des étapes primordiales avec des métiers voisins pour acquérir les savoir-faire nécessaires avant de passer à des projets miniers qui demandent un minimum de deux années de préparation.

-Combien de capitaux avez-vous mobilisés pour vous lancer dans ce secteur ?

-Dans le cadre de notre vision qui s’étend jusqu’à 2020, nous avons mobilisé une mise de plus de 100 millions de DH qui sera amenée à doubler à partir de l’année prochaine.

En termes de ressources humaines, nous avons 100 emplois directs qui vont aussi doubler à partir de 2020.

-Comment avez-vous constitué votre portefeuille de permis ?

-Nous avons tapé à la porte de l’ONHYM bien évidemment mais nous avons également envoyé nos géologues sur tout le territoire national pour en récupérer partout où c’était possible: chez des détenteurs de permis, chez des porteurs de projets, ou dans des zones au potentiel minier non encore exploité où nous pensons pouvoir créer des opportunités.

C’est un travail de longue haleine car avant de se lancer, il est important d’identifier, d’évaluer et de valoriser le potentiel avec une gestion du risque et des contraintes du marché (cours mondiaux…).

-Cinq ans après vos débuts dans l’exploitation des carrières, quel est le bilan ?

-Nous avons 3 sites de gravette et de sable sur le bassin Casa-Rabat et sur celui de Benguerir.

Ils tournent très bien et nous avons la marque "Granal" désormais reconnue au niveau national.

Bien installé dans ce métier, Palmines se développe avec ses clients qui sont des bétonniers, des promoteurs immobiliers et des entreprises spécialisées en travaux publics.

-Quid de l’activité minière ?

-En parallèle, nous avons travaillé en amont pour développer un portefeuille de 50 permis miniers.

Pour l’instant, ils concernent tous les métaux de base à savoir le cuivre, le plomb et le zinc dont le Maroc a de grandes ressources.

-Pourquoi ces minerais en particulier et pas d’autres ?

-Tout simplement parce qu’ils ont des cours mondiaux stables et que la sécurité est préférable quand on se lance dans cette activité qui peut s’avérer risquée en cas d’effondrement des prix mondiaux.

-Sachant que c’est un processus de longue durée, les 50 permis sont tous exploités ?

-Non car nous sommes toujours dans la phase de valorisation et il faudra dix ans avant d’y arriver.

Pour l’heure, nous nous intéressons à des projets où il y a déjà des ressources quasi-exploitables.

Ainsi, nous travaillons sur un projet basé sur 3 permis dans un gisement de cuivre à ciel ouvert où l’exploitation est plus facile.

Le démarrage de notre unité pilote de production est d’ailleurs prévu pour l’année 2019.

Ce projet qui se situe dans la région de Guelmim est notre premier du genre mais il y en aura d’autres.

-A quel marché est destiné le minerai de cuivre qui sera extrait?

-Notre objectif est d’extraire du concentré de cuivre et de l’exporter vers des fonderies en Europe.

-Pourquoi uniquement des métaux de base et pas précieux comme l’or ou l’argent ?

-Nous ne sommes pas contre l’exploitation d’autres minerais mais nous le ferons en fonction des propositions.

-Prospectez-vous le marché africain qui regorge de minerais à forte plus-value ?

-Ayant la chance d’être implantés sur le continent pour nos autres activités, nous avons évalué les perspectives au Sénégal; mais pour l’instant notre priorité est d’asseoir notre présence au Maroc.

-Quelles sont vos perspectives et surtout vos chances de réussite dans ce créneau très risqué ?

-Etant adossé à un groupe qui a du souffle financier, nous ne pouvons être qu’optimistes car nous ne sommes pas dans l’artisanat comme 90% des acteurs qui se contentent d’exploiter sans valorisation et d’écrémer sans véritables moyens logistiques ou géologiques.

Grâce à notre niveau d’investissement et notre savoir-faire, nous pouvons augmenter nos capacités de production ainsi que nos marges sachant que nous valorisons au maximum les produits extraits.

L’important est de travailler en amont comme nous l’avons fait pour notre projet d’extraction de cuivre qui a demandé 3 ans d’études préalables et 20 millions de DH de frais de recherche.

-A quand un retour sur investissement ?

-Nous avons engagé 50 MDH pour ce projet pilote dont 20 MDH de frais de recherches.

Selon nos projections, il devrait être amorti et produire du cash dans 4 ou 5 ans, argent qui sera bien évidemment totalement réinvesti sur place ou dans d’autres projets similaires.

Si le potentiel se confirme et que tout se passe bien, nous continuerons à investir sur le marché minier, peut-être en association avec d’autres structures spécialisées marocaines ou étrangères.

-La suite de votre aventure minière dépendra donc de la réussite de ce projet ?

-Effectivement, car c’est en quelque sorte notre ticket d’entrée dans la profession.

A terme, nous espérons devenir un opérateur de référence avec plusieurs sites exploitables au Maroc, voire une ou plusieurs implantations à l’étranger.

Hassan Tazi, DG de Palmines, filiale carrières et mines du groupe Palmeraie.

Entretien. Le groupe Palmeraie fait le bilan de son activité minière

Le 29 mars 2019 à17:56

Modifié le 30 mars 2019 à 08:14

Acteur important dans les secteurs de l'immobilier, de l'hôtellerie et de l'industrie, le groupe Palmeraie s’est lancé depuis près de cinq ans dans l’exploitation de mines et de carrières. Dans un entretien avec Médias24, le directeur général de la filiale Palmines revient sur les réalisations en cours et les moyens mis en œuvre pour devenir un opérateur de référence d’un secteur risqué mais pouvant s’avérer extrêmement lucratif.

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Médias24 : Créée en 2015, votre activité minière est méconnue du grand public et de la presse...

Hassan Tazi : Nous attendions simplement d’avoir des choses à dire au bon moment.

Dans le cadre de notre stratégie de diversification mise en place depuis dix ans au groupe Palmeraie industrie et services, un nouveau pôle industriel a vu le jour en 2015 avec la création de "Palmines" dont la vocation est d’exploiter des mines et des carrières.

La première activité (carrière) a atteint un rythme de croisière satisfaisant en 2018 après trois ans de préparation. Côté minier, nous sommes en phase de démarrage et nous espérons monter en puissance à partir de cette année.

Sachant que c’est un métier qui nécessite la mobilisation de moyens importants (financiers, humains...), il a fallu du temps pour maîtriser la chaîne de valeur de cette activité où plusieurs techniques se rencontrent (production, valorisation, recherche et développement).

Nous avons donc choisi notre moment pour communiquer et surtout avoir des choses à présenter.

-Où en êtes-vous aujourd’hui, jouez-vous déjà dans la cour des grands comme Managem…?

-Pas encore car avant de réussir dans ce métier, il faut beaucoup de temps et d’énergie mais avant toute chose, il fallait déterminer la chaîne de valeur dans laquelle nous voulions nous inscrire.

Sachant que 90% des acteurs se limitent à l’exploitation des sols, que ceux qui font en plus de la valorisation sont peu nombreux et que ceux qui y rajoutent de la recherche sont encore plus rares, Palmines a choisi de se positionner sur une perspective d’ensemble de toute la chaîne de valeur.

Après avoir fait ce choix, nous n’avons pas droit à l’erreur car c’est un métier qui peut s’avérer lucratif (10 à 40% de marge) mais qui comporte aussi de gros risques financiers.

Avant de monter en puissance, nous y allons donc graduellement. Il est inutile de se comparer aux grands du secteur comme Managem qui ont des moyens bien plus importants et une longue expérience.

-Pourquoi avoir démarré par l’activité d’exploitation de carrières ?

-On ne se lance pas dans l’activité minière sans maîtriser les marchés par une montée graduelle.

Nous avons donc choisi de commencer par exploiter des carrières de sable et de gravette destinés aux marchés de la construction.

Ce sont des étapes primordiales avec des métiers voisins pour acquérir les savoir-faire nécessaires avant de passer à des projets miniers qui demandent un minimum de deux années de préparation.

-Combien de capitaux avez-vous mobilisés pour vous lancer dans ce secteur ?

-Dans le cadre de notre vision qui s’étend jusqu’à 2020, nous avons mobilisé une mise de plus de 100 millions de DH qui sera amenée à doubler à partir de l’année prochaine.

En termes de ressources humaines, nous avons 100 emplois directs qui vont aussi doubler à partir de 2020.

-Comment avez-vous constitué votre portefeuille de permis ?

-Nous avons tapé à la porte de l’ONHYM bien évidemment mais nous avons également envoyé nos géologues sur tout le territoire national pour en récupérer partout où c’était possible: chez des détenteurs de permis, chez des porteurs de projets, ou dans des zones au potentiel minier non encore exploité où nous pensons pouvoir créer des opportunités.

C’est un travail de longue haleine car avant de se lancer, il est important d’identifier, d’évaluer et de valoriser le potentiel avec une gestion du risque et des contraintes du marché (cours mondiaux…).

-Cinq ans après vos débuts dans l’exploitation des carrières, quel est le bilan ?

-Nous avons 3 sites de gravette et de sable sur le bassin Casa-Rabat et sur celui de Benguerir.

Ils tournent très bien et nous avons la marque "Granal" désormais reconnue au niveau national.

Bien installé dans ce métier, Palmines se développe avec ses clients qui sont des bétonniers, des promoteurs immobiliers et des entreprises spécialisées en travaux publics.

-Quid de l’activité minière ?

-En parallèle, nous avons travaillé en amont pour développer un portefeuille de 50 permis miniers.

Pour l’instant, ils concernent tous les métaux de base à savoir le cuivre, le plomb et le zinc dont le Maroc a de grandes ressources.

-Pourquoi ces minerais en particulier et pas d’autres ?

-Tout simplement parce qu’ils ont des cours mondiaux stables et que la sécurité est préférable quand on se lance dans cette activité qui peut s’avérer risquée en cas d’effondrement des prix mondiaux.

-Sachant que c’est un processus de longue durée, les 50 permis sont tous exploités ?

-Non car nous sommes toujours dans la phase de valorisation et il faudra dix ans avant d’y arriver.

Pour l’heure, nous nous intéressons à des projets où il y a déjà des ressources quasi-exploitables.

Ainsi, nous travaillons sur un projet basé sur 3 permis dans un gisement de cuivre à ciel ouvert où l’exploitation est plus facile.

Le démarrage de notre unité pilote de production est d’ailleurs prévu pour l’année 2019.

Ce projet qui se situe dans la région de Guelmim est notre premier du genre mais il y en aura d’autres.

-A quel marché est destiné le minerai de cuivre qui sera extrait?

-Notre objectif est d’extraire du concentré de cuivre et de l’exporter vers des fonderies en Europe.

-Pourquoi uniquement des métaux de base et pas précieux comme l’or ou l’argent ?

-Nous ne sommes pas contre l’exploitation d’autres minerais mais nous le ferons en fonction des propositions.

-Prospectez-vous le marché africain qui regorge de minerais à forte plus-value ?

-Ayant la chance d’être implantés sur le continent pour nos autres activités, nous avons évalué les perspectives au Sénégal; mais pour l’instant notre priorité est d’asseoir notre présence au Maroc.

-Quelles sont vos perspectives et surtout vos chances de réussite dans ce créneau très risqué ?

-Etant adossé à un groupe qui a du souffle financier, nous ne pouvons être qu’optimistes car nous ne sommes pas dans l’artisanat comme 90% des acteurs qui se contentent d’exploiter sans valorisation et d’écrémer sans véritables moyens logistiques ou géologiques.

Grâce à notre niveau d’investissement et notre savoir-faire, nous pouvons augmenter nos capacités de production ainsi que nos marges sachant que nous valorisons au maximum les produits extraits.

L’important est de travailler en amont comme nous l’avons fait pour notre projet d’extraction de cuivre qui a demandé 3 ans d’études préalables et 20 millions de DH de frais de recherche.

-A quand un retour sur investissement ?

-Nous avons engagé 50 MDH pour ce projet pilote dont 20 MDH de frais de recherches.

Selon nos projections, il devrait être amorti et produire du cash dans 4 ou 5 ans, argent qui sera bien évidemment totalement réinvesti sur place ou dans d’autres projets similaires.

Si le potentiel se confirme et que tout se passe bien, nous continuerons à investir sur le marché minier, peut-être en association avec d’autres structures spécialisées marocaines ou étrangères.

-La suite de votre aventure minière dépendra donc de la réussite de ce projet ?

-Effectivement, car c’est en quelque sorte notre ticket d’entrée dans la profession.

A terme, nous espérons devenir un opérateur de référence avec plusieurs sites exploitables au Maroc, voire une ou plusieurs implantations à l’étranger.

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