Les migrants partis du Honduras entrent au Guatemala et continuent leur route vers les Etats-Unis

(AFP)

Au moins 4.500 migrants honduriens qui se rendent à pied aux Etats-Unis ont réussi à entrer sur le territoire du Guatemala vendredi soir, après avoir forcé un cordon policier à la frontière, franchissant ainsi leur premier obstacle.

La foule a réussi à entrer par le poste frontière d'El Florido, à 220 kilomètres à l'est de la capitale Guatemala. La décision de ne pas aller à l'épreuve de force avec les migrants a été prise après avoir constaté que leur groupe comportait de nombreuses familles avec des mineurs, a expliqué un policier. Les agents ne portaient pas d'armes à feu.

Les migrants honduriens, formant une caravane humaine, ont commencé leur voyage à l'aube dans la ville de San Pedro Sula, dans l'espoir d'entrer aux Etats-Unis et d'y trouver une vie meilleure, malgré les restrictions imposées par le Guatemala et le Mexique sur leur chemin.

Le gros de la foule est parti peu après 04H00 locales (10H00 GMT) de San Pedro Sula, à 180 km au nord de Tegucigalpa, en direction d'Agua Caliente, frontalière avec le Guatemala, un trajet d'environ 260 km.

Un groupe s'est détaché vendredi du gros cortège pour se diriger vers un autre poste-frontière, celui d'El Florido, plus proche, avec l'intention de rejoindre le reste de la caravane une fois entré au Guatemala.

Pour traverser la frontière, les autorités imposent aux migrants de présenter des documents d'identité en règle et un test PCF négatif. Mais malgré le fait que beaucoup ne remplissent pas ces conditions, les migrants ont continué et ont réussi à entrer sans violences.

Des centaines de policiers guatémaltèques en tenue anti-émeutes avaient pris position aux postes-frontières de la frontière Guatemala/Honduras.

"Nous ne partirons pas d'ici tant qu'ils ne nous auront pas laissés passer, nous allons faire une grève de la faim, nous n'avons ni travail ni nourriture, alors j'ai décidé de me rendre aux Etats-Unis", a expliqué Dania Hinestrosa, 23 ans, peu avant, espérant traverser la frontière avec une de ses jeunes filles. La jeune femme qui travaillait comme employée de maison a laissé derrière elle une autre enfant de trois ans et des jumeaux de quatre ans.

La situation économique de nombreux habitants du pays d'Amérique centrale, déjà soumis à la violence des gangs et des narcotrafiquants, s'est encore détériorée avec le passage de deux puissants ouragans en novembre et les conséquences de la pandémie de coronavirus.

"Mon rêve c'est d'arriver aux Etats-Unis, de m'acheter une petite maison, parce que j'en ai assez de vivre ici en louant et de travailler pour d'autres personnes", raconte à l'AFP Melvin Fernandez, un chauffeur de taxi du port de La Ceiba parti avec son épouse et ses trois enfants de 10, 15 et 22 ans.

- "Le coeur brisé" -

"Nous partons le coeur brisé. Moi, je laisse ma famille, mon mari et mes trois enfants", se lamente Jessenia Ramirez, âgée de 36 ans. "Nous partons à la recherche d'un avenir meilleur", ajoute-t-elle en confiant son espoir que le président Biden lui laisse "une chance".

Les migrants marchent en colonne le long des routes, sac au dos, la plupart le visage couvert d'un masque en raison de la pandémie de Covid-19.

Beaucoup de migrants veulent croire que le président Joe Biden, qui sera investi mercredi, assouplira la politique migratoire des Etats-Unis, même si Washington les a déjà mis en garde.

"Ne perdez pas votre temps et votre argent et ne risquez ni votre sécurité ni votre santé", a cependant déclaré jeudi le commissaire par intérim du Service des douanes et de la protection des frontières des Etats-Unis (CBP), Mark A. Morgan.

De son côté, le gouvernement mexicain a averti qu'il "ne permettra pas l'entrée illégale (sur son territoire) de caravanes de migrants". Quelque 500 policiers ont été envoyés à la frontière avec le Guatemala.

Plus d'une douzaine de caravanes de migrants ont quitté le Honduras depuis octobre 2018, mais toutes se sont heurtées aux milliers de gardes-frontières et militaires américains positionnés à la frontière sud avec le Mexique par le président Donald Trump.

La vice-ministre hondurienne Nelly Jerez, qui a reconnu que "tous nous avons droit (...) à chercher une vie meilleure", a plaidé pour des migrations "en règle, ordonnées et sûres" car, selon elle, des personnes "sans scrupules" font payer dans les caravanes sous prétexte de servir de guide.

Depuis 2019, 293 de ces passeurs, surnommés des "coyotes", ont été arrêtés.

Les autorités salvadoriennes ont arrêté vendredi deux hommes et une femme, accusés d'avoir organisé sur WhatsApp des caravanes de migrants vers les Etats-Unis et d'en avoir tiré profit. Ils seront poursuivis pour "trafic illégal de personnes de manière massive", a annoncé le parquet salvadorien.

Quoi de neuf ?
Rendez-vous Partenaires
(AFP)

Les migrants partis du Honduras entrent au Guatemala et continuent leur route vers les Etats-Unis

Le 16 janvier 2021 à07:09

Au moins 4.500 migrants honduriens qui se rendent à pied aux Etats-Unis ont réussi à entrer sur le territoire du Guatemala vendredi soir, après avoir forcé un cordon policier à la frontière, franchissant ainsi leur premier obstacle.

La foule a réussi à entrer par le poste frontière d'El Florido, à 220 kilomètres à l'est de la capitale Guatemala. La décision de ne pas aller à l'épreuve de force avec les migrants a été prise après avoir constaté que leur groupe comportait de nombreuses familles avec des mineurs, a expliqué un policier. Les agents ne portaient pas d'armes à feu.

Les migrants honduriens, formant une caravane humaine, ont commencé leur voyage à l'aube dans la ville de San Pedro Sula, dans l'espoir d'entrer aux Etats-Unis et d'y trouver une vie meilleure, malgré les restrictions imposées par le Guatemala et le Mexique sur leur chemin.

Le gros de la foule est parti peu après 04H00 locales (10H00 GMT) de San Pedro Sula, à 180 km au nord de Tegucigalpa, en direction d'Agua Caliente, frontalière avec le Guatemala, un trajet d'environ 260 km.

Un groupe s'est détaché vendredi du gros cortège pour se diriger vers un autre poste-frontière, celui d'El Florido, plus proche, avec l'intention de rejoindre le reste de la caravane une fois entré au Guatemala.

Pour traverser la frontière, les autorités imposent aux migrants de présenter des documents d'identité en règle et un test PCF négatif. Mais malgré le fait que beaucoup ne remplissent pas ces conditions, les migrants ont continué et ont réussi à entrer sans violences.

Des centaines de policiers guatémaltèques en tenue anti-émeutes avaient pris position aux postes-frontières de la frontière Guatemala/Honduras.

"Nous ne partirons pas d'ici tant qu'ils ne nous auront pas laissés passer, nous allons faire une grève de la faim, nous n'avons ni travail ni nourriture, alors j'ai décidé de me rendre aux Etats-Unis", a expliqué Dania Hinestrosa, 23 ans, peu avant, espérant traverser la frontière avec une de ses jeunes filles. La jeune femme qui travaillait comme employée de maison a laissé derrière elle une autre enfant de trois ans et des jumeaux de quatre ans.

La situation économique de nombreux habitants du pays d'Amérique centrale, déjà soumis à la violence des gangs et des narcotrafiquants, s'est encore détériorée avec le passage de deux puissants ouragans en novembre et les conséquences de la pandémie de coronavirus.

"Mon rêve c'est d'arriver aux Etats-Unis, de m'acheter une petite maison, parce que j'en ai assez de vivre ici en louant et de travailler pour d'autres personnes", raconte à l'AFP Melvin Fernandez, un chauffeur de taxi du port de La Ceiba parti avec son épouse et ses trois enfants de 10, 15 et 22 ans.

- "Le coeur brisé" -

"Nous partons le coeur brisé. Moi, je laisse ma famille, mon mari et mes trois enfants", se lamente Jessenia Ramirez, âgée de 36 ans. "Nous partons à la recherche d'un avenir meilleur", ajoute-t-elle en confiant son espoir que le président Biden lui laisse "une chance".

Les migrants marchent en colonne le long des routes, sac au dos, la plupart le visage couvert d'un masque en raison de la pandémie de Covid-19.

Beaucoup de migrants veulent croire que le président Joe Biden, qui sera investi mercredi, assouplira la politique migratoire des Etats-Unis, même si Washington les a déjà mis en garde.

"Ne perdez pas votre temps et votre argent et ne risquez ni votre sécurité ni votre santé", a cependant déclaré jeudi le commissaire par intérim du Service des douanes et de la protection des frontières des Etats-Unis (CBP), Mark A. Morgan.

De son côté, le gouvernement mexicain a averti qu'il "ne permettra pas l'entrée illégale (sur son territoire) de caravanes de migrants". Quelque 500 policiers ont été envoyés à la frontière avec le Guatemala.

Plus d'une douzaine de caravanes de migrants ont quitté le Honduras depuis octobre 2018, mais toutes se sont heurtées aux milliers de gardes-frontières et militaires américains positionnés à la frontière sud avec le Mexique par le président Donald Trump.

La vice-ministre hondurienne Nelly Jerez, qui a reconnu que "tous nous avons droit (...) à chercher une vie meilleure", a plaidé pour des migrations "en règle, ordonnées et sûres" car, selon elle, des personnes "sans scrupules" font payer dans les caravanes sous prétexte de servir de guide.

Depuis 2019, 293 de ces passeurs, surnommés des "coyotes", ont été arrêtés.

Les autorités salvadoriennes ont arrêté vendredi deux hommes et une femme, accusés d'avoir organisé sur WhatsApp des caravanes de migrants vers les Etats-Unis et d'en avoir tiré profit. Ils seront poursuivis pour "trafic illégal de personnes de manière massive", a annoncé le parquet salvadorien.

Quoi de neuf ?

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.