Trump "doit partir": le président américain face à un deuxième "impeachment" historique

(AFP)

Donald Trump est "un danger évident et immédiat": la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a appelé mercredi à destituer le président des Etats-Unis, qui faisait face à un deuxième "impeachment" historique une semaine avant la fin de son mandat.

"Le président des Etats-Unis a incité à cette insurrection, cette rébellion armée", a-t-elle lancé avant le vote sur cette mise en accusation formelle pour avoir encouragé l'assaut du 6 janvier contre le Capitole, qui a fait cinq morts et ébranlé la démocratie américaine.

"Il doit partir, il est un danger évident et immédiat contre la nation que nous aimons tous", a-t-elle martelé dans un Congrès barricadé.

"Votre but a toujours été de vous en prendre au président, peu importe pourquoi. C'est une obsession", a rétorqué l'élu républicain Jim Jordan, un trumpiste parmi les plus fidèles.

A sept jours de la prestation de serment du prochain président Joe Biden, la ville de Washington, placée sous très haute sécurité, était méconnaissable.

- Militaires au Capitole -

Images saisissantes: des dizaines de militaires réservistes ont passé la nuit à l'intérieur du bâtiment du Congrès, dormant encore à même le sol dans les salles et les couloirs alors même que les élus arrivaient.

Des blocs de béton ont été disposés pour bloquer les principaux axes du centre-ville, d'immenses grilles métalliques entourent nombre de bâtiments fédéraux, dont la Maison Blanche. La Garde nationale est omniprésente.

Le vote à la Chambre des représentants sur l'acte d'accusation est prévu vers 15H00 (20H00 GMT).

Son issue, qui fait peu de doute, marquera l'ouverture formelle de la procédure de destitution contre le 45e président, qui deviendra le premier de l'Histoire à être deux fois mis en accusation au Congrès.

Les débats étaient vifs.

L'élue démocrate Ilhan Omar a qualifié Donald Trump de "tyran". "Nous ne pouvons simplement pas tourner la page sans rien faire", a-t-elle lancé.

Pour la députée républicaine Nancy Mace, le Congrès doit exiger que le président soit tenu pour responsable de ses actes, mais mener cette procédure dans "la précipitation" est irresponsable.

Chaque jour un peu plus isolé dans son propre camp, le tempétueux président a tenté mardi de réduire la procédure le visant à une énième "chasse aux sorcières".

Mais à quelques jours de son départ pour Mar-a-Lago, en Floride, où il devrait entamer sa nouvelle vie d'ex-président, il apparaît de plus en plus déconnecté ce qui se passe à Washington.

Si l'acte d'"impeachment" n'avait pas reçu un seul vote républicain lors de l'affaire ukrainienne il y a plus d'un an, plusieurs membres du "Grand Old Party" ont signalé cette fois-ci qu'ils rejoindraient les démocrates.

Déjà cinq ont annoncé leur soutien. Parmi eux, Liz Cheney, l'une des chefs de la minorité républicaine à la Chambre et fille d'un ancien vice-président américain.

"Rien de tout cela ne serait arrivé sans le président", a-t-elle estimé dans un communiqué au vitriol. Et d'autres pourraient suivre dans la journée.

- L'approbation de McConnell -

Plus inquiétant pour le milliardaire et son éventuel avenir politique, Mitch McConnell, puissant chef de file des républicains au Sénat, a dit à ses proches qu'il voyait d'un bon oeil cette mise en accusation, jugeant qu'elle était fondée et qu'elle aiderait le parti républicain à tourner définitivement la page Trump.

Cet habile stratège, très influent, tient peut-être ainsi la clé de l'issue de cette procédure historique. Car une seule parole publique pourrait encourager des sénateurs républicains à condamner le 45e président des Etats-Unis.

Les démocrates prendront le 20 janvier le contrôle de la chambre haute mais auront besoin du ralliement de nombreux républicains pour atteindre la majorité des deux tiers nécessaire à la condamnation.

Depuis Alamo, au Texas, Donald Trump a certes tenté mardi d'adopter une posture moins agressive que la semaine dernière, évoquant le temps "de la paix et du calme".

Mais il a aussi obstinément refusé de reconnaître la moindre responsabilité dans l'assaut contre le Capitole, jugeant que son discours avait été "tout à fait convenable".

Son vice-président Mike Pence a plus tard définitivement écarté l'autre menace qui pesait sur sa fin de mandat, en refusant d'invoquer le 25e amendement de la Constitution qui lui aurait permis de démettre le président sortant, en le déclarant inapte à exercer sa fonction.

Malgré son assurance affichée et le soutien de certains élus très loyaux, Donald Trump est plus seul que jamais après une série de démissions dans son gouvernement et des critiques cinglantes.

Le procès qui s'annonce au Sénat, à une date encore non déterminée, risque d'entraver l'action législative des démocrates au début de la présidence Biden, en monopolisant les séances.

Joe Biden prêtera serment sous haute garde le 20 janvier, justement sur les marches du Capitole, siège du Congrès américain.

Critiqué pour avoir tardé, mercredi dernier, à envoyer la Garde nationale, le Pentagone a cette fois autorisé le déploiement de 20.000 soldats pour la cérémonie d'investiture.

Mobilisés à l'origine pour offrir un soutien logistique à la police, ses membres ont commencé à porter des armes tard mardi.

Preuve de la tension qui règne dans la capitale fédérale américaine, le site Airbnb a annoncé l'annulation et le blocage des réservations sur sa plateforme à Washington pendant la semaine de l'investiture du futur président américain.

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Trump "doit partir": le président américain face à un deuxième "impeachment" historique

Le 13 janvier 2021 à19:21

Donald Trump est "un danger évident et immédiat": la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a appelé mercredi à destituer le président des Etats-Unis, qui faisait face à un deuxième "impeachment" historique une semaine avant la fin de son mandat.

"Le président des Etats-Unis a incité à cette insurrection, cette rébellion armée", a-t-elle lancé avant le vote sur cette mise en accusation formelle pour avoir encouragé l'assaut du 6 janvier contre le Capitole, qui a fait cinq morts et ébranlé la démocratie américaine.

"Il doit partir, il est un danger évident et immédiat contre la nation que nous aimons tous", a-t-elle martelé dans un Congrès barricadé.

"Votre but a toujours été de vous en prendre au président, peu importe pourquoi. C'est une obsession", a rétorqué l'élu républicain Jim Jordan, un trumpiste parmi les plus fidèles.

A sept jours de la prestation de serment du prochain président Joe Biden, la ville de Washington, placée sous très haute sécurité, était méconnaissable.

- Militaires au Capitole -

Images saisissantes: des dizaines de militaires réservistes ont passé la nuit à l'intérieur du bâtiment du Congrès, dormant encore à même le sol dans les salles et les couloirs alors même que les élus arrivaient.

Des blocs de béton ont été disposés pour bloquer les principaux axes du centre-ville, d'immenses grilles métalliques entourent nombre de bâtiments fédéraux, dont la Maison Blanche. La Garde nationale est omniprésente.

Le vote à la Chambre des représentants sur l'acte d'accusation est prévu vers 15H00 (20H00 GMT).

Son issue, qui fait peu de doute, marquera l'ouverture formelle de la procédure de destitution contre le 45e président, qui deviendra le premier de l'Histoire à être deux fois mis en accusation au Congrès.

Les débats étaient vifs.

L'élue démocrate Ilhan Omar a qualifié Donald Trump de "tyran". "Nous ne pouvons simplement pas tourner la page sans rien faire", a-t-elle lancé.

Pour la députée républicaine Nancy Mace, le Congrès doit exiger que le président soit tenu pour responsable de ses actes, mais mener cette procédure dans "la précipitation" est irresponsable.

Chaque jour un peu plus isolé dans son propre camp, le tempétueux président a tenté mardi de réduire la procédure le visant à une énième "chasse aux sorcières".

Mais à quelques jours de son départ pour Mar-a-Lago, en Floride, où il devrait entamer sa nouvelle vie d'ex-président, il apparaît de plus en plus déconnecté ce qui se passe à Washington.

Si l'acte d'"impeachment" n'avait pas reçu un seul vote républicain lors de l'affaire ukrainienne il y a plus d'un an, plusieurs membres du "Grand Old Party" ont signalé cette fois-ci qu'ils rejoindraient les démocrates.

Déjà cinq ont annoncé leur soutien. Parmi eux, Liz Cheney, l'une des chefs de la minorité républicaine à la Chambre et fille d'un ancien vice-président américain.

"Rien de tout cela ne serait arrivé sans le président", a-t-elle estimé dans un communiqué au vitriol. Et d'autres pourraient suivre dans la journée.

- L'approbation de McConnell -

Plus inquiétant pour le milliardaire et son éventuel avenir politique, Mitch McConnell, puissant chef de file des républicains au Sénat, a dit à ses proches qu'il voyait d'un bon oeil cette mise en accusation, jugeant qu'elle était fondée et qu'elle aiderait le parti républicain à tourner définitivement la page Trump.

Cet habile stratège, très influent, tient peut-être ainsi la clé de l'issue de cette procédure historique. Car une seule parole publique pourrait encourager des sénateurs républicains à condamner le 45e président des Etats-Unis.

Les démocrates prendront le 20 janvier le contrôle de la chambre haute mais auront besoin du ralliement de nombreux républicains pour atteindre la majorité des deux tiers nécessaire à la condamnation.

Depuis Alamo, au Texas, Donald Trump a certes tenté mardi d'adopter une posture moins agressive que la semaine dernière, évoquant le temps "de la paix et du calme".

Mais il a aussi obstinément refusé de reconnaître la moindre responsabilité dans l'assaut contre le Capitole, jugeant que son discours avait été "tout à fait convenable".

Son vice-président Mike Pence a plus tard définitivement écarté l'autre menace qui pesait sur sa fin de mandat, en refusant d'invoquer le 25e amendement de la Constitution qui lui aurait permis de démettre le président sortant, en le déclarant inapte à exercer sa fonction.

Malgré son assurance affichée et le soutien de certains élus très loyaux, Donald Trump est plus seul que jamais après une série de démissions dans son gouvernement et des critiques cinglantes.

Le procès qui s'annonce au Sénat, à une date encore non déterminée, risque d'entraver l'action législative des démocrates au début de la présidence Biden, en monopolisant les séances.

Joe Biden prêtera serment sous haute garde le 20 janvier, justement sur les marches du Capitole, siège du Congrès américain.

Critiqué pour avoir tardé, mercredi dernier, à envoyer la Garde nationale, le Pentagone a cette fois autorisé le déploiement de 20.000 soldats pour la cérémonie d'investiture.

Mobilisés à l'origine pour offrir un soutien logistique à la police, ses membres ont commencé à porter des armes tard mardi.

Preuve de la tension qui règne dans la capitale fédérale américaine, le site Airbnb a annoncé l'annulation et le blocage des réservations sur sa plateforme à Washington pendant la semaine de l'investiture du futur président américain.

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